Édition internationale

MARC JAMIN - « La gratuité indiscriminée n’est ni juste, ni égalitaire »

Écrit par Lepetitjournal Buenos Aires
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012
Retraité du consulat depuis 2007, Marc Jamin a été élu sur la liste de Français du Monde-ADFE (Association démocratique des Français à l'étranger), marquée à gauche et soutenue par le Parti socialiste et les Verts. Arrivé à l'âge de 7 ans en Argentine, Marc Jamin a dirigé deux Alliances françaises et travaillé durant 31 ans au consulat de Buenos Aires, dont quinze ans au service social. Plus d'infos : http:// fdmadfe.conesud.over-blog.com
(Photo : DR)
Pouvez-vous dresser un portrait de la communauté française d'Argentine en quelques lignes ?
La communauté française d'Argentine souffre des mêmes difficultés que la société argentine, car elle est tout-à-fait intégrée. Les Argentins souffrent de la crise politique, financière et économique ? Notre communauté aussi ! Par ailleurs, il s'agit d'une communauté assez âgée : ceux de souche complètement française, arrivés avant ou après la seconde guerre mondiale, ont aujourd'hui de 70 à 80 ans. L'unique avantage dont bénéficient les Français, lorsqu'ils ont travaillé en France, c'est qu'ils ont droit à une retraite française, meilleure que l'argentine. Mais cela concerne très peu de compatriotes.

Quelles aides peut apporter le consulat aux Français d'Argentine ? Peuvent-ils compter sur des ressources locales ?
Au cours des six à sept dernières années, le niveau des retraites et des aides sociales de tous ordres ? handicapés, malades ? a été revalorisé en Argentine. Les Français doivent s'adapter à ces nouvelles modalités et tirer un meilleur profit de ce qui est offert localement. De leur côté, les allocations octroyées par le consulat représentent une aide minimum pour vivre d'une manière correcte. Elles visent à sortir les gens du besoin. Parfois, les Français arrivent au consulat avec, en tête, les contes et légendes de l'aide sociale. Il faut bien expliquer en quoi consistent les aides et quelles sont leurs limites.

Quel est le rôle du représentant élu que vous êtes ?
D'un côté, en devenant un des 155 membres de l'AFE, il participe à l'élection des sénateurs des Français de l'étranger. D'un autre côté, il est le représentant des Français de la zone qu'il représente. A ce titre, il les écoute, recueille leurs inquiétudes et leurs besoins dans tous les aspects de leur vie à l'étranger (social, culturel, administratif) et les transmet à l'AFE et au Ministère des Affaires Etrangères (MAE).

Quelles mesures jugez-vous prioritaires aujourd'hui ?
Il faut éviter autant que possible la suppression des postes dans les consulats et les ambassades, voire la fermeture de certains sites par regroupement en « pôles » dans certains pays, qui pénalisent l'accueil des Français et ne permettent pas forcément de faire des économies. Autre dossier prioritaire, l'analyse des critères d'octroi de l'aide sociale pour vérifier qu'elle parvienne aux Français qui sont réellement dans le besoin.

Quel jugement portez-vous sur la gratuité de l'accès aux établissements français à l'étranger ?
Rappelons d'abord que les collèges et lycées français à l'étranger coûtent très cher à l'Etat français : il faut rémunérer les professeurs détachés, les cadres? Ce réseau scolaire ne pourrait pas exister sans l'importante participation des étrangers aux droits d'inscription.
La gratuité indiscriminée, accordée quelles que soient les ressources des familles, va à l'encontre du principe d'attribution des Bourses. En effet, le budget du MAE a explosé, réduisant la part qui sera attribuée à ceux qui ont vraiment besoin d'une aide. Ce système n'est ni juste, ni égalitaire.

Propos recueillis par Barbara VIGNAUX (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) le 16 septembre 2009




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Publié le 16 septembre 2009, mis à jour le 13 novembre 2012
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