Annonçant une préférence des consommateurs français pour la Tunisie ainsi qu'une baisse de 3% de la fréquentation en avril dernier à Marrakech, ces données récentes ont atteint la confiance des acteurs du secteur et ébranlé quelques certitudes.
Alors que les constructions hôtelières et autres projets touristico-immobiliers se développent massivement, beaucoup, désormais, doutent de la capacité de la ville ocre à atteindre les objectifs qui lui ont été assignés d'accueillir 3 millions de touristes d'ici 3 ans, dans le cadre du programme "Vision 2010". Les autorités évaluent cette fréquentation en 2007 à 1,6 million de touristes, dont 60 % sont Français.
Une première alerte
Plusieurs explications sont avancées à ces chiffres que d'aucun considèrent comme une première alerte à prendre au sérieux :
- Un problème de positionnement. A travers les campagnes de communication qui lui sont dédiées, comme celle organisée en France "Vivez Marrakech", ou les événements de prestige qu'elle organise, comme le Festival international du Film, Marrakech s'affiche comme une destination " jet set "pour touristes à fort potentiel d'achat qui recherchent luxe et exception. Est-ce compatible avec le développement de structures hôtelières de masse et l'accueil de 3 millions de touristes que l'on attire à coup de tarifs promotionnels ?
- Un comportement abusif des hôteliers. Abderrahmane, responsable commercial d'une agence de voyage marocaine, est convaincu que les surbooks pratiqués par les hôteliers durant l'hiver dernier ont mis beaucoup de tours opérateurs en difficulté, peu enclins ensuite à conseiller cette destination.
- Le nouvel aéroport. Depuis plusieurs mois, les désagréments causés par les travaux d'extension de l'aéroport Ménara sont synonymes de cauchemar pour les touristes, cela nuit à leur envie de revenir.
- Les tarifs exorbitants. Il est difficile désormais de manger à Marrakech pour moins cher qu'à Paris ! La capitale du Sud-marocain est prise dans une folie tarifaire qui ne semble pas vouloir se calmer malgré les mises en garde du maire, Omar Jazouli, aux commerçants et professionnels du tourisme qui risquent selon lui de "tuer la poule aux œufs d'or".
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- "Marrakech-Arnaqueche..."La formule ne fait plus sourire, tant il s'agit d'une pratique locale bien ancrée. Dès l'aéroport, la lutte s'engage avec les taxis qui refusent d'utiliser leur compteur. Les vacanciers, étrangers ou marocains, sont sur le qui-vive pour ne pas se faire plumer. Abdelhay, guide accompagnateur depuis 30 ans, déplore la réapparition du harcèlement des clients dans les souks ainsi que celle des faux guides, qui "provoquent au final la déception et l'amertume des touristes".{mxc}
- La qualité de l'accueil mise en cause. En matière hôtelière, il existe un réel décalage entre le niveau d'exigence attendu du service dans des établissements haut de gamme et le niveau de formation (et de motivation salariale ?) du personnel qui y est employé.
- L'environnement. Bien que les autorités de Marrakech aient entrepris des efforts considérables en la matière, s'agissant notamment de la propreté, beaucoup de touristes souffrent du niveau de pollution de la ville. De la même façon, il est désormais quasi impossible de flâner dans les souks sans risquer d'être renversé par une des nombreuses mobylettes qui pétaradent à toute heure dans les ruelles étroites de la médina.
Confiance malgré tout...
Certains restent cependant confiants malgré ces derniers chiffres. Ils préfèrent voir la progression de 40 % du tourisme dans la ville depuis 2001, et l'intérêt accru des Britanniques, des Allemands et des Européens de l'Est pour cette destination. Ils soulignent également la hausse de fréquentation des nationaux, facilitée par la nouvelle autoroute entre Casablanca et Marrakech ouverte au printemps dernier.
Inquiets ou non, tous les professionnels s'accordent sur un point : la fréquentation du printemps 2008 sera décisive.
Elodie MARTELLIERE (www.lepetitjournal.com - Marrakech) jeudi 17 janvier 2007
Une première pour Marrakech
Le premier salon du tourisme "Moroccan Travel Market"qui a lieu à partir de ce jeudi 17 janvier jusqu'à dimanche, doit rassembler l'offre touristique de la destination Maroc sous une tente de 20.000 m2, installée en plein centre de Marrakech.
Un juste retour des choses pour la vile Ocre, la destination préférée des touristes européens. Environ 5 000 visiteurs du monde sont attendus à ce rendez-vous proposant plusieurs débats professionnels ayant pour thèmes : "l'avenir des tour-opérateurs de niches", "les agences de voyages virtuelles", "l'importance du tourisme pour les pays euro-méditerranéens"et "les agences de voyages et leurs doutes dans le contexte actuel".







