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PASCALE GAL : "Il est essentiel de rester active en expatriation"

Par Marie-Pierre Parlange | Publié le 24/04/2018 à 08:00 | Mis à jour le 26/05/2018 à 10:10
Photo : Pascale Gal, co-fondatrice de LABESSENTIEL et les huilettes @Valérie Dupuch Botto
Labessentiel huiles essentielles pascale gal

Indonésie, Inde, France, Thaïlande, Maroc… Pascale Gal a suivi les expatriations de son mari sans jamais renoncer à sa carrière dans le secteur de la Beauté. Docteur en Pharmacie et diplômée d’un master à l’ESSEC, cette mère de trois enfants a co-fondé en juin 2015 LABESSENTIEL et les huilettes, une marque de cosmétiques 100% naturelle puisée au coeur de l’aromathérapie qu’elle dirige entre Paris et Casablanca. Pascale a été l’une des 5 finalistes des Trophées des Français de l’étranger dans la catégorie Entrepreneur.


« Entreprendre n'est pas un sprint mais un marathon ! » Adepte de slow cosmétique et yoga « addicted », Pascale Gal est à 49 ans une entrepreneuse qui a su se réinventer au fil des expatriations et de son cheminement personnel. Aujourd’hui elle travaille avec passion au développement de sa société LABESSENTIEL, et de sa gamme produits, 100% bio, active et vegan. « Plus qu’une entreprise, nous souhaitons avec Claire Auzouy mon associée, proposer une nouvelle approche de la beauté, une consommation engagée, juste et connectée. » « les huilettes », lancées dans le célèbre concept store Colette à Paris, sont aujourd’hui présentes dans plus de 60 points de vente en France, mais aussi en Europe, aux États-Unis. La marque vient également d’être lancée au Japon et a de belles perspectives sur d’autres marchés (Australie,Taiwan…)

Un parcours riche à l’international

Diplômée à la fois en pharmacie et en management (master à l’ESSEC), Pascale débute dans le secteur de la Beauté en 1994, à Jakarta, où l’emmène une mutation de son mari. « C’est aussi là que j’ai rencontré Claire, qui 20 ans plus tard, je ne le savais pas encore, deviendra mon associée ! »
En Indonésie, elle travaille d’abord chez Lancôme puis chez Guerlain. Suivent quelques années à Paris, pour affiner ses armes en marketing chez Rogé Cavaillès. En 2005, nouvel envol familial, pour Bombay cette fois, où elle travaille à l’implantation de la marque Yves Saint Laurent Beauté : « un vrai challenge culturel et professionnel sur un marché émergent puisqu’une une petite partie de la population accédait au luxe. Il m’a fallu déployer beaucoup d’énergie pour tenir le niveau d’exigence requis, notamment pour former les équipes ! » 
2008, destination Thaïlande ! A Bangkok, de nouveaux paris : gérer des marques de beauté de luxe et en parallèle, développer des parfums pour des célébrités thaïes (comme Aum Patchrapa et ses 8 millions de followers sur les réseaux sociaux).
 

« Chacune de mes expériences à l'étranger m’a nourrie et développée, mais il ne faut pas minimiser l’énergie à déployer pour trouver un nouveau job à chaque expatriation… à chaque fois, c’est l’occasion de se poser les bonnes questions : de quel job ai je vraiment envie ?" explique Pascale, qui insiste sur le fait qu'il ne faut pas se mettre la pression ! "Il est important de prendre le temps pour comprendre le marché, installer la famille car si la famille trouve bien ses marques dans un environnement culturel si différent, on sera en mesure de se concentrer à 100% dans la recherche !"  
Réseau professionnel, associations d’anciens élèves, chambre de commerce, amis...  A chaque fois Pascale y a cru et s'est donné les moyens : "Au fil des rencontres, des entretiens, on tombe sur la bonne personne, le job idéal ! J’ai eu beaucoup de chance à chaque fois. C'est ce chemin riche et nécessaire qui m’a donné la volonté et la force d'entreprendre ! 
Découvrir de nouvelles cultures, rencontrer de nouvelles personnes, adapter son management, sont autant d’opportunités de se développer ! Une façon de se remettre en question en permanence et d'avancer en faisant des erreurs...
 »
 

Le Maroc et l’aromathérapie

Arrivée au Maroc, Pascale se rend compte qu’elle est lassée des produits surmarkétés et du greenwashing.  « Mon job n’était plus en connexion avec mes convictions », dit-elle.

En parallèle, elle  a un vrai coup de cœur pour les « produits incroyables » du Royaume : l’huile d’Argan, la figue de Barbarie...  Avec Claire Auzouy, elles se découvrent une envie commune de consommer autrement et d’entreprendre ; elles foncent.  Pascale complète sa formation par un diplôme universitaire d’aromathérapie. « En 18 mois nous créons la société, nos propres formules, notre première gamme : les huilettes sont nées en janvier 2017… » Un intense travail est mené en amont pour développer des formules efficaces et agréables,  pour trouver le meilleur rapport efficacité/tolérance avec les toxicologues et les laboratoires, pour sélectionner fournisseurs, producteurs suivant un cahier des charges très strict (qualité/certifications), « et tout cela avec l’aide si précieuse d’une communauté de testeuses devenues nos plus chères ambassadrices, les huilettes addicted ! On a voulu mettre de l’humain dans notre produit, créer du lien.»

Pascale Gal
@Valérie Dupuch Botto


Depuis, Pascale partage son temps entre Paris et Casa. Au Maroc, elle s’occupe du sourcing des matières premières végétales, de la R&D. C’est aussi au Maroc, dans son laboratoire, qu’elle travaille à la création et à l’optimisation des huilettes, élaborées à partir d’huiles vierges pressées à froid. La production, elle, se fait en France près de Nice. En France aussi, la partie marketing, réseaux sociaux, les relations avec les influenceurs, la presse, les opérations de partenariat et la vente. « C’est une aventure de passionnées, il faut y aller à fond ! Entreprendre à deux, c’est top si on est complémentaire et qu’on partage les mêmes valeurs. Le plus difficile avec notre niveau d’exigence élevé est d’accepter que les choses attendent un peu, et de savoir déléguer. »

LABESSENTIEL, déjà présent en France dans de très belles enseignes (le Bon Marché Rive Gauche, Oh My cream, Mademoiselle Bio…), se développe à l’export et va devoir recruter pour accompagner cette croissance.

Fière d'avoir pris la décision de sortir de sa zone de confort, d'aller jusqu'au bout de ses convictions, Pascale n’a qu’un conseil pour toutes les femmes qui suivent leur conjoint lors d’une expatriation : « Toute expérience vous construit, et vous aurez sans doute la chance de faire de belles rencontres alors, surtout, restez active ! »

 

Marie Pierre Parlange

Marie-Pierre Parlange

Diplômée de l'EM Lyon, de chinois et d’Histoire de l'Art, elle a vécu de nombreuses expatriations, de Milan à Singapour en passant par Istanbul, Casablanca, Pékin ou Bangkok. Elle a rejoint lepetitjournal.com en 2008 et en est la directrice éditoriale.
1 CommentairesRéagir
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Olapatounette ven 04/05/2018 - 10:08

Super interview... moi même j’en vais m’expatrier au Maroc sous peu, végétarienne, naturopathe, mes parents près des Nice.... que de miracles pour moi cette interview... est ce possible de rentrer en contact avec cette entrepreneuse? Merci pour votre aide.... Patrícia Raphael Raphaeljj2@orange.fr

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