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L’or suscite l’engouement des Birmans

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 21/06/2020 à 23:00 | Mis à jour le 21/06/2020 à 23:00
De l'or en BIrmanie

Il fut longtemps commun de dénommer la zone continentale aujourd’hui couverte par les pays d’Asie du Sud-Est par l’appellation d’Indochine, afin de marquer – dans l’esprit des Occidentaux – le passage progressif de l’aire culturelle indienne à celle de la Chine. Aujourd’hui cette vision est datée et obsolète. Après tout, la Birmanie a des frontières avec l’Inde comme avec la Chine, et celles avec cette dernière sont longues de 2185 kilomètres, soit une fois et demi de plus que celles avec l’Inde (1463 kilomètres). D’ailleurs, c’est bel et bien avec la Chine que la Birmanie partage la délimitation territoriale la plus étendue, loin devant celle avec la Thaïlande (1 800 kilomètres).

Pourtant, s’il est bien un sujet que les Birmans partagent avec les Indiens – sans devoir discuter de qui aurait influencé qui… - c’est leur passion commune de l’or. Dans les villes birmanes comme dans les cités indiennes, il existe toujours plusieurs quartiers où les boutiques de vente d’or s’alignent par dizaines, en apparence à peu près toutes identiques à un œil profane, et toutes avec des clients la plupart du temps. En Birmanie, cette confiance dans l’or repose à la fois dans le goût, mais aussi dans le discrédit des banques, qui explique que la population ne fait que très peu confiance à ce genre d’établissement et préfère largement thésauriser en métal précieux.

Un autre facteur joue en faveur de l’achat d’or : la boutique vendeuse a l’obligation de racheter l’objet vendu, quel qu’en soit le prix, au prix de vente de départ, auquel, selon les conditions de vente, on retire un pourcentage qui dépend des dates d’achat et de revente, ou, autre cas, cela se fait au cours du métal précieux sur le moment. Un système peu favorable aux commerçants, qui doivent conserver en permanence une forte trésorerie et qui se retrouve parfois à devoir racheter cher un bijou vendu à une moindre valeur – il faut bien négocier au moment de la vente. En revanche, le mécanisme, qui ressemble fortement à une sorte de leasing, encourage les Birmans à acheter puis revendre très régulièrement afin de changer de bijoux – des boucles d’oreille contre un collier, etc. – et parfois d’acheter un peu mieux à chaque fois, de la même manière que des Français le font souvent d’un logement, achetant, revendant, pour obtenir un peu mieux à chaque opération…

Et évidemment, la crise de la Covid-19 a bien marqué ce commerce, au point que le gouvernement avait ordonné la fermeture des boutiques au plus fort de la crise. Depuis fin mai, les magasins d’or ont rouvert et la question se posait de savoir qui, entre ceux dans l’obligation de vendre parce qu’ils ont perdu leur emploi, par exemple, et ceux soucieux de mettre de côté par crainte d’une instabilité monétaire (le kyat birman n’est pas convertible à l’extérieur du pays) : les fourmis l’emportent, et le marché local subit une forte hausse, le cours de l’or a augmenté. En avril, il a atteint de l’ordre de 1 600 euros pour une once (environ 28 g) alors que fin janvier il était à 1 400 euros. Et depuis début juin, le cours du métal jaune a encore augmenté en Birmanie, une tendance mondiale, comme le constate le président de l’association des entrepreneurs d’or de la région de Yangon : « Le prix mondial de l'or a atteint un niveau record en dix ans parce que les gens épargnent de plus en plus en or ».

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