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Un monde paysan encore fragile

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 07/07/2019 à 19:55 | Mis à jour le 07/07/2019 à 20:05
Fermier en Birmanie

Dans un pays dont 70% de la population est rurale et n’est pas prioritaire en matière d’éducation, les arnaques, tricheries et abus dont ce monde agricole est victime ne peuvent que fleurir. C’est une situation de fait que les gouvernements – fédéral ou locaux – commencent à peine à mesurer mais à laquelle ils semblent vouloir s’attaquer, en partie parce que les dirigeants en Birmanie prennent progressivement conscience que des électeurs qu’ils percevaient comme acquis et captifs pourraient finalement ne pas aller voter ou pire se détourner d’eux, effet dévastateur garanti quand il s’agit des deux-tiers de la population. Outre les très nombreux cas de conflits agraires, de spoliations de terre et d’abus de pouvoir qui marquent le pays depuis des années - et ce bien avant que l’actuel gouvernement arrive - et que les autorités cherchent désormais à résoudre d’une manière moins opaque, deux cas viennent de surgir qui illustrent d’une part les difficultés des fermiers birmans à se défendre face à des entreprises peu regardantes et habituées à l’impunité et d’autre part le début d’action que prennent les autorités.

Le président U Win Myint et la conseillère d’état Daw Aung San Su Kyi ont reçu copie d’une lettre adressée par le réseau des agriculteurs de Birmanie à la commission de la concurrence récemment créée afin de renforcer la crédibilité de la Birmanie pour les investisseurs. Le réseau des agriculteurs proteste contre une arnaque sur des moissonneuses-batteuses dont des fermiers de 5 régions (Ayeyarwady, Yangon, Bago, Mandalay et Sagaing) ont été victimes. Les fermiers ont acheté à 58 millions de kyats pièces (environ 35 000 euros) des moissonneuses-batteuses portant une belle marque japonaise sur leur flanc… marque qui n’existe pas, ce que les acheteurs n’ont compris que trop tard, lorsqu’ils ont réalisé que les machines étaient en fait chinoises et que leur prix normal était plus de 3 fois inférieur à celui payé. Or ces moissonneuses-batteuses ont été achetées à des entreprises ayant pignon sur rue, disent les fermiers, après des discussions avec des commerciaux et des dirigeants, discussions durant lesquelles tous ces vendeurs ont maintenu et expliqués, faux documents à l’appui, que les machines étaient japonaises, fabriquées au Japon, et donc de qualité japonaise. Les fermiers n’ont réalisé l’arnaque que lorsque certaines machines sont tombées en panne deux mois plus tard. Le réseau des agriculteurs a donc saisi la commission de la concurrence et demande réparation mais soulève aussi la question de comment une telle situation peut exister, comment des entreprises peuvent ouvertement mentir sur la provenance et la qualité, faux papiers à l’appui, sans contrôle et répression de la fraude de la part de l’état.

Une partie de la réponse est que faute de moyens, de technicité et de culture du service publique, les fonctionnaires ont souvent bien du mal à mettre en place les mesures prévues par les textes. Mais cela change et s’améliore : pendant le premier semestre 2019, les services du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de l’Irrigation ont ainsi saisi puis détruit 1179 litres d’engrais liquides à diluer et 4986 kilogrammes d’engrais solides car « ces produits étaient dangereux, pas conformes à la législation et leurs distributeurs n’étaient pas officiellement enregistrés » a expliqué un officiel du ministère, ajoutant que c’est lors de banales visites de contrôle que les inspecteurs ont trouvé les produits frauduleux. Selon cet officiel, 3801 distributeurs officiels d’engrais sont enregistrés et eux seuls peuvent vendre les engrais de qualité validée par les services du ministère. Malheureusement, conclut cet officiel, les frontières sont très poreuses, notamment au niveau de l’état de Kachin où la guerre civile larvée persiste et avec elle la possibilité de multiples petits trafics néfastes.

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