

Consultante et coach en Ressources Humaines, Marie Rivière témoigne de son expérience d'expatriée.
Lorsqu'elle a crée son cabinet "Harmony Mobility" de coaching en ressources humaines à Pékin, Marie avait déjà plusieurs années d'expatriation derrière elle (en Afrique du Sud) et surtout une réflexion personnelle sur le statut de conjoint d'expatrié : "j'avais très envie de suivre mon mari et le soutenir dans sa carrière professionnelle mais pour autant, je ne voulais pas m'oublier. Je n'acceptais pas le fait d'arrêter de travailler. Aussi, j'ai cherché des solutions pour trouver un emploi qui soit transposable à l'étranger". Comme elle travaillait dans l'édition de livres pour enfants, Marie a décidé de reprendre des études en psychologie puis en ressources humaines et a ensuite travaillé pour de grandes entreprises (out placement, bilans de compétences etc).
Une fois à Pékin (en 2008), elle a rencontré deux autres femmes, expatriées elles aussi. En se questionnant sur ce qu'elles auraient aimé trouver comme aide lors de leur première expatriation, en combinant leurs expériences, elles ont décidé d'ouvrir leur cabinet afin de proposer une aide concrète permettant à l'expatrié et son conjoint de trouver ses propres solutions pour vivre une expatriation harmonieuse (Ce sujet fera l'objet d'un second article).
En déménageant à Casablanca 3 ans plus tard (en 2011), Marie est restée associée au sein de son cabinet mais a dû recréer un univers professionnel (réseau et outils adaptés au pays d'accueil). "Lorsque l'on suit son mari, il y a forcément une frustration. Mais c'est également intéressant car cela implique une remise en question, une énergie nouvelle à déployer, la curiosité et la découverte, une meilleure connaissance de soi". Ses compétences étant transposables, Marie a décodé son nouvel environnement et pour se faire, s'est associée à un expert en interculturel qui intervient à ses côtés et lui apprend aussi personnellement à mieux comprendre le Maroc.
Ses clients étant majoritairement des entreprises internationales françaises, les contacts crées en Chine ont permis à Marie de se faire plus rapidement connaître à Casablanca. "J'avais une légitimité en arrivant ici et n'avais rien à prouver". Par contre, la notion de temps n'étant pas la même, le processus de décision est plus long et ce n'est que cette année que son activité se développe réellement.
Concernant la durée de son expatriation au Maroc, Marie refuse d'y penser et préfère se donner des objectifs : "Dans un an, j'aimerais louer des bureaux et avoir une assistante commerciale. Je ne veux pas penser au départ sinon, je n'aurais jamais crée mon cabinet. Je préfère être frustrée de devoir stopper mon projet plutôt que regretter de ne pas l'avoir fait".
Aujourd'hui, Marie est heureuse de ses choix et de son activité professionnelle. Elle dit croire en elle et avoir les ressources nécessaires pour s'en sortir et s'adapter à chaque nouvelle expatriation. Sa propre expérience s'enrichit de celles de ses clients et inversement, elle connaît les sentiments de ses clients pour les avoir vécus elle aussi. Elle peut donc mieux les comprendre et les aider.
Lorraine Pincemail (www.lepetitjournal.com/casablanca) Rediffusion du Vendredi 29 mars 2013
Sur la notion de "portable life":
Nancy J. ADLER, professeur en Management International à la faculté MC Gill de Montréal.
Spécialiste en Management interculturel, elle a réalisé de nombreuses études sur A portable Life : the Expatriate Spouse où elle explique que la femme - conjoint doit pouvoir transporter son métier avec elle.







