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Shwesabwe, un restaurant gastronomique français pas comme les autres…

Par Julie Das | Publié le 06/12/2017 à 20:00 | Mis à jour le 06/12/2017 à 20:00
Shwe_Sa_Bwe_logo

Manger des plats traditionnels français dans un cadre raffiné et zen tout en soutenant un projet social et éducatif… c’est exactement ce que propose Shwe Sa Bwe, le seul restaurant gastronomique "solidaire et responsable" à Yangon qui a crée il y a 6 ans, une école de formation à la cuisine française destinée aux jeunes birmans issus de milieux ruraux.

Son fondateur, François Stoupant, étudiant en histoire et archiviste de formation, a travaillé pendant de longues années à la Croix Rouge puis en tant que professeur de français. Amoureux de la bonne cuisine française et passionné par l’humanitaire et le social, il crée en collaboration avec sa partenaire birmane, une formation sur mesure de 11 mois dont le but est d’enseigner les clés de la cuisine traditionnelle française et du service à l’occidental à des jeunes birmans enthousiastes, en quête de réussite et d’épanouissement personnel. Tous les ans, plus de 200 jeunes birmans issus de milieux à faibles revenus, posent leur candidature pour intégrer la formation culinaire gratuite la plus complète qui existe en Birmanie: aucune expérience professionnelle préalable n’est requise, juste le baccalauréat. Par contre, la sélection se fait essentiellement sur des critères humanistes qui correspondent aux idéaux de son fondateur: la bienveillance, la gratitude et le respect d’autrui.

Pour chapeauter ce projet social ambitieux, François a engagé Margot Mongibeaux, parisienne de 30 ans, sortie de l’école d’hôtellerie de Savignac et spécialisée dans la formation du personnel. Margot est à l’image de François: une jeune femme naturellement patiente, rigoureuse, exigeante dans son travail et à l’écoute de chacun. Elle utilise un style de management très humaniste, basé sur l’entraide, le respect d’autrui, l’esprit de famille et la zénitude. C’est la clé de la réussite selon elle. Les étudiants qui viennent de contrées rurales lointaines, ont besoin de se sentir aimés, entourés, protégés et respectés. Ainsi ils donnent le meilleur d’eux-mêmes et arrivent à trouver la force en eux pour réussir et s’épanouir. "Quand les jeunes arrivent, ils ne parlent pas anglais", me livre Margot. "Ils n’ont pas confiance en eux et viennent de villages reculés avec seulement le bac en poche. Ils ont été recrutés sur leur goût de l’effort, leur détermination et leur aptitude à la discipline et au travail. Mon défi quotidien est d’établir un rapport avec eux, d’apprendre à les connaître, d’identifier leurs talents et de les aiguiller vers un corps de métier qui correspond à leur personnalité et leurs aptitudes. Nous avions par exemple un jeune homme qui a commencé par apprendre les techniques de la cuisine traditionnelle et en l’observant au jour le jour, j’ai compris qu’il était encore beaucoup plus patient que les autres, méticuleux et plus pointilleux et qu’il ferait un excellent pâtissier. Eh-khae-law est aujourd’hui notre Chef pâtissier et il a su trouver dans la pâtisserie une expression de lui-même. Il excelle dans ses créations… pour n’en citer qu’une: la tarte crème brûlée à la marmelade d’orange, un pur délice."

Win Mu est un autre exemple de force de caractère et de détermination. Elle a rencontré François lors de l’une de ses visites dans le monastère où elle aidait à la cuisine et même si elle ne rentrait pas dans les critères de sélection d’âge, elle a pu suivre la formation et s’est passionnée par son travail pour devenir aujourd’hui Chef de cuisine. Pour affûter sa créativité, elle travaille volontiers avec des Chefs étrangers bénévoles qui sont de passage pour quelques mois au Shwe Sa Bwe. Il est certain que Margot ne travaille pas toute seule. Elle a mis en place un système de binômes qui permet aux nouveaux étudiants de se sentir épaulés. Un jeune débutant est toujours accompagné par un formateur qui l’observe dans les moindres détails, le corrige, le rassure et l’encourage. Au Shwe Sa Bwe, on discute de tout, on échange des critiques constructives et on avance ensemble vers un même objectif de bien-être et de solidarité. Il n’y a pas d’esprit de compétition: on travaille dans une atmosphère positive basée sur la communication, la franchise et l’honnêteté. En 6 ans, la structure a formé une centaine d’étudiants dont dix sont restés pour travailler en tant que formateurs.

Ce que Margot adore dans son travail, c’est le partage, la transmission du savoir et la satisfaction de voir ces jeunes diplômés engagés dans des grands hôtels, des grands restaurants avec des chefs de renom ou sur des bateaux de croisières de luxe et finalement de les voir épanouis et récompensés par leurs efforts et leur détermination. Mais elle est ambitieuse et ne se satisfait pas de cette réussite. Elle a deux projets qui lui tiennent à cœur: monter une école d’hôtellerie comme on en trouve en France ou en Suisse où les étudiants pourraient être formés aussi à la gestion, l’informatique, la vente, le marketing et être capables de monter des projets d’entrepreneuriat par eux-mêmes. Ainsi que l’ouverture d’une école dédiée uniquement à l’art de la pâtisserie. A bon entendeur!

Shwe Sa Bwe recherche un "Chef guest" spécialiste de la cuisine "sous vide".
Contact email: shwesabwe@gmail.com / Téléphone: 09 42 100 50 85 (ou le fixe 01 66 19 83)

1 Commentaire (s)Réagir
Commentaire avatar

jeef ven 08/12/2017 - 11:13

J'ai eu l'occasion de dîner au Shwesabwe lors d'un voyage en Birmanie. J'ai été frappé par la qualité de l'accueil, des mets et du service, attestant d'un professionnalisme et d'une exigence surprenants de la part de jeunes gens et de jeunes filles récemment issus de villages birmans. Un professionnalisme teinté de gentillesse, de modestie et d'une volonté très touchante de bien faire. Le cadre, les mets, les prix (un dîner de gourmet pour environ 25 à 30 dollars) sont sans équivalent à Rangoon. Un grand bravo à son fondateur et à sa manager qui doivent avoir la grande satisfaction de donner du plaisir à tout le monde: d'abord à leurs étudiants, ensuite à leurs convives et enfin à eux-même.

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