Édition internationale

KAMAL MUSALLAM – « J’ai voulu fusionner la musique arabe et le jazz »

Écrit par Lepetitjournal Dubai
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 16 octobre 2016

Six albums, des coopérations avec les plus grands musiciens sur les scènes les plus prestigieuses de festivals internationaux, deux sélections aux Grammy Awards? Le guitariste jordanien ténor du jazz arabic-fusion Kamal Musallam fait partie des artistes locaux les plus importants des Emirats et de la région. Lepetitjournal.com/dubai a eu le grand honneur de le rencontrer, alors qu'il vient de sortir un album rassemblant ses titres best-sellers.

Lepetitjournal.com/dubai : Racontez-nous comment vous êtes parvenu à devenir l'un des musiciens les plus respectés de la région ?

Kamal Musallam : J'ai fait des études d'architecture, et j'ai exercé ce métier pendant 10 ans. Puis un jour j'en ai eu marre, et en 1999, à 28 ans, j'ai décidé de tout arrêter pour la musique ! Je n'étais pas heureux, pour moi ce n'est pas l'argent qui compte, je suis un artiste ! Et je m'étais préparé à ce changement, ça me trottait dans la tête depuis longtemps. J'aime bien prendre des risques de toute façon?

J'ai alors commencé à réfléchir à la façon dont je pourrais vivre de la musique, et j'ai décidé de trouver un endroit qui ait le plus de ressources financières et médiatiques. C'est comme ça qu'en 2002 je me suis installé à Dubaï. J'ai quand même pris un job alimentaire en architecture la première année, et j'ai passé deux ans à rencontrer des musiciens et à jouer. Ma première grande scène, c'était en 2003 : j'ai fait l'ouverture de la première édition de l'Abu Dhabi Jazz Festival, avec la musique de mon premier CD ! J'ai eu de la chance car beaucoup de médias étaient là pour couvrir l'événement, et depuis, j'ai sorti six albums et créé mon propre label, K&G, sous lequel je produis quatre autres artistes.

J'ai décidé d'être basé à Dubaï, mais je ne veux pas être dépendant du marché local qui n'est pas assez stable : je préfère multiplier mes ressources, et être sélectif ! Ainsi, depuis 2008, je voyage partout dans le monde pour donner des concerts, participer à des festivals? Je suis allé onze fois en Indonésie, deux fois au Japon, en Corée, en Inde, en Chine, en France et en Europe?et bien sûr au Moyen-Orient. Dernièrement, j'ai eu la chance de jouer avec Sting au World Trade Center de Dubaï, c'était incroyable !

Comment vous est venue l'idée de fusionner jazz et musique arabe ?

C'est vrai que je suis le seul à jouer cette musique de manière professionnelle à Dubaï ! En fait ça a commencé quand j'ai eu la chance de rencontrer mon idole, Ziad Rahbani, le fils de la grande chanteuse libanaise Fairuz. J'ai pu travailler avec lui à la fin des années 90, pendant mon job d'architecte, et j'ai beaucoup appris de lui.

J'ai voulu fusionner la musique arabe et le jazz pour évidemment rappeler mes origines arabes, je voulais jouer une musique qui me représente et qui plaise au public. Même si c'est un style nouveau, il faut toujours mettre quelque chose que les gens connaissent déjà. Mais il faut que la recette soit nouvelle ! 

D'ailleurs, quelle est votre philosophie en tant qu'artiste ? En quoi croyez-vous ?

Je ne suis pas un artiste qui veut refléter tous les malheurs de la vie, ou être négatif. J'ai choisi de composer des choses qui font du bien aux gens, qui apportent de l'amour, de la beauté, de la curiosité, de la générosité? Si par exemple je joue quelque chose d'un peu dramatique, je vais forcément y mettre un peu d'espoir. 

Je souhaite transmettre ma culture différemment des autres artistes arabes, qui parlent sans cesse de malheur? je ne veux pas exprimer le malheur ! Bien sûr, le public arrive avec son humeur, qu'elle soit bonne ou mauvaise. Mais quand je joue, mon but est qu'il reparte heureux. Il faut que ce soit comme un voyage bien organisé, avec des surprises, des couleurs?

Je crois en fait que c'est ça qui a fait mon succès : de la fraîcheur, de la beauté et du positif !

Votre français est irréprochable, comment l'avez-vous appris ?

Dans les écoles privées en Jordanie, le français est enseigné par des moines franciscains. Puis j'ai pu développer la langue pendant mes études d'architecture en France !

Mais j'aime trop ma culture arabe, c'est pour ça d'ailleurs que je suis rentrée d'Europe : je veux transporter l'essentiel de ma culture le plus loin possible, montrer au monde que les arabes ont une culture, qui peut très bien se marier avec les autres !

Camille RENAUDIN ( lepetitjournal.com/dubai) le 16 octobre 2016 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le 15 octobre 2016, mis à jour le 16 octobre 2016
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