Édition internationale

DROITS DE L'HOMME - La France distingue les Abuelas

Écrit par Lepetitjournal Buenos Aires
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 janvier 2018

L'ambassadeur de France a remis à l'association Abuelas de plaza de Mayo le prix des droits de l'Homme attribué en décembre par la République française. Il a salué leur courage, leur lutte contre l'impunité, et rappelé la solidarité internationale dans la recherche des disparus de la dictature

Lors de la remise du prix par Frédéric Baleine du Laurens à Rosa de Roisinblit, vice-présidente d'Abuelas, mercredi soir (photo LR/LPJ)

Mercredi, Frédéric Baleine du Laurens, ambassadeur de France, a remis un prix des droits de l'Homme aux grands-mères de la place de Mai et reçu les participants au séminaire sur la solidarité internationale. Dans un discours prononcé en espagnol, l'ambassadeur a rendu hommage aux mères et grands-mères de la place de Mai, qui ont lutté contre la dictature, "exigé la justice, affronté les lois d'impunité, maintenu le feu sacré de la mémoire, lutté contre ceux qui pensent que l'avenir peut se construire sur l'oubli".
Abuelas de Plaza de Mayo, l'association des Grands-mères de la place de Mai, a reçu en décembre une mention spéciale du jury du Prix 2006 des droits de l'Homme, remis par la République française, pour son projet de création d'une maison des Grands-mères à Córdoba. 150 ONG ont présenté leur projet pour ce prix, 11 ont été distinguées.
Le prix a été remis mercredi à la vice-présidente de l'association, Rosa de Roisinblit, la présidente Estela de Carlotto se trouvant à Paris. "Pendant la dictature, nous recevions déjà l'aide de l'ambassade de France, qui nous faisait passer les messages de nos enfants exilés en France", a rappelé Rosa de Roisinblit. "Nous ne voulons pas de revanche, nous voulons que les tortionnaires soient jugés et condamnés. Merci à tous ceux qui nous accompagnent."
L'ambassadeur a salué le gouvernement du président Kirchner, qui "a plus fait dans la lutte contre l'impunité et pour défendre les droits de l'homme que durant les vingt années précédentes". "L'espoir renaît pour les familles, et je pense particulièrement aux familles, ici présentes, des dix-huit victimes françaises."
La France rend ainsi hommage aux Abuelas pour la lutte qu'elles mènent depuis trente ans. L'ONG poursuit inlassablement son travail de recherche d'enfants de disparus pendant la dictature, de 1976 à 1982. Elle s'efforce d'identifier et localiser les enfants enlevés à leurs parents pour être confiés à des tortionnaires, qui ont falsifié leur identité. En février, l'association a retrouvé un 86e enfant. L'association Madres de Plaza de Mayo, née en 1977 pour protester contre les disparitions de leurs enfants, poursuit aujourd'hui son combat de défense des droits de l'Homme.

Solidarité internationale
Cette remise de prix s'est inscrite par ailleurs dans le cadre d'un séminaire organisé par le ministère des Affaires étrangères argentin intitulé "Testimonios de la solidaridad internacional", qui a eu lieu à Buenos Aires mercredi et jeudi, avec le soutien de l'ambassade de France. Ce séminaire avait pour but de rappeler et d'entretenir la mémoire sur le rôle de la solidarité internationale dans l'exil de nombreux Argentins pendant la dictature. Parmi les invités figurait le Français Louis Joinet, magistrat, ancien rapporteur auprès de la commission des droits de l'Homme de l'ONU, qui a fait partie de ces réseaux militants. Il a d'ailleurs reçu l'année dernière l'ordre du général San Martín, plus haute décoration argentine, à l'occasion du trentième anniversaire du coup d'Etat.
L'ambassadeur a souligné également que la France et l'Argentine ont largement ?uvré à l'adoption par l'ONU de la convention internationale contre les disparitions forcées, qui vient d'être signée à Paris. "C'est une longue histoire commune. Cette convention est l'enfant de l'Argentine et de la France. Nos pays, les Mères et Grands-mères de la place de Mai, comme tous les militants des droits de l'Homme ont lutté pour son adoption. Grâce à vous, nous avons gagné ce combat."
Laurence RIZET. (www.lepetitjournal.com-Buenos Aires) - vendredi 9 mars 2007

lepetitjournal.com Buenos Aires
Publié le 9 mars 2007, mis à jour le 9 janvier 2018
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.