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SYLVAIN TREUIL - La fin d'une mission de 4 années à la tête de l'Institut Français

Par Lepetitjournal Cotonou | Publié le 28/07/2016 à 22:00 | Mis à jour le 22/05/2017 à 14:36

Après plusieurs années en Afrique dont quatre dernièrement au Bénin, le directeur de l'institut français, Sylvain Treuil, se rendra prochainement sur d'autres fronts. Lepetitjournal.com est allé à sa rencontre. Il nous dresse le bilan de ses actions et ses futurs projets.

Lepetitjournal.com/cotonou : Bonjour Sylvain Treuil. Vous êtes à la tête de l'institut français depuis  4 ans, comment êtes-vous arrivé à exercer ce métier?

Le métier de directeur d'institut français n'est pas un métier à proprement parlé C'est une fonction qu'on occupe. Le Bénin est mon quatrième poste après Madagascar, le Cameroun, l'Algérie. Je viens du premier degré, j'ai été directeur d'établissement en France. Dès mes 25 ans, j'ai obtenu un poste à l'étranger. Les instituts français sont rattachés à l'Ambassade de France pour la plupart. Certains sont rattachés à l'Alliance Française. En 2007, les prérogatives des instituts ont quelque peu changé et les anciens centres culturels français (CCF) ont été transformés en instituts français. Aujourd'hui, les instituts regroupent à la fois des missions de coopération universitaire et culturelle et des missions de diffusion et de promotion de la langue française. 

Au Bénin il existe une particularité avec deux centres culturels, l'un situé à Cotonou et l'autre à Parakou. L'institut français de Parakou dépend budgétairement de l'institut de Cotonou.

Quelle était votre mission de départ lorsque vous êtes arrivé il y a 4 ans à Cotonou?

Ma mission de départ était de plusieurs ordres.

Il fallait mettre tout d'abord un peu d'ordre dans la gestion administrative de l'établissement. Ensuite, au niveau de la programmation, la politique qui était menée jusqu'alors n'était pas très bien définie, elle faisait beaucoup de place à une programmation locale, il n'y avait plus de programmation française. L'objectif était d'ouvrir un peu plus à une programmation francophone. Nous avons également instaurer des événements manquants et récurants afin de fidéliser public et pour qu'il s'identifie mieux à cette programmation.

Nous avons par exemple, dans ce but, mis en place « la nuit blanche » qui se déroule chaque année aux mêmes dates (en octobre). C'est la rencontre de l'art contemporain avec le public et c'est un événement qui  a très bien marché ici. La soirée se déroule avec des performances de spectacles d'art oratoire. L'idée était de créer des repères dans la programmation pour permettre aux gens de s'y retrouver. L'année dernière, nous avons également, par exemple, organisé « le mois de la photographie ».

Est-ce que la programmation est en lien avec les événements qui se déroulent en France ?

Oui, pour certains évènements, la nuit blanche par exemple suit les dates mises en place en France.

Quels ont été les évènements marquants de l'Institut ?    

On a eu par exemple les cinquante ans de l'institut, c'était en 2013, il y a eu une série de concert. Celui d'Angélique Kidjo a ensuite le plus retenu mon attention. Il est venu en clôture de la première édition de la nuit blanche. En termes de concert, il y a eu plein de concerts très intéressants. Au niveau local béninois, il y a un groupe de percussion que je trouve très intéressant. Il y a également Lando, des groupes de reggae et puis Jah baba sur de l'Afro jazz. Il en a qui sont très bons et reconnus au niveau international.

Avez-vous fait venir des artistes français également ?

On a essayé de développer une programmation française parce que c'est important de soutenir aussi les groupes français à l'étranger. On a donc eu un peu de tout.

Déjà le quatrième pays en Afrique, quelle appréciation faite vous de l'intérêt du public béninois pour les activités culturelles en comparaison avec les autres pays ?

Je trouve que le public béninois, contrairement aux autres pays, n'est pas forcément très curieux. Il ne se déplace pas massivement s'il ne connait pas l'artiste. Je m'en suis aperçu sur certains artistes Africains, populaires en Europe, mais pas très connu du public béninois. Quand on a fait venir ces artistes, il a fallu faire beaucoup de publicité pour attirer le public.

