« Les sportifs aussi peuvent être désobéissants »

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 03/05/2021 à 22:00 | Mis à jour le 04/05/2021 à 11:08
Photo : Le nageur Win Htet Oo
Win Htet Oo Jeux Olympiques refus renonce

Win Htet Oo est l’un des meilleurs nageurs birmans et il s’entraîