

Joannès Doglo, est un jeune béninois. Titulaire d'une Maîtrise en Géographie et Aménagement du Territoire à l'Université d'Abomey-Calavi (UAC), il a dirigé entre 2014-2015 l'Ensemble Artistique et Culturel des Etudiants (EACE), un club Unesco de l'UAC. Un cadre qui lui a donné les compétences nécessaires dans le domaine qui retient aujourd'hui toute son attention. Passionné de la photographie, Joannès Mawuna, comme il se fait appelé, nous ouvre ses portes pour le compte de cette interview que vous propose lepetitjournal.com
Lepetitjournal.com/cotonou : Bonjour, Joannès, merci d'avoir accepté nous recevoir pour le compte de cette interview. Que peut-on savoir d'autre vous concernant et comment définissez-vous la photographie?
Joannès Mawuna : L'essentiel est déjà dit me concernant. Je suis Joannès Doglo, mon nom d'artiste Joannès Mawuna, "Mawuna", un prénom que m'a donné ma grand-mère paternelle, que j'aime bien et qui résume mes aptitudes. Je suis artiste photographe, je m'intéresse également au graphisme. Le mot "photographie" provient de deux racines d'origine grecque, photo qui signifie lumière et graphein qui signifie écrire. La photographie est donc l'écriture avec la lumière à travers un appareil photographique. En d'autres termes, c'est la méthode permettant de fixer durablement des images par l'utilisation de la lumière sur une surface sensible ou par mémorisation de signaux numérisés. C'est aussi l'image obtenue par les procédés photographiques, méthode et technique de la prise de vue photographique.
Pourquoi est-ce que vous vous êtes intéressés à la photographie ?
J'ai choisi de m'investir dans la photographie parce que c'est d'abord une passion. C'est pour moi la meilleure manière de raconter une histoire, d'immortaliser des événements, de rendre attrayant ce qui paraît inutile pour les autres. C'est aussi pour moi un canal de promotion des réalités de chez moi, de dénonciation et de tentative de résolution des problèmes autour de moi.

Comment est-ce que Joannès Mawuna organise son travail afin d'atteindre ses objectifs ?
Mon travail se construit à partir des réflexions poussées sur mon environnement, ce que je constate autour de moi, ce qui se vit à côté de moi. Il y a des choses autour de nous qui ne paraissent belles qu'à travers l'art photographique et il faut des gens pour les révéler. Je pars aussi du vécu pour raconter une histoire ou mettre en scène une réalité.
Mes travaux révèlent donc deux aspects :
Le premier est social et cela me permet de partir des conditions de vies des gens autour de moi, des faits sociaux pour construire des thèmes ou avoir une histoire à raconter. Ceci me permet de révéler au grand monde ce qui est caché ou est inaperçu parce que vécu comme chose normale.
Le second est environnemental parce que je me sens pousser vers la dénonciation des dommages causés à l'environnement et la révélation de la beauté des plantes et des animaux, de la nature de façon générale. C'est vrai qu'actuellement il serait difficile pour moi de développer ce concept de photo animalière à cause du matériel, mais je pense que je vais y arriver.
Après le choix du sujet et l'angle de traitement, je matérialise le déroulement et les types de photos à prendre puis je vais sur le terrain.
On déduit alors que vos ?uvres partent toujours d'un thème. Quels sont alors les thèmes que vous abordez souvent ?
Les thèmes que j'aborde sont divers. Je travaille actuellement sur les albinos. Je réfléchis sur d'autres thèmes comme la parité, les ordures ménagères, les tenues, etc. Il y a aussi tout ce qui me paraît beau que je photographie. C'est pour un autre projet que je compte révéler à tout le monde dans les mois à venir.
Comment est-ce que vous arrivez à faire connaitre vos ?uvres ?
Je compte bien organiser des expositions. Cela ne saura tarder. Mes amis me l'ont toujours proposé, mais je pense que je dois travailler encore plus avant de décider exposer mes ?uvres. Une exposition de qualité vaut mieux qu'une pour la forme. Et pour une exposition de qualité, il faut vraiment travailler. Pour le moment, je me contente de quelques images sur les réseaux sociaux sans pour autant me réjouir du nombre de « Like », mais des critiques objectives. Mon site internet suivra.

Pour vous, la photographie est finalement un don ou le fruit de la formation ? Comment avez-vous pu acquérir les compétences ?
La photographie pour moi est avant tout un don, une passion que j'ai su développer à travers mes recherches. Depuis mon enfance je faisais le dessin, je m'amusais aussi à fabriquer avec des cartons de sucre et de piles, l'appareil photo et la caméra vidéo avec lesquels je simulais les reportages. Arrivée au secondaire, l'envie était toujours là. Mon oncle, le Père Ambroise MEDEGNAN, lors de son passage à la maison avant son voyage sur Toulouse en France m'avait donné une somme de 10.000 F CFA. J'avais demandé à ma maman parce que j'allais en vacances de m'acheter un appareil photographique avec les sous. A mon retour des vacances, le colis était prêt (Compact Palace Supa, pellicule et piles Tudor). C'est en ce moment que j'ai commencé donc la photographie. À l'université, j'avais intégré l'EACE où j'avais continué à me faire former. Je m'étais acheté grâce à mon allocation universitaire mon premier appareil numérique. J'ai obtenu plus tard une demi-bourse pour une formation en photographie et laboratoire noir-blanc. J'ai continué après à faire des recherches et à lire des cours sur internet.
Vous voyagez souvent pour explorer d'autres horizons, visiter d'autres pays. Est-ce toujours dans le cadre du travail ?
Je voyage beaucoup, mais pas seulement dans le cadre de mon travail. Néanmoins, je profite de chaque déplacement pour solliciter mon ?il photographique. Je ramène toujours des images qui parlent. Je suis déjà allé au Burkina-Faso, au Canada, en Côte d'Ivoire ; au Ghana, au Mali, au Niger et au Togo.
Quels sont vos projets ?
Je continue toujours par me faire former, par chercher, par faire d'autres expériences afin de maitriser tous les contours de la photographie. La spécialisation est pour moi une préoccupation majeure afin de me démarquer de la masse.
Merci et plein succès dans la photographie.
Propos recueillis le 25 juillet 2016
Childéric Sessou (www.lepetitjournal.com/cotonou), vendredi 21 octobre 2016





