Fondée par Robin Corcos et Guillaume Andreani, deux figures du Marché Serpette à Paris, la galerie Hestia s’installe à Al Khayat Avenue. Un lieu singulier où se rencontrent pièces sur mesure, vintage pointu et objets de collection, porté par une vision passionnée et résolument contemporaine des arts décoratifs


Venez découvrir la galerie Hestia, fondée par Robin Corcos et Guillaume Andreani, deux anciens du Marché Serpette qui ont ouvert ce nouvel espace dans Al Khayat Avenue - le quartier d’art alternatif qui prend de l’ampleur. Une gallerie pas comme les autres, qui se veut le confluent des arts decoratifs, pièces sur mesures, vintage pointu et objets de collection. Hestia c’est l’enfant de deux immenses passionés, seduits par l’energie unique de Dubai, par la richesse d’un nouveau marché en pleine evolution, toujours disponibles pour vous raconter toute l’histoire de chaque objet par eux exposés, de la main qui l’a dessiné en passan par le travail des artisans, et ouvrir grand leurs portes au coup de foudre esthetique qui vous attend certainement entre leurs murs.
Lepetitjournal.com/dubai : « Hestia », c’est un beau nom qui intrigue, mais tout le monde n’est pas un ancien helléniste, qu’est-ce qui vous a poussé à baptiser ainsi votre galerie ?
Oui Hestia c’est la déesse du foyer dans la mythologie grecque (sourire), le choix du nom nous importait beaucoup, et nous n’avions pas envie d’accoler nos noms de famille, en tout cas pas forcément. Et surtout nous n’avions pas envie de définir une marque, mais plutôt un état d’esprit, un espace. Hestia fonctionne bien pour nous, pour ce que nous avions envie de transmettre, les sonorités sont belles et si le sens n’est pas immédiat à tous, nous sommes confortables avec un peu de mystère, et un bon argument pour ouvrir une conversation !
C’est un projet qui associe deux galeristes, vous Robin, et Guillaume votre alter-ego, qu’est-ce qui vous différencie et vous rapproche ?
Chaque marchand a son ADN, je dirais que Guillaume est plus passionné de l’ancien, du classique XVIIIe, jusqu’à l’Art Nouveau. Ma sensibilité me porte plus sur le début de l’art contemporain, du design des années 1950 à 1970. Nous nous connaissons bien, et avons eu chacun plusieurs galléries à Paris, dans divers quartiers, dont le marché Serpette. Le déclic entre nous s’est fait sur ce projet de venir nous installer à Dubaï.

Quel est votre envie, votre projet avec Hestia à Dubai?
Nous avions déjà eu l’occasion de nous associer de façon temporaire pour acheter des pièces très importantes, et avions remarqué un marché en pleine croissance dans cette région : la prolifération et la montée en puissance et en qualité des manifestations d’art contemporain ou de design en étant un signe très concret (Frieze, Design Miami, Nomad etc…). Plutôt que d’envoyer les pièces ici, pourquoi ne pas ouvrir un lieu et nous y rendre disponible ? L’idée derrière ce projet c’est vraiment d’être curieux, d’être ouverts à la fois à plein de périodes ou d’artistes différents, mais aussi à des clients et des visiteurs qui seront forcément très différents dans leurs émotions, esthétiques, philosophie, façon d’envisager leur collection que ce que nous avons côtoyé jusqu’à présent. Je suis venu quelques fois en simple touriste et l’énergie de la ville, ce sentiment du “neuf” en pleine croissance m’a séduit, nous en avons parlé et eu envie justement de “faire du neuf dans un nouveau marché” nous a donné envie. On a eu le sentiment très fort d’être au début de quelque chose, d’un virage. C’est évidemment très excitant.
Le début d’une nouvelle façon d’aborder les arts décoratifs et le fait de collectionner en général ?
Oui absolument, on est loin du cliché des pays orientaux qui n’aiment que le faux Louis XIII : les nouvelles générations sont curieuses, enthousiastes, elles ont des maisons avec des volumes fabuleux, et l’envie d’aller vers autre chose tout en conservant leur identité et sans se laisser impressionner par des pièces très fortes ou immenses de taille. Sans oublier que nous sommes au cœur de la culture du cadeau, du présent de bienvenue, de remerciement, de félicitation… et qu’il y a un vrai goût pour non plus forcément une surenchère dans le prix mais une envie d’être unique, remarquable dans ce que l’on va offrir. Par exemple nos céramiques contemporaines ont beaucoup de succès : elles sont faciles à offrir et portent exactement ce message : unicité, raffinement, goût personnel…et plus faciles à placer. En termes de décoration on sent qu’on est sur une période charnière, à cheval sur autre chose, très diffèrent de l’Europe : on peut avoir des intérieurs très sobres, et une pièce monumentale, farfelue, spectaculaire, comme un trophée. Ou au contraire des maisons très chargées, très éclectiques, capable de mélanger tous les styles sans aucun frein.
Comment vous définiriez votre nouvelle clientèle ?
Je dirais que là aussi nous sommes à un point charnière : ce sont des clients mais pas encore des collectionneurs - sauf rares exceptions - c’est précisément ce qui est passionnant. Notre rôle est délicat : il faut savoir déceler l’envie du client et avoir une position de conseil et de guide sans qu’il ait le sentiment qu’on lui impose un agenda. C’est la plus belle part du métier : la relation qui se construit entre le marchand et le collectionneur, et c’est assez incroyable d’être dedans une position de quasi-pionnier (dans notre domaine). Mis on sent vraiment que les clients sont prêts à ça justement, il y a une vraie envie. Culturellement ils viennent d’une tradition ou ce qui est vieux, ancien, et ce qui a appartenu à quelqu’un d’autre n’est pas appréciable : on est à l’opposé de la passion pour le vintage qui est très européenne.
Comment percer cet a priori sans être pour autant trop didactique ?
C’est ça qui est passionnant : on va jouer non pas sur l’esthétique seul, mais sur l’idée que le design et les arts décoratifs sont une culture en soi, et que de devenir collectionneur c’est aussi construire un investissement dont la valeur augmente avec les années, un jeu d’achat et de revente en fonction de ses goûts et du marché. On aborde donc la collection sous un angle très différent de celui qui a toujours été le nôtre en France. On passe d’une échoppe aux Puces avec plus de 200 clients qui nous rendaient visite par weekend, à un pied à terre plutôt confidentiel ici où on va construire sur la durée et avoir quelques pièces monumentales (en particulier des sculptures) qui à l’opposé vont beaucoup plaire et trouver leur propriétaire facilement.

