Édition internationale

ECHEC DE l'EXPO 2012 - "Maroc : un pays méritant qui doit persévérer"

Écrit par Parler Darija
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012
Malgré les efforts accomplis durant la dernière décennie, le Maroc n'arrive pas encore à s'imposer sur la scène internationale avec l'échec de la candidature de Tanger à l'exposition 2012, regrette Jawad Kerdoudi, consultant économiste, président de l'Institut Marocain des Relations Internationales{mxc}

Au second tour du vote qui a eu lieu au Bureau International des Expositions (BIE) à Paris le 26 novembre dernier, la Corée du Sud a donc été désignée officiellement pour organiser l'exposition internationale 2012 à Yeosu. Si l'on compare la situation du Maroc à celle de la Corée du Sud qui était au même niveau de développement que notre pays dans les années 1970, on constate que ce dernier pays asiatique a réalisé en trente ans des progrès considérables. Son PIB est actuellement de 18.000 $ par habitant, avec un taux de chômage de 3,5% et une inflation de 2,4%. Il a connu en 2006 un taux de croissance de 5%, le plaçant parmi les onze premières puissances économiques au monde.
Sa balance commerciale est excédentaire de 16 milliards de $, grâce à ses exportations de produits manufacturés, principalement sur la Chine, l'Union européenne, les Etats-Unis et le Japon. Le modèle économique de la Corée du Sud, qui est devenu un cas d'école, est basé sur un lien étroit entre le gouvernement et le monde des affaires, qui a permis la constitution de grands conglomérats industriels (les Chaebols) connus dans le monde entier, tels que Daewo, Hyundai, Kia, Samsung, Hynix.
Ces entreprises sont des leaders mondiaux dans l'automobile, l'électronique, la construction navale, les télécoms, le BTP. Le modèle coréen est également basé sur l'économie du savoir, puisque le taux d'alphabétisation atteint 97,9%, et qu'il est déposé chaque année par la Corée du Sud 150.000 brevets, la plaçant au 4ème rang des dépôts de brevets dans le monde. L'économie de la Corée du Sud est connue également par sa grande compétitivité, qui est le fait d'un travail acharné, de l'innovation et de la bonne gouvernance. Enfin, la structure de son économie est celle d'un pays développé : 3,7% par l'agriculture, 40% par l'industrie, et 56,3% par les services.

Efforts politiques et économiques
Le Maroc a connu aussi ces dix dernières années un développement remarquable au niveau des infrastructures (routes, autoroutes, ports), des industries de sous-traitance (automobile, aéronautique), du tourisme (prévisions de 10 millions de touristes en 2010), des nouvelles technologies de l'information et de la communication (offshoring et télécoms). Il s'est constitué également des grands entreprises marocaines qui investissent sur le plan national et international, et qui sont accompagnés par un système financier de plus en plus performant : Bourse, Banques, Etablissements financiers.
Les goulots d'étranglement du Maroc se situent au niveau de l'éducation (éradication de l'analphabétisme, perfectionnement de l'enseignement), de la recherche et développement (innovation et dépôt de brevets), et de la bonne gouvernance pour améliorer la compétitivité. En conclusion, le Maroc est sur la bonne voie du développement économique et social. Il doit persévérer dans ses efforts politiques et économiques, afin de remporter victorieusement la prochaine compétition internationale.
Jawad KERDOUDI. Président de l'Institut Marocain des Relations Internationales. (www.lepetitjournal.com-Casablanca) mardi 4 décembre 2007

Le Maroc avait préparé sérieusement sa candidature...
Dans le cadre du développement de la zone Nord, le Maroc a présenté la candidature de Tanger à l'exposition internationale 2012, sur le thème « Routes du monde, rencontre des cultures ». Deux autres concurrents étaient en lice. La Corée du Sud avec Yeosu sur le thème « Pour des côtes et des océan vivants », et la Pologne avec Wroclaw sur le thème « La culture des loisirs dans les économies du monde ». Il faut rappeler que l'exposition internationale consiste à choisir une ville sur un thème précis, donnant lieu à la participation d'un grand nombre de pays, et d'un afflux de millions de visiteurs étrangers. Cette exposition internationale qui dure trois mois, a lieu entre les expositions universelles qui sont organisées tous les cinq ans, et qui durent six mois. C'est le Bureau international des expositions (BIE) dont le siège est à Paris, composé de 140 pays, qui choisit par élection la ville parmi les candidates.
Le Maroc avait préparé sérieusement sa candidature, en établissant un dossier complet et bien documenté, en organisant soigneusement la visite dans notre pays des représentants du BIE, en associant au projet des personnalités prestigieuses telles que l'ancien Secrétaire Général de l'ONU Boutres Ghali et l'ancien Directeur Général de l'UNESCO Frederico Mayor, enfin en envoyant des émissaires un peu partout dans le monde. Le vote qui a eu lieu au BIE à Paris le 26 Novembre 2007 a donné au premier tour 59 voix pour le Maroc, contre 68 pour la Corée du Sud, et seulement 13 pour la Pologne. Ce vote montrait la reconnaissance internationale pour les efforts fait par le Maroc pour promouvoir la candidature de Tanger. Malheureusement, Ce votre final est la conséquence des aléas qui accompagnent toute opération internationale élective, chaque pays votant selon des considérations multiples.
J.K. (www.lepetitjournal.com-Casablanca) mardi 4 décembre 2007
parler darija
Publié le 4 décembre 2007, mis à jour le 13 novembre 2012
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