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Pascaline Griffon : Une amoureuse de l’Asie à la CCI

Par Marie-Sophie Villin | Publié le 18/03/2018 à 20:00 | Mis à jour le 18/03/2018 à 20:00
Pascaline Griffon de la Chambre de Commerce et d'Industrie France Birmanie

C’est dans son petit mais confortable bureau de la Chambre de Commerce et d’Industrie France Myanmar (CCI) que Pascaline Griffon nous reçoit. Grande amoureuse de l’Asie et de sa diversité, elle est depuis maintenant un peu plus d’un an la responsable service d’appui aux entreprises de la CCI.

Elle a beaucoup voyagé, vécu dans un grand nombre de pays – surtout asiatiques – et nous déroule un CV impressionnant par son internationalité, mais c’est de Cholet, dans le Maine-et-Loire, que la jeune femme de 26 ans est originaire. Elle y a grandi et fait sa licence en management international à l’ESSCA (Ecole Supérieure des Sciences Commerciales d’Angers). C’est ce premier cycle d’études qui lui permet, en 2010, de s’expatrier pour la première fois. Elle se retrouve ainsi à Shanghai pour un semestre d’échange universitaire, dans la filière que son école y a développée. "C’est là que je suis tombée amoureuse de l’Asie", confie-t-elle. Elle enchaîne ensuite avec un stage de six mois à Ho Chi Minh, en tant que responsable de boutique chez Papaya Tshirts, et sa première impression ne fait que se confirmer. Ses deux années de master, Pascaline les effectue à Marne-la-Vallée, à l’Ecole Supérieure de Commerce International. A nouveau, elle profite de chaque opportunité pour découvrir un peu plus le monde. En 2013, c’est aux Etats-Unis, à Buffalo, qu’elle est sélectionnée pour faire un semestre académique. Puis, elle s’aventure en Thaïlande, à Koh Phangan, où elle effectue un stage de trois mois dans un établissement hôtelier pour développer des partenariats avec des entreprises.

En 2014, elle a trois semaines de libres et décide de prendre des vacances avec son frère. Leur destination ? Ce sera la Birmanie. "J’ai vu un reportage qui m’avait beaucoup intriguée", explique-t-elle, faisant référence au documentaire Birmanie, la dictature de l’absurde de Gaël Bordier et Tristan Mendès-France. De son voyage, elle retient principalement "la gentillesse des gens", qui l’émerveille et qui brise l’image stricte qu’elle avait pu avoir du pays. "Quand je suis revenue en France, j’ai décidé de faire mon mémoire de fin d’études sur l’impact du tourisme en Birmanie". Mais elle s’est vite rendue compte, lors de la rédaction de ce mémoire, qu’il lui manquait le "côté pratique", et était curieuse de savoir comment se passait réellement le business en Birmanie, loin des cours de son école de commerce. Elle retourne donc à Yangon pour six mois, en stage à Consult Myanmar, un cabinet de conseils qui aide les entreprises étrangères à s’implanter en Birmanie.

Après avoir déjà découvert un certain nombre de pays asiatiques et ne s’étant pas lassée de cette bouillonnante région du monde, elle s’est décidée à découvrir les Philippines, où elle est restée un peu plus de six mois. "C’est un pays complètement différent", qu’elle prend plaisir à découvrir, mais en novembre 2016, elle préfère retourner en Birmanie. "C’était mon pays coup de cœur". De tous les pays dans lesquels elle a pu vivre, Pascaline l’affirme, c’est la Birmanie qu’elle a préférée. Elle y trouve un travail pour le site de recrutement myjobs.com. « Le fait que je connaissais déjà le pays, que je savais dans quoi je m’engageais, ça leur a donné envie de m’embaucher » confie-t-elle. Puis finalement, un poste à la CCI se libère et lui est proposé. "J’ai tout de suite accepté. C’était vraiment ce que je voulais faire, ce que j’avais déjà fait en stage."  Si on lui demande de décrire la Birmanie, ce sont des surprises constantes qui rendent le quotidien déroutant, dont elle parle en premier. Elle évoque aussi l’environnement très stimulant, surtout pour les entreprises, se disant heureuse "d’assister à cette ouverture du pays". La Birmanie offre des opportunités professionnelles qu’elle n’aurait jamais pu avoir en France. "La position que j’ai aujourd’hui à 26 ans ici, je ne l’aurais pas en France." Son intégration à Yangon s’est faite très facilement. Elle rappelle que la communauté francophone est plutôt petite, et qu’il est donc facile de rencontrer du monde, à l’Institut Français de Birmanie (IFB) par exemple. 

De son stage, elle garde d’ailleurs des amis birmans, mais le poids des différences culturelles et de langage fait que c’est malheureusement souvent compliqué. "C’est plus facile avec les repats, ceux qui ont vécu à l’étranger" nous affirme-t-elle. Pascaline apprend de plus, depuis maintenant 6 mois, le birman. Elle prend des cours trois heures par semaine à l’IFB, et même si elle avoue trouver la langue plutôt compliquée, les notions qu’elle y a acquises lui sont utiles dans son travail et dans la vie de tous les jours. Son travail du reste, elle dit l’adorer. La CCI donc, a pour but de développer les liens économiques entre la France et la Birmanie, et d’aider ses membres (quelque 150 entreprises) avec différents services tels que des évènements, des mises en relation, des formations, de l’aide au recrutement, des conférences, missions d’implantation etc.  Pascaline y est principalement responsable de trois grands domaines, à travers son poste de responsable du service d’appui aux entreprises : elle est en charge des missions d'implantation des entreprises, s'occupe de tous les événements, de leur mise en place à leur organisation, et gère également la partie ressources humaines (formations et missions recrutement). Depuis peu, elle est également en charge de coordonner et soutenir le comité femmes d’affaires récemment mis en place par la CCI. L’équipe de la CCI, composée de huit personnes dont deux Français basés à Yangon et d’une Birmane basée à Mandalay, est selon ses dires conviviale, ce qui lui permet de s’épanouir dans son travail.

Pour les années à venir, elle se projette ainsi, sans hésitation, à Yangon, ne se sentant pas encore prête à revenir en France. Son travail à la CCI ne la lasse en aucun cas, et la vie en Birmanie non plus. Chaque jour lui offre de nouvelles découvertes et des occasions de comprendre l’histoire et la culture du pays. Au nouvel arrivant, elle conseille d’être patient, de s’ouvrir et d’être à l’écoute, de ne pas juger. Tout comme elle continue de le faire chaque jour.

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