Samedi 28 novembre 2020
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Myriam Rault, directrice de l'école primaire du Lycée Prins Henrik

Par Joëlle Borgida | Publié le 27/09/2020 à 18:10 | Mis à jour le 27/09/2020 à 18:10
Myriam Rault Lycée Francais Prins Henrik AEFE Copenhague Directrice école primaire

Quelques semaines après la rentrée, rencontre avec Myriam Rault, directrice de l’école primaire du Lycée francais Prins Henrik de Copenhague.

 

Vous êtes arrivée l’an dernier à Copenhague, pourriez-vous nous décrire en quelques grandes lignes votre parcours préalable ?

J’ai débuté ma carrière comme enseignante en France auprès de publics à besoins éducatifs particuliers en Institut Médico-Éducatif, puis je suis partie en Australie au Lycée Condorcet de Sydney où pendant deux ans je partageais mon temps entre une classe ordinaire et des élèves à besoin éducatif particulier.

J’ai été ensuite directrice d’une école en Bretagne avant de repartir à Dubaï pour prendre la direction d’un lycée franco-libanais qui se créait. J’y suis restée deux ans le temps d’obtenir l’homologation par le ministère de l’Education Nationale français. J’ai alors été nommée aux Seychelles, coordinatrice de la maternelle à l'École française puis je suis partie au Sri Lanka où je faisais fonction de chef d’établissement de l’École française internationale de Colombo.

De retour en France, on m’a proposé un poste de chargée de mission auprès de l’inspecteur d’académie où je me suis occupé de la formation continue des enseignants du premier degré.

Puis, je suis repartie en Australie comme directrice cette fois du Lycée franco-australien de Canberra et je suis arrivée l’an dernier à Copenhague.

Au début de ma carrière, je m’étais spécialisée sur les élèves à besoins éducatifs particuliers puis, de par mes expériences à l’étranger, je me suis également intéressée à la question de l’apprentissage des langues, aux parcours multilingues.

La politique des langues au sein de l’AEFE (Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger) a en effet beaucoup évolué ces dernières années : il y a une demande pour davantage de langues et donc des sections internationales ou bilingues ont été créées.

 

Quelles sont les nouveautés de la rentrée 2020/2021 à l’école ?

Depuis cette rentrée, les élèves de CP et CE1 suivent un enseignement en anglais. Il s’agit de Disciplines Non Linguistiques (DNL) concentrées sur l’oral : les enfants font du sport, de l’art ou chantent en anglais.

L’objectif est de donner confiance en soi, d’oser parler et de faire dans la langue.

Les élèves ont également davantage de cours de danois dans la continuité de ce qui avait déjà été initié l’an dernier en maternelle où les heures de danois avait été augmentées.

Nous sommes très contents que le projet Inside Out, initié par Yann Couëdel, enseignant à l’école, ait pu voir le jour.

 

portraits pour la planète inside out Copenhague
Inside Out : installation des portraits dans l'allée du Lycée Prins Henrik

 

Nous préparons actuellement la semaine du bien-être, programmée pour octobre et autre nouveauté, le primaire est passé à Pronote, cette rentrée. Il s’agit d’un outil de communication, un interface parents-enseignants qui était déjà utilisé dans le secondaire et qui sera déployé au cours de l'année scolaire.

 

Quelle organisation a été mise en place dans le contexte Covid-19 au sein de l’école ?

Dans ce contexte Covid, nous suivons les mesures sanitaires dictées par le gouvernement danois et nous fonctionnons avec les dernières recommandations en date du 10 août dernier.

Depuis la rentrée, les élèves sont à nouveau en groupe classe (ndlr : les enfants avaient été en demi-classe au moment de la reprise après le confinement du printemps).

Nous avons établi des groupes de référence ; dans notre cas, il s’agit d’un groupe de référence par niveau. L’objectif est de minimiser les contacts, les élèves ne côtoient que des élèves du même niveau : les élèves de différentes classes de CE1 peuvent être amenés à être en contact mais en aucun cas des élèves de CP et de CE1 par exemple.

Le ménage et la désinfection ont été renforcés. Les classes disposent de lingettes pour nettoyer tables et points de contact.