C'est un public qui, par ailleurs, peut surprendre quand on ne connait pas les Béninois. Il peut apprécier un spectacle, un concert mais ne le montre pas par des applaudissements, des rappels et ça peut surprendre les artistes qui viennent d'ailleurs parce qu'il n'y a pas cette spontanéité, cette chaleur qu'on peut trouver dans d'autre pays ; ici c'est un peu plus timide.

Mais au-delà de ça, c'est un pays qui est culturellement très riche par rapport à d'autres pays. Il y a ici énormément d'artistes que ce soit dans les domaines de l'art, de la musique, dans tous les domaines. Il n'y a que le théâtre où je trouve qu'il y a encore un peu du travail à faire. Il n'y a qu'une seule génération qui soit connue, les anciens, et après, il y a une sorte de trou. On n'a du mal à voir la nouvelle génération qui va émerger au théâtre.

Et la collaboration avec l'état béninois et ses dirigeants ?

Très cordiale, très correcte. En réalité, on n'a pas trop de rapport avec les autorités béninoises parce que chacun a ses prérogatives mais à chaque fois qu'on les a invitées à venir à l'Institut, elles sont venues avec plaisir.

Pouvez-vous nous parler de l'activité et de la fréquentation de la médiathèque ?

Elle est énorme. Entre 4000 et 4500 adhérents dont 95% de Béninois. On peut parfois penser que l'institut français, c'est pour les expatriés, mais non. A travers la médiathèque, on constate bien que c'est un service pour tous les béninois. En ce sens, la médiathèque est une belle réussite.

Avez-vous des évènements en lien avec la médiathèque aussi ?

Oui, on a fait depuis quatre ans des rencontres avec de grands littéraires, Wabéri, Leonora Miano, bref on en a eu au moins une dizaine qui sont passés ici et aussi des acteurs politiques qui ont défendu l'écriture francophone.

Et ça a fonctionné ?

Ça fonctionne bien car les artistes viennent sur une semaine pour faire des rencontres avec des lycéens, des universitaires? il y a beaucoup de choses qui ne sont pas visibles au niveau de l'institut, puisque quand on fait venir un écrivain, il n'y a pas que son intervention à l'institut français, il en profite pour aller à la rencontre des béninois. L'ensemble des interventions est très profitable. J'espère que ça va continuer.

Est-ce que l'Institut a fait des rencontres de terrain pour aller à la rencontre des Béninois en dehors des locaux pour des spectacles ou concerts ?

C'est un peu compliqué ici.  Autant en Algérie, au Cameroun, je le faisais systématiquement, ici ça coûte cher de déplacer des équipements alors que l'on a tout le matériel dans les locaux de l'institut. En revanche nous avons développé l'axe de la coopération culturelle, à destination de compagnies, de groupes, d'associations d'artistes. On a même aidé des espaces culturels extérieurs. Pour les spectacles, en dehors de Cotonou, nous avons également notre site de Parakou.

Il y a eu pas mal de conférences ; parlez nous en.

On a monté plusieurs cycles de conférences pendant ces quatre ans et systématiquement, on faisait circuler nos conférenciers à l'extérieur de l'Institut pour en faire profiter surtout les étudiants de l'université d'Abomey Calavi. Parce qu'il coûte cher aux étudiants de se déplacer jusqu'à Cotonou, nous avons fait se déplacer les conférenciers pour qu'ils en profitent.  

Vous vous en allez bientôt, quel est l'avenir de l'Institut ?

Ça va bien se passer ! C'est plutôt une bonne chose qu'il y ait ce changement de directeur chaque trois ou quatre ans parce que ça insuffle une nouvelle énergie à l'institut. On repense un peu l'habitude des agents et du coup c'est une bonne chose.  Après, il y a des jalons qui ont été posés au niveau de la programmation et on espère que ce sera suivi et puis au niveau de la gestion des infrastructures et administrative tout a été mis en place. Il n'y aura pas de soucis à l'avenir.

Quels sont vos propres projets ?

Aujourd'hui, je suis sur le départ. Je quitte l'Institut fin août et suis remplacé. Cela fait plusieurs années que je suis en expatriation. Pour l'instant je retourne à Paris pour deux ou trois ans et je pourrais ensuite postuler à nouveau pour partir, soit en Afrique, soit ailleurs, on verra.

Oslo Chester WANOU (www.lepetitjournal.com/cotonou) vendredi 29 juillet 2016

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