GANVIE, CITE LACUSTRE DU BENIN – L’art de vivre sur l’eau

Par Lepetitjournal Cotonou | Publié le 15/09/2016 à 22:00 | Mis à jour le 15/09/2016 à 12:17

 

Inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, le village lacustre de Ganvié au Bénin vaut le détour au regard des nombreuses curiosités qu'il propose. La vie dans cette contrée béninoise se déroule au fil et les pieds dans l'eau. Nous sommes allés à la rencontre de ces 35,000 habitants qui vivent en majeure partie de la pêche et du commerce qui s'organise avec les villes alentours. Reportage.

A quelques kilomètres de la Commune d'Abomey Calavi, ville universitaire et estudiantine, se dresse un mystère de vie pour les personnes vivant les pieds sur terre, surtout lorsque l'on s'y rend pour la première fois. Après la traversé du marché principal de la ville, nous nous dirigeons en direction de la lagune où un embarcadère nous accueille. Les aiguilles de l'horloge indiquent 10h passées d'une vingtaine de minutes. C'est tout un petit monde grouillant de vie que nous y découvrons, telle une sortie de métro parisien. Les uns attendant leur rame, les autres en descendant et se dirigeant en direction de leur lieu de travail.

Les habitants de Ganvié travaillant à Calavi, Cotonou ou dans les communes alentour arrivent par dizaine dans de longues pirogues, certains à la rames ou à l'aide d'un bâton planté dans l'eau qui leur sert de gouvernail, d'autres, plus rares, équipés de moteurs. D'autres habitants attendent d'être embarqués pour la traversée du lac en direction du village de Ganvié. De petites marches faites de matériaux précaires permettent de descendre le petit pont vers le bord de la lagune où l'embarquement dans la pirogue s'effectue.

En quelques minutes, nous avons trouvé, ou plutôt un guide nous a trouvé et nous embarquons sur l'eau. Notre convoyeur lui, dispose pour faire avancer notre embarcation, d'un moteur à  gasoil qui lui permettait dans une agilité surprenante d'orienter la barque et pour les touristes pressés que nous sommes de rejoindre Ganvié en une vingtaine de minutes seulement.

Tout au long du voyage, on remarque des quartiers de palissade sur l'eau. Notre guide nous explique qu'il s'agit d'espaces acquis par certains riverains pour leur permettre de pêcher sous condition d'entretien des espaces. Tout ici semble se faire en harmonie avec la nature. Mis à part le bruit de notre petit moteur, le défilé des pirogues se fait dans le calme au sons des bonjours transmis par les villageois qui croisent leurs voisins. Des pêcheurs, moyennant quelques centaines de francs, nous font de belles démonstrations de lancer de filet. D'autres réparent leurs parcelles, d'autres encore profitent de l'ombre de leur immense chapeau de paille pour faire une petite sieste.

Les propriétaires des parcelles que nous croisons peuvent procéder la vente du contenu de leur « Akadja » et faire une recette pouvant aller jusqu'à l'ordre de deux à trois millions de FCFA lorsque cette dernière comporte de gros poissons élevés et entretenus sur une longue saison.

Enfin, après une traversée dans un désert d'eau et de nature sauvage, nous apparaît le village de Ganvié. Bien plus qu'un village, la commune compte plus de 35,000 âmes. Ici, nul besoin de permis de voiture puisque à l'instar de sa grande cousine italienne, ce sont les pirogues qui ont remplacées tout autre moyen de transport de sorte que l'on surnomme Ganvié, la Venise du Bénin.

A Ganvié, les constructions se dressent sur l'eau, au sommet de pilotis. A en croire les autochtones, on ne peut réaliser ses solides constructions avec n'importe quel arbre et il faut prendre le temps de creuser profondément sous l'eau afin de s'assurer de la résistance du bâti. De plus, la durée de vie de ses pilotis serait prédéfinie et ils sont renouvelés périodiquement afin de limiter tout risque d'écroulement.

Dans cette cité, très peu de parcelles sont bâties sur du solide et les enfants apprennent à conduire une pirogue dès leur plus jeune âge. Il n'existe pratiquement pas d'élevage ni d'agriculture et la plupart des produits sont importés des communes alentours et vendues par des boutiques de fortune en pirogue de maison en maison ou sur le grand marché que l'on découvre à l'entrée du village.

La vie du village n'est cependant pas en reste. On y trouve plusieurs lieux de culte, une école, des places de village où les habitants se réunissent pour les veillées. Les élèves vêtus de leur uniforme Kaki ont à leur disposition des barques pour leur convoyage. Il reste néanmoins qu'une grande attention est observée ici car des scénarios sporadiques de chute d'enfant dans l'eau ne manquent pas. On trouve également de nombreuses boutiques, dont certaines très surprenantes comme les boutiques de rechargement de téléphones mobiles, des pompes à essence, des petits commerçants, barbiers, coiffeurs, des pharmacie, etc.

Depuis quelques années les habitants apprennent également à vivre avec le tourisme, des boutiques de souvenirs d'art africain et un nouvel hôtel aux normes européennes sont ouverts. On peut même y organiser des séminaires de travail.

La vie cependant sur ces petits lopins de pilotis n'est pas toujours facile et dès que les enfants sont en âge d'aller au collège, et que les parents ont un peu d'argent, ils quittent souvent la ville pour continuer leurs études sur la terre ferme.

Reportage d'Oslo WANOU (www.lepetitjournal.com/cotonou) vendredi 16 septembre 2016

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