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Une loi de financement et… des boissons gazeuses plus chères ?

Par Julien Bosq | Publié le 14/12/2018 à 15:07 | Mis à jour le 14/12/2018 à 15:29
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Durant plusieurs semaines, les contours de la loi de financement ont été débattus par les parlementaires colombiens.  Les aliments de base ne subiront pas "l’IVA" à 19% mais les sodas et les bières devraient être davantage taxés. Le projet doit finalement être entériné en assemblée plénière en début de semaine prochaine.


Les discussions intenses au sein du Congrès colombien (l’équivalent du Sénat et de l’Assemblée nationale en France) ont entraîné certaines évolutions du projet de loi initial. Grâce à l’opposition de nombreux parlementaires (large rassemblement du Centre démocratique au Parti de la U jusqu’à l’Alliance verte), l’uniformisation et l’élargissement de "l’IVA" (taxe sur la valeur ajoutée) sur les produits alimentaires de base ont été retirés du texte. 

Par ailleurs, un autre point important a été annulé dans les derniers jours de débat. Les commissions bancaires sur les transactions effectuées par cartes de crédit ou de débit devaient également être soumis à l’augmentation de "l’IVA". Après la manifestation du syndicat des commerçants (Fenalco) et du sénateur du parti Cambio Radical Richard Aguilar notamment, cette disposition a été supprimée. Les échanges commerciaux et le développement de la bancarisation des Colombiens ne seront donc pas pénalisés.


Plus 10% sur le prix des sodas et des bières 

En revanche, d’autres produits de consommation seront dorénavant soumis à un "IVA" de 19%. L’article 87 de la loi de financement prévoit cette augmentation notamment pour les sodas et les bières. Le sénateur Richard Aguilar demande aux sociétés telles que Postobón, Coca-Cola ou Bavaria d’assumer cet impôt et de ne pas le transférer sur le prix final réclamé aux consommateurs.

Bavaria, l’entreprise propriétaire de toutes les grandes marques de bières colombiennes (Aguila, Club Colombia, Poker etc), annonce que cette taxe sur la valeur ajoutée sera d’abord transférée au distributeur, puis au commerçant et en dernier lieu au consommateur. Les industriels protestent en déclarant que le prix de vente devrait augmenter de 10%.

De son côté, la compagnie Coca-Cola Femsa déclare, par l'intermédiaire de Silvia Barrero, sa représentante en Colombie, que ce nouvel impôt entraînerait une baisse de 20% de la consommation sur leurs produits. Toujours selon la représentante de la firme internationale, plus de 450 000 commerçants à travers le pays ne pourront pas assumer l’augmentation des prix. 

Cependant, avec l'approbation de cette TVA multiphases sur les bières et les boissons non alcoolisées, quasiment un milliard de pesos devraient être collectés par l’État.


7 milliards récoltés au lieu des 14 milliards initialement prévus 

Les dernières discussions ont eu lieu en cette fin de semaine à la Chambre des représentants et au Sénat. Une assemblé plénière sera convoquée entre lundi et mercredi prochains pour la ratification finale du projet de loi de financement. L’objectif de financer les 14 milliards de déficit du budget 2019 a largement été revu à la baisse. Un peu plus de 7 milliards de pesos devraient finalement être récoltés grâce au projet de loi.
 

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Julien Bosq

Diplômé de Sciences Po Aix-en-Provence et de l'école de journalisme de Marseille, Julien a connu plusieurs expériences dans les médias régionaux en France. Il cultive un intérêt pour le sport, les arts et la politique.
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