Édition internationale

CEREALES - Pénurie et flambée des prix menacent le Maroc

Écrit par Parler Darija
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012
La chute de la production de céréales au Maroc due à la sécheresse et à la flambée des cours mondiaux menacent le pays, grand consommateur de pain. La réduction de moitié des droits de douane d'importations de blé par les pouvoirs publics ne règle pas la situation

Il manque 6 millions de tonnes de céréales (photo AFP).

Au pays du couscous fabriqué avec du blé dur, le Marocain consomme six fois plus de pain que le Français. Quand la sécheresse sévit, c'est la farine qui trinque, et le pain qui risque de ne plus arriver dans les foyers. La presse s'en émeut depuis des semaines. Certains titres craignant même les effets de la sécheresse sur le résultats des prochaines élections législatives du 7 septembre. La récolte céréalière 2007 (du 1er juin au 30 mai) n'a produit que 2,5 millions de tonnes de céréales, contre 8,4 millions en temps normal. "Ce déficit de 6 millions de tonnes est exceptionnel"souligne le Suisse Régis Carisey, courtier en céréales, "exceptionnel comme la sécheresse et le manque d'eau qui ont frappé les bassins céréaliers comme la plaine de Fès ou de Béni Mellal".

L'Office National des Céréales et Légumineuses (ONICL) a évalué les besoins nationaux à 60,5 millions de quintaux dès ce mois de juin. Elle a programmé l'importation de 30 millions de quintaux de blé tendre sur 10 mois, de 15 millions de quintaux de maïs sur 12 mois, de 8,5 millions de quintaux d'orge pour la fin de l'année, et de 7 millions de quintaux de blé dur sur 10 mois. Pour favoriser les importations, le gouvernement a réduit de 60 % à 30 % les droits de douane qui frappent les importations de céréales dans le Royaume comme le demandaient les professionnels de la filière céréalière, dont les minotiers. Ces derniers tirent la sonnette d'alarme sur le peu de disponibilités couvrant les besoins d'écrasement de blé tendre destiné à la farine, notamment la farine de pain de boulangerie.

Régis Carisey, un courtier suisse en céréales toujours en veille
(photo LPJ Casablanca).


0 % de droits de douane ?

Les services de l'Office national interprofessionnel des céréales et légumineuses ont invité les moulins à puiser dans leurs stocks pour suppléer au manque de blé. Mais ces stocks sont au plus bas de leur niveau, "voire nuls", selon la Fédération nationale de la minoterie. Les effets de la sécheresse se sont conjugués avec ceux de la flambée des cours mondiaux et des droits de douanes de 60 % en vigueur au Maroc avant le mois de juin. Deux facteurs qui ont dissuadé les reconstitutions de stock.
L'Union Européenne et les USA bénéficient de droits de douanes allégés, de 20 % contre 30% pour les autres, dans le cadre de l'accord des contingents tarifaires. Deux fois 250 000 tonnes seront importées au Maroc suite à deux appels d'offre lancés les 18 et 19 juillet derniers, plus 90 000 tonnes de blés durs venant des USA. Malgré la baisse des taxes douanières, les prix restent toujours au même niveau du fait de la flambée persistante des cours mondiaux. De plus, la production de blés français appréciée ici, est cette année de mauvaise qualité à cause des conditions météo très humides au moment des coupes.
Selon le courtier Régis Carisey, "la situation ne va pas s'arranger d'ici la fin de l'année. Le blé dur canadien, qui plaît bien ici pour sa couleur jaune destiné au couscous et à la farine, a déjà pris 40 dollars à la tonne depuis juillet". La rumeur selon laquelle le gouvernement envisagerait de supprimer la totalité des droits de douanes circulent dans les milieux professionnels. "L'Etat marocain pourrait même subventionner des importations de blé si les prix mondiaux augmentent, comme il vient de le faire sur l'orge pour la sauvegarde de son cheptel"ajoute le courtier suisse. Un appel d'offres de farine serait déjà dans les cartons pour le mois de septembre...
Didier BOUVILLE. (www.lepetitjournal.com - Casablanca) lundi 23 juillet 2006
parler darija
Publié le 23 juillet 2007, mis à jour le 13 novembre 2012
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