Quelle sélection avez-vous choisi pour vos premiers mois à Dubaï, vos pièces préférées ?
Disons que nous avons environ 30% de pièces anciennes, 70% de pièces sur commande auprès de nos artistes, dont certaines exclusives - quelque chose auquel nous croyons beaucoup pour développer un lien fort avec les collectionneurs justement. Nous sommes concentrés sur les arts décoratifs, les tapisseries, la céramique, le mobilier…. Par exemple cette grande sculpture d’Emile Giglioli exceptionnelle par sa taille, sa provenance et la qualité de l’artiste… mais ce que j’ai surtout envie de partager plutôt qu’un catalogue c’est de dire que nous ne sommes pas un musée intimidant, la porte est toujours ouverte et je suis toujours heureux de partager, de faire découvrir l’histoire derrière chaque objet. Hestia c’est un lieu de passion, de projets et d’échange bien avant que d’être un lieu de vente. J’adore raconter les processus de création, la main de l’artisan, les croquis préparatoires, il y a toujours beaucoup à dire !
La question impossible : Comment choisir une pièce ?
Il faut que ce soit émotionnel, avant tout. Même si vous construisez une collection avec un projet d’investissement, il faut un coup de cœur au départ, c’est ce qui fait tout le charme de ces rencontres. Le goût ne se fait que si l’on s’en sert, plus on regarde plus on comprend la différence entre des pièces du grand commerce, les copies et les originaux, les pièces anciennes et les pièces uniques. Un bel objet, un objet qui vous plait, son prix n’a aucune incidence sur le fait que vous l’aimiez et ayez envie de le posséder. Parfois les collectionneurs les plus pointus ou les plus importants ne sont pas les plus fortunés : j’ai vu des pièces achetées en 15 chèques, ou pour lesquelles on avait revendu une partie de son patrimoine. C’est ce besoin irrépressible, cette envie qui vous fait dire «je veux pouvoir le voir tous les jours, je veux vivre avec ! » qu’il faut rechercher. Tout achat esthétique est un achat gouverné par le plaisir.
Vous trouvez que le marché de l’art a évolué ?
Oui, immensément : on est de moins en moins dans un monde feutré et intimidant, dans les institutions des grandes galeries traditionnelles. Vous savez celles où vous entrez comme dans un musée en vous y sentant le « mauvais élève » ?... (rire) Celles qui vous font sentir qu’il vous manque de la culture, de la compréhension, de la finesse pour apprécier ce qui est exposé. Aujourd’hui 30% du marché ce sont des ventes directes entre artistes et clients : c’est un argument fort pour pousser les marchands à se réinventer, à faire autrement. Les clients ne sont plus du tout réceptif au marchand tout-puissant qui détiendrait la connaissance, sans la partager. Plus personne n’a envie d’acheter juste par ce qu’on lui dit qu’il faut acheter tel ou tel. On a envie de comprendre, de connaitre l’artiste, d’avoir une émotion, une relation personnelle avec la pièce et qui l’a façonnée. Hestia est là pour ça : vous mettre au cœur du marché, entre artistes, designers, artisans, artisanat, art décoratif, être un lieu ouvert, créatif et inspirant !
Ne ratez pas une belle occasion de découvrir Hestia:
une nouvelle exposition durant le Art Seeding Festival, réunissant des artistes français ainsi que des talents basés à Dubaï, autour d’une attention commune portée à la matière et à l’exigence du geste.
Vernissage le 19 May 2026 à 16h - Exposition jusqu’au 19 Juin 2026
Al Khayat Avenue
Gallery 36
19 Th Street, Al Quoz 1 Dubai










