PAROLES D’EXPATRIEES – J’ai décidé (ou pas) d’accoucher au Maroc (2/2)

Par Parler Darija | Publié le 02/02/2014 à 23:00 | Mis à jour le 03/02/2014 à 06:33

L'expatriation se vit la plupart du temps en famille, avec petits ou grands enfants. Et pour nombre d'expatriés, la cellule familiale s'agrandit lors de cette expérience de vie à l'étranger.
Lepetitjournal s'est penché sur la question de l'accouchement et a recueilli divers témoignages de mamans qui expliquent, dans ce second volet, pourquoi elles ont choisi d'accoucher au Maroc.


Amandine : J'ai eu un cheminement très différent pour mes deux grossesses au Maroc
Amandine a accouché deux fois depuis qu'elle vit au Maroc. Dans le volet précédent, elle avait expliqué que pour son premier enfant, elle avait préféré rentrer à Paris pour profiter des meilleures techniques.


Quelques mois après la naissance de son fils, elle était à nouveau enceinte. Mais là, il lui a semblé évident d'accoucher à Casablanca, pour rester près de son fils et son mari.
Car entre temps, elle a recueilli des témoignages positifs de mamans qui avaient accouché à Casablanca et comme son premier accouchement s'était bien passé, elle était sereine.


Pour bien se préparer à l'accouchement, elle a choisi une sage-femme et un gynécologue en qui elle avait confiance et a visité deux cliniques. "La clinique Ghandi ne m'a pas plu. Je l'ai trouvée froide et elle propose souvent la césarienne. De plus, elle ne fait pas que les accouchements". Aussi, Amandine a-t-elle choisi La clinique des Iris qui "est calme. C'est une petite structure avec un très bon accueil et qui coûte beaucoup moins cher que la clinique Ghandi. De plus, j'ai trouvé que ma péridurale avait été mieux gérée qu'en France ! Donc pour moi, ça s'est très bien passé".

Les conseils d'Amandine :
- Il faut s'écouter et prendre la décision en fonction de là où l'on se sent bien
- Donner des directives très claires au personnel médical et soignant si l'on veut que le papa participe à l'accouchement, allaiter ou encore garder son bébé avec soi dans sa chambre.


Magali : Il me semble naturel d'accoucher là où je vis
Magali est enceinte de son deuxième enfant et doit accoucher en mars prochain. Elle a choisi d'accoucher à Casablanca car elle a eu beaucoup d'avis positifs en ce sens et souhaite être près de son mari et son fils. "Il est naturel d'accoucher là où je vis mais j'ai eu besoin qu'on me confirme que les soins au Maroc sont bien dispensés. Je suis complétement sereine. Ma grossesse est confortable"


Magali apprécie la prise en charge des futures mamans à Casablanca. En effet, elles ont un interlocuteur unique, le médecin gynécologue, qui est également obstétricien et s'occupe des échographies. Son médecin lui a conseillé deux cliniques et elle a choisi la clinique Ghandi, proche de chez elle.
Ce choix a malgré tout des inconvénients. "Je n'aurai pas ma famille proche auprès de soi et le coût de l'accouchement est beaucoup plus élevé ici et pas forcément bien remboursé. Mais cela ne me fera pas changer d'avis".

Les conseils de Magali :
- Rechercher la facilité et la proximité avec sa famille et son domicile.
- Bien choisir son médecin qui sera son unique interlocuteur.


Caroline : J'ai choisi d'accoucher à domicile
Caroline est arrivée au Maroc enceinte de son deuxième enfant. Pour sa première grossesse, elle avait accouché en Suisse, dans une "maison de naissance", lieu dédié aux accouchements où l'accompagnement est global en associant la femme (le couple) et une sage-femme du début de la grossesse à la fin du post-partum.


Pour elle, c'est une véritable volonté d'accoucher à nouveau à domicile où le travail peut se faire à son rythme, sans intervention extérieure ni péridurale. "Je ne me lançais pas un défi mais je sais que je ne me serais pas respectée en accouchant à l'hôpital. Mon mari était à fond avec moi et nous n'arrivions pas à penser autrement"


La visite décevante d'une clinique a largement conforté son choix. Elle a dû également rencontrer plusieurs médecins avant d'en trouver un avec l'écoute et l'empathie nécessaire pour accepter son choix. Afin de sécuriser comme il se doit l'accouchement, Caroline a demandé à sa sage-femme de Suisse de venir suivre sa fin de grossesse, ce qu'elle a accepté.


Le jour venu, Caroline était sans méfiance ni vigilance car elle savait qu'elle avait fait le maximum pour que son accouchement se passe bien. "Nous avons vécu des choses hyper fortes et en toute sérénité. C'était une aventure entière de moi-même que je trouve extraordinaire. C'est la plus belle aventure émotionnelle que j'ai vécue".
Cependant, après coup, elle a appris que tous les examens nécessaires à un accouchement à domicile n'avaient pas été réalisés et que cela avait beaucoup stressé la sage-femme. Aussi, même si elle ne regrette pas son choix, elle considère que la prise en charge en matière de santé est trop légère au Maroc et qu'elle n'accouchera plus dans ce pays.

Les conseils de Caroline :
- Lire le livre J'accouche bientôt et j'ai peur de la douleur, de Maïtié Trelaun aux éditions Souffle d'or
- Créer un climat dans lequel on se sent bien pour accoucher sereinement et sans méfiance.


Maya Labbé-Chaouki, sage-femme DE et sophrologue caycédienne
Cela fait 38 ans que Maya habite le Maroc et après 20 ans d'expérience professionnelle, elle nous livre son avis sur les mamans expatriées : "Ce qui me touche le plus dans ces mamans, c'est qu'elles n'ont pas leur famille à côté d'elles et qu'elles ont alors besoin d'un soutien particulier"


Lorsque ces mères font appel à elle, Maya Labbé-Chaouki va adapter ses conseils et mises en garde en fonction du médecin accoucheur choisi par la maman. Par ailleurs, elle dispense des séances de sophrologie caycédienne ayant pour but "de rétablir l'harmonie entre le corps et l'esprit". Car l'accouchement est "comme une épreuve olympique" où il faut avoir les outils pour gérer la situation, tels que la gestion de la douleur ou encore la respiration. Le jour de l'accouchement, il s'agit "d'être en confiance et connaitre ses capacités pour gérer ce qu'il y aura à gérer". Enfin, elle va impliquer le papa car pour elle, "la différence dans un accouchement se fera en fonction de l'implication du papa. Il est essentiel pour la maman de se sentir soutenue et il faut faire en sorte que le papa soit acteur lui aussi". Il sera donc invité à la dernière séance de sophrologie pour mieux comprendre comment se déroulera l'accouchement et ainsi, savoir comment soutenir sa compagne.


Lorraine Pincemail (www.lepetitjournal.com/casablanca) Mundi 03 février 2014
Pour se renseigner sur la sophrologie caycédienne 

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