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Beija, son amour pour le Sénégal, son album, son "kiss kiss"

Par Lepetitjournal Dakar | Publié le 06/10/2017 à 16:00 | Mis à jour le 13/10/2017 à 13:05
Photo : Stéphane Tourné
Beija

Rencontre avec un artiste au grand cœur, amoureux du Sénégal et aux projets multiples. Beija Jeanzac, harmoniciste.

au cours de mes voyages j' ai pu constater à quel point cet instrument est dans le coeur et l'imaginaire des Peuples du Monde

Ton prénom n’est pas courant, d’ou vient-il ?

Mon prénom Beija est le diminutif de "Beijaflor" Littéralement "qui embrasse la fleur", il désigne le Colibri : oiseau qui symbolise la joie de vivre, la résilience, la rapidité d'adaptation, avec une très grande sensibilité.

Pourquoi avoir choisi comme instrument de musique l’harmonica ? Qu’est-ce qu’il représente pour toi ?

En réalité, je suis allé acheter un saxophone et j'ai vu un harmonica en vitrine,

Je me suis dit c'est sympa.

Je vais bosser le sax et puis je prendrais l'harmonica quand le Sax sera trop encombrant...

Au final, j ai rapidement laissé tomber le sax (j'avais commencé avec un prof qui m'en a un peu dégoûté) et je me suis amusé avec mon harmo. Je prenais beaucoup de plaisir à jouer avec cet instrument.

La première chose qui m'a attiré dans cet instrument c'est sa taille, "Il parait que la taille ne compte pas!".

On peut le mettre dans sa poche, l' emmener partout avec soi, c'est un instrument intimiste et fédérateur, au cours de mes voyages j' ai pu constater à quel point cet instrument est dans le coeur et l'imaginaire des Peuples du Monde.

J'ai un grand respect et amour pour cet instrument qui me permet de voyager et de vous emmener avec moi en voyage.

D'autre part, petit, mes Nounous écoutaient du Blues et l'harmonica, très présent dans cette musique, a laissé son empreinte dans mon inconscient.

Beija Jeanzac

j'avais besoin de confier ce travail à quelqu'un que je porte dans mon cœur

Tu as choisi le Sénégal pour les tournages de tes deux premiers clips, pourquoi ce choix ?

Je suis allé au Sénégal la première fois en 2012, je travaillais pas mal en tant que mannequin à l'époque, et pour une raison que j'ai encore du mal à "comprendre", j'ai ressenti au plus profond de mon âme et de mon corps le besoin d'aller en Afrique Noir.

A l'époque je correspondais avec Stéphane Tourné, artiste photographe de grand talent, il m'a dis "Viens", alors je suis allé. Je remercie encore Silvia et Stéphane pour leur accueil et leur générosité.

J'en garde un merveilleux souvenir. J'ai participé à l'occasion de ce premier voyage en tant que modèle à un clip que Stéphane a réalisé pour Mao Otayeck.

C’était un plaisir de rencontrer Mao, et comment ne pas se réjouir de se rouler dans le sable avec Coumbelle Kane, bref, une superbe et belle expérience et toujours de sublimes images de Stéphane.

A ce moment là (en 2012), je me suis dis que lorsque je serais prêt je demanderais à Stéphane s’il veut bien réaliser mon premier clip.

Je ne désirais que nul autre personne ne réalise mon premier clip.

Il se trouve que l'un de ces clips est tout à fait dans l'univers de "Kirikou", c'est ainsi que j'ai écrit la musique, et c'est dans cet esprit que le clip à été tourné.

Donc le Sénégal était tout indiqué, de plus Stéphane habite au Sénégal.

En 2015, j'ai crée 'Beija's Colors', un trio avec Yeye Faye, pianiste, issue d'une grande famille d'artiste au Sénégal et Natanza, percussionniste, spécialiste en percussion du monde.

Yeye m'a dit de retourner pour un mois au Sénégal, c'était le moment opportun de partir, réaliser mes premiers rêves, mes premiers clips.

Il y a une dimension très intime lorsqu'on est artiste compositeur, on se livre au travers de notre musique, j'avais besoin de confier ce travail à quelqu'un que je porte dans mon cœur, en plus de son incroyable talent, (qui pour moi est, entre autre, le reflet de son être).

A vrai dire, j'ai eu les larmes aux yeux lorsque j'ai visionné chacun de mes clips, et "il continue", est vraiment merveilleux, la joie des enfants, leurs énergies, leurs générosités, leur vérités!

Au travers des images...

Et donc, as-tu une idée du lieu de tournage du prochain clip ?

J'ai plusieurs idées qui ne sont pas arrêtées pour le moment, parmi elles la France.

Je ne souhaite pas en parler davantage, car il y aura peut être des surprises.

Lors de tes précédents voyages à Dakar, tu as joué sur scène. Quelles différences entre la scène dakaroise et parisienne que tu fréquentes habituellement ?

