Installé au Texas, le poète béninois Dieudonné A. Affognon retrouve Cotonou dans Cotonou : cosmologie d’une ville (Éditions Jets d’Encre). Entre lagune et océan, son recueil fait résonner les voix, les traces de l’exil et les mémoires qui relient les vivants aux disparus.


Qu’est-ce que provoque chez vous ce voyage poétique à Cotonou ?
L’éloignement, sans doute. J’ai dû quitter Cotonou pour découvrir combien elle m’habitait. Les années ont changé la ville. J’ai voulu retrouver par les mots celle que j’avais connue.
À Cotonou, le passé n’a jamais tout à fait quitté le présent
Qu’est-ce qui fait l’identité de cette ville béninoise ?
J’ai grandi dans une ville où la lagune, l’océan, les marchés, les dieux et les ancêtres faisaient partie de notre quotidien. À Cotonou, le passé n’a jamais tout à fait quitté le présent.
Pourquoi est-ce une ville que l’on écoute plus qu’on ne peut la décrire ?
J’ai toujours trouvé Cotonou plus éloquente à l’oreille qu’au regard. Je reconnais son âme dans les voix des marchés, les langues qui se croisent, les bruits de la rue. Ses paysages me sont chers, mais ses voix me la rendent vivante.
Je regrette surtout cette époque où je croyais que le monde entier tenait dans quelques rues
Qu’est-ce qui vous manque le plus de Cotonou ?
Les matins de mon enfance. Les voix dans les cours, les marchés qui s’éveillent, les odeurs familières. Je regrette surtout cette époque où je croyais que le monde entier tenait dans quelques rues.
Avez-vous d’autres projets d’écriture ?
Oui. Rester debout, un autre recueil de poésie, paraîtra le mois prochain aux Éditions Jets d’Encre, qui ont également publié Cotonou : Cosmologie d’une ville. Je travaille aussi sur Les bibliothèques et les ruines, un ouvrage consacré à notre rapport au savoir. J’aime passer de la poésie à l’essai. La première me ramène à la vie ; le second m’aide à l’interroger.
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