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OUIDAH - L'histoire de la traite des esclaves, une ville du souvenir

Par Lepetitjournal Cotonou | Publié le 30/05/2016 à 08:30 | Mis à jour le 18/10/2018 à 16:13
ouidah

Alors que la France célèbre du 27 avril au 10 juin 2016 le mois des mémoires de l'esclavage et des combats pour l'égalité, à plus de 6000 kilomètres, la ville de Ouidah au Bénin porte en elle le souvenir des atrocités qui s'y sont perpétrées jusqu'en 1848, année qui met fin, par décret, à la traite des esclaves pour le compte de la France et de ses colonies.

Ouidah, est une ville situé sur le littoral béninois à une quarantaine de kilomètre de Cotonou. Cette ville est tristement célèbre pour avoir été au XVIIIème siècle l'un des principaux point de vente et de départ des esclaves vers les colonies françaises et d'autres pays européens.

Orchestrées par l'Etat négrier d'Abomey pour le compte des européens, les razzias dans les villages et la vente des esclaves, qualifiés de « marchandises », s'y déroulèrent dans les conditions les plus inhumaines qui soient.

La Porte du Non Retour a été érigée en 1995 à l'initiative de l'UNESCO sur la plage, d'où sont supposés être partis les bateaux de la traite négrière.

Elle le point de départ des près de deux millions d'africains qui quittèrent la terre de leurs ancêtres pour rejoindre en pirogues les galères qui les emmenèrent vers un nouveau monde de labeur. En moyenne 20% des esclaves qui embarquèrent moururent pendant la traversée.

La Porte du Non Retour symbolise également le point d'arrivée de ce que l'on appelle aujourd'hui la route des esclaves.

Cette route partait de la Place des enchères, aussi appelée place Chacha au centre ville de Ouidah. Cette place avait été érigée en 1717 par le roi Ghézo d'Abomey qui confia à son ami, le brésilien Chacha de Souza, la vente des prisonniers de guerre aux européens.

Encore aujourd'hui on trouve au milieu de cette place un arbre pluri-centenaire, l'arbre de l'oubli. Y était pratiqué un rituel destiné à faire perdre aux hommes et femmes, vendus comme esclaves, tout repère. Les hommes devaient tourner neuf fois et les femmes sept fois autour de l'arbre qui leur ferait oublier leur culture, leur passé et leur patrie (ce chiffre a été déterminé en relation avec la croyances des gens de l'époque que les hommes possédaient neuf côtes et les femmes sept).

Avant de parcourir les quelques kilomètres qui les séparaient des bateaux, les esclaves étaient marqués au fer rouge d'une lettre, signe du pays d'appartenance de leurs nouveaux acquéreurs.

Ensuite, afin de tester leur résistance sur les bateaux durant la traversée, ils étaient enfermés pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois dans de petites cases, où l'obscurité était quasi totale. Ceux qui mouraient ou qui n'étaient plus en état de faire la traversée étaient jetés dans des fosses communes. Ceux qui restaient, parcouraient enchainés les uns aux autres les quelques kilomètres qui les séparaient de la plage.

La Porte du Non Retour porte en elle les signes des atrocités perpétuées tout au long de ce parcours. On peut trouver, sur les deux faces de la Porte, différentes sculptures et fresques les symbolisant. D'un côté, faisant face à la mer, la marche des esclaves vers les bateaux et de l'autre côté, dos à la mer, faisant face à la ville de Ouidah, les esclaves marchant depuis l'arbre de l'oubli.

Florence Bourreau (www.lepetitjournal.com/cotonou) lundi 30 mai 2016.

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