Très bonne question. Même si on reste les "mêmes", évidement quand tu joues sur une scène à l' étranger tu n'es pas tout à fait le même, et c'est toujours intéressant de s'observer et puis aussi de voir la façon dont le public accueille ta musique.

La première différence, c'est que tout est plus simple à Dakar, on est arrivé sans aucune date quasiment, et au final, on à joué presque tous les soirs sur notre temps de présence sur place. Bien sûr Yeye, qui connait bien le milieu musical, a été d'une aide précieuse, mais indépendamment de cela, les choses se sont faites vraiment simplement.

Après c'est toujours drôle d'apporter un peu de "couleur", en l'occurrence ici, c'est moi qui apporte un peu de Couleur dans le paysage. Ma musique est très métisse, les amis et musiciens qui m’accompagne sont Yeye du Sénégal et Natahza de Guadeloupe, donc cela donne une formule inédite (qui me manque aujourd'hui).

L'Harmonica n'est pas un instrument qui semble habituel des scènes Dakaroises, le public nous a réservé à chaque fois un bel et chaleureux accueil, on lisait dans leurs regards la surprise, l' étonnement , le bonheur d’être surpris. Les musiciens sénégalais  sont vraiment généreux et talentueux.

Pour nous c’était vraiment merveilleux à tout point de vue.

Beija Jeanzac - Harmonica

les personnes qui me connaissent savent à quel point je suis discret

Aujourd’hui, quels sont tes projets musicaux ?

Dans l'immédiat : produire mon premier album solo, réaliser de nouveaux clips, mais j ai déjà en tête la suite. Je souhaite commencer à rentrer dans un univers plus soul, blues gospel, entre autres. J'aimerais me produire au Japon, à New York. Travailler encore davantage le chant, l’écriture... j'ai beaucoup de projets et cela me réjouit.

Pour produire cet album, tu as choisi kisskissbankbank, la production participative. Pourquoi ce choix ? Qu’est-ce que tu en attends ?

J'avais envie que mon public, mon sponsor, Yonberg, les gens que j'aime, m'accompagnent dans cette aventure. C'est un moyen de communiquer avec son public, de se motiver, de partager, au delà du simple fait de récolter bien sur de l'argent, qui a en fait toujours une contrepartie.

Les kiss kiss bankers participent  financièrement et je leur propose des contreparties; harmonicas dédicacés, master classes, découvrir l'univers des studios et l'album bien évidemment. Pour moi c'est bien plus qu'une simple question d'argent, mais il y a aussi des contingences financières : produire un album, un clip a un coût.

C’était très motivant pour moi de concevoir mon kiss kiss, j'ai réalisé deux petits films dont  l'un raconte ma vie, je voulais qu'on en sache un peu plus sur moi, car les personnes qui me connaissent savent à quel point je suis discret.

Beija

Tu es aussi professeur et mannequin en plus d’être musicien, comment arrives-tu à gérer tes journées ?

Mon activité de mannequin s'est réduite au profit de mon activité de musicien. Comment j'arrive à gérer, c'est simple: Je n y arrive pas mais j’essaye, je fais de mon mieux.

Êtes-vous nombreux, les harmonicistes ?

Les harmonicistes sont une petite famille. L'instrument que tu choisis est souvent lié à ta personnalité. Les harmonicistes sont en général, humbles, très souvent autodidactes. On se connait tous.

Qu’est-ce qui t’a séduit à Dakar ?

Les dakaroises, la mer, le soleil, la joie de vivre, la douceur de vivre, la musique présente dans les rues, les enfants qui dansent, la maison des orphelins, le café Touba, l'île de Gorée, le lac Rose, les artistes, les pécheurs.

Silvia, Stéphane, LE SENEGAL !!!

Beija, Gorée

Si je pouvais, je viendrais tout les week-end !

Qu’est-ce qui t’a surprit ?

La première fois, plusieurs choses, mais entre autre, l'arbre aux oiseaux et le bruit incroyable que produisent les tisserands.  Un jour je me baladais dans la rue et j'ai vu une cabane (deux morceaux de tôles) écrit "Coiffeur" dessus, j’étais comme un enfant ingénu devant ce tableau. Après, je me sentais chez moi, en tout cas à ma place. Donc rien ne m'a surpris en particulier.

Et enfin, y a t’il quelque chose que tu as détesté ou qui t’a choqué ?

Il y a deux choses qui m'ont attristé.

Sans rentrer dans les détails, les jeunes filles qui accompagnent des hommes bien plus âgés au Casino du Cap Vert.

Et puis la deuxième fois que je suis venu, il y a avait beaucoup moins de touristes, et j'ai été très sollicité par les vendeurs, mais de manière beaucoup plus désespérée et vitale que la première fois.

Tu reviendras nous voir ?

Oui ! Si je pouvais, je viendrais tout les week-end !

 

Le projet de Beija, surtout si vous vous sentez une âme de producteur, même un tout petit coproducteur. C'est par ici !

logofbdakar

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