Michel Gondry, célèbre réalisateur français installé aux Etats-Unis a pour ambition de démocratiser la culture et de permettre à chacun de s'exprimer. Pour cela, il a imaginé un projet d'usine de films amateurs, qui a déjà voyagé un peu partout dans le monde. Le projet permet à tout un chacun de réaliser son propre film amateur dans des décors qui s'apparentent à ceux d'un tournage professionnel. Un vent de créativité souffle sur Casablanca et les anciens abattoirs, auxquels le projet donne une seconde vie. Installé en ces lieux, l'événement se déroule du 13 mars au 30 avril. Afin de comprendre de quoi il s'agit précisément, Lepetitjournal s'est rendu sur place et a suivi un groupe d'élèves dans la réalisation de leur film.
Au commencement, il faut intégrer un groupe qui peut aller de 5 à 20 personnes. La classe d'initiation musicale et théâtrale de 4ème du collège Sidi Bernoussi, accompagnée par son professeur de langues Monsieur Khalid, s'est prêtée à l'exercice. Guidé par une médiatrice, le groupe doit tout d'abord définir le genre du film. S'agira-t-il d'un policier, d'un drame? Les idées fusent. Finalement, ils choisissent une comédie et vu la joie sur leur visage, ça leur va bien ! Ils se concertent ensuite afin de définir la trame générale du film, le scénario. Leur professeur, un passionné de théâtre, estime que c'est une façon ludique de leur faire assimiler le vocabulaire propre au domaine cinématographique. Une des élèves se propose pour filmer. Plus tard, la médiatrice lui remettra une petite caméra. Pas de montage, une brève répétition pour chacun avant d'enregistrer et... Action ! C'est affublés de déguisements superposés que les élèves et leur professeur, qui se prête volontiers au jeu, débutent le tournage.
L'école du cinéma
Les décors s'enchaînent tour à tour et les jeunes rient à gorges déployées. Tantôt l'action se déroule dans un triporteur derrière lequel un écran diffuse des images d'une route de Casablanca, tantôt dans un salon marocain reconstitué au détail près. Dans la chambre à coucher, une fausse fenêtre permet de faire défiler une vue de l'extérieur qui représente la mosquée Hassan II. Les acteurs amateurs, en fonction du scénario pré-établi, décident à quel moment se déroule l'action et peuvent choisir entre une vue de nuit ou de jour en pressant un bouton. De temps à autre, la médiatrice intervient afin de recadrer le jeu, de rendre le film et l'intrigue les plus plausibles possibles. Elle leur rappelle de ne pas tourner le dos à la caméra, de la prendre en compte et d'autres aspects techniques ou pratiques à ne pas négliger.
Le résultat donne quelque chose de très personnel. Et plus qu'une performance, on retient surtout de cette journée le souvenir d'un bon moment passé ensemble, où chacun a l'opportunité de jouer à être un autre, de sortir de son rôle habituel.
Louise Favel (http://www.lepetitjournal.com/casablanca) vendredi 21 mars 2014
(Ensemble crédits photo: L. Favel)







