Les autorités sanitaires birmanes ont lancé en début de semaine la première campagne d'envergure afin de sensibiliser la population aux effets néfastes et souvent dévastateurs de la tabagie, mais aussi de la consommation de produits cancérigènes comme la Noix de Bétel. Cette campagne d'information, destinée au grand public, sera initialement diffusée pendant six semaines, à partir du 11 septembre 2017, à la télévision et à la radio. Menée par le ministère birman de la santé, en collaboration avec l'ONG sanitaire People's Heath Foundation et l'agence Vital Strategies, elle mettra l'accent sur les dangers que comporte le fait non seulement de fumer, mais aussi de chiquer le tabac ou la fameuse noix enveloppée d'une feuille. Cette activité concerne quelque sept millions de "chiqueurs" quotidiens, selon les dernières estimations du ministère de la santé. Selon les mêmes sources, chaque année, les maladies liées à cette consommation (et en premier lieu des cancers de la bouche) tuent pas moins de soixante mille personnes, soit près d'un dixième de la population de la Birmanie, a rappelé le ministère de la santé lors de la cérémonie de lancement de la campagne, lundi, dans la capitale Nay Pyi Taw. Désormais, l'objectif des campagnes grand public est de frapper fort en dissuadant les consommateurs. Budget annoncé pour cette première campagne du genre : 250 millions de Kyats Les piliers de cette première vague sont deux documentaires vidéos de 30 secondes, qui misent clairement sur la peur : ils mettent en vedettes des malades (pour certains défigurés), soit en voix off, soit en images. Invariablement, le message final sera : "Ne fumez pas et ne mâchez pas de Noix de Bétel. Sinon, vous deviendrez comme ça". Concernant spécifiquement la Noix de Bétel, les autorités sanitaires birmanes, qui ont même envisagé d'interdire sa consommation, n'ignorent pas que le défi est de taille : ce produit occupe une place prédominante dans les traditions birmanes. "Certes, chiquer de la Noix de Bétel tient un grande place dans les coutumes du pays. Sauf qu'aujourd'hui, on trouve aussi dans sa composition du tabac et d'autres produits chimiques inconnus. Et ça, ça augmente le risque de cancer", a souligné le Dr Phyu Phyu Aye, Directeur des services d'information et de promotion au ministère de la Santé et des Sports. "Parfois, il faut savoir laisser tomber les traditions quand elles deviennent dangereuses pour la santé", a renchéri pour sa part Ilona van de Braak, conseillère en communication et en stratégie au ministère birman.
La rédaction (www.lepetitjournal.com/Birmanie) Mercredi 13 Septembre 2017