A la mi-journée, le personnel de ménage procède à une désinfection ainsi qu’en fin de journée. Tous les points contacts sont nettoyés :  rampes d’escalier, poignées de portes…

Il a été également décidé que les parents de l’école primaire ne pourraient plus entrer dans l’école sauf en cas de rendez-vous ou de réunions. Pour la maternelle, les parents peuvent accompagner les enfants à l’intérieur mais en portant un masque.

Pour la SFO (activités périscolaires), le fonctionnement est plus compliqué et cela nous a demandé une organisation plus contraignante mais nous avons tenu à maintenir ces activités car nous savons que c’est important pour les parents qu’il y ait des après-midis occupés à l’école.

Concernant la cantine, nous avons également dû procéder à des aménagements car nous fonctionnons en self-service. Les plateaux repas sont maintenant préparés à l’avance pour que les enfants aient juste à chercher leur plat chaud mais n’aient plus à toucher aux couverts…

Beaucoup d’efforts sont faits de part et d’autre : par l’école mais par les parents aussi qui sont vigilants et qui gardent les enfants en cas de nez qui coule, de toux… ; de plus en plus d’enfants sont testés par ailleurs.

 

Nous sommes fin septembre et, à ce stade, zéro cas à déplorer.

Cela veut dire qu’après plus d'un mois d’école, il n’y a pas eu de contamination donc à priori notre dispositif est efficace.

 

Les enseignants sont évidemment préparés au cas d’un re-confinement et donc d’une reprise d’un enseignement à distance mais tout le monde est bien décidé à essayer de l’éviter.

Dans l’hypothèse d’enfants testés positifs, le cas est communiqué aux autorités danoises de santé.

Elles évaluent alors en fonction de l’organisation de l’établissement les contacts attestés et indiquent alors qui doit aller se faire tester. Deux tests, à 5 jours d’intervalle, sont demandés.

 

Quels sont les effectifs de l’école cette année ?

500 élèves (trois - quatre classes par niveau) entre le primaire et la maternelle.

Nous avons bien sûr constaté un manque d’arrivées cette année ; des sociétés ont rapatrié un certain nombre de leurs employés à la fin de l’année dernière et ce, même à la dernière minute.

Nous commençons à avoir à nouveau des demandes d’inscription mais nous sentons bien que la situation est encore très incertaine.

 

Quels sont les projets de l’école pour cette année ?

Compte tenu de la situation et comme les rassemblements sont déconseillés, nous nous adaptons et essayons de prévoir des événements plutôt pour la fin de l’année scolaire ou de privilégier des projets en ligne.

Nous avons ainsi invité un auteur au printemps prochain, des classes vont suivre le Vendée globes à distance et des élèves ont participé aux Journées de la nature en ligne.

Il est prévu aussi qu’un musicien intervienne dans des classes de la petite section de maternelle au CE1 et nous allons également proposer des ateliers philosophiques aux élèves de CE2, CM1, CM2.

Le grand chantier sur lequel nous travaillerons cette année est de définir le nouveau projet d’établissement.

Le précédent courait de 2017 à 2020 et se concentrait sur la politique des langues et le bien-être.

Le projet d’établissement constitue la ligne directrice, le fil rouge à suivre dans nos actions au quotidien. Il s’agit de donner de nouvelles priorités pour 2021 à 2023.

C’est très intéressant car jusque maintenant nous n’avions fait qu’implémenter ce qui avait été décidé par l’équipe de direction précédente.

Nous allons engager très prochainement une réflexion avec toute l’équipe éducative : quelles sont les priorités que nous voulons donner, les moyens, les ressources à déployer et ce projet sera présenté au Conseil d’établissement en janvier ou mai.

 

 

Lepetitjournal.com/copenhague remercie Myriam Rault pour le temps qu’elle nous a accordé. Nous souhaitons une très bonne année à tout le personnel du Lycée français Prins Henrik.

 

joelle borgida

Joëlle Borgida

J’ai vécu dans huit pays ces vingt dernières années. Désormais installée à Copenhague, j'ai envie de partager mes découvertes danoises.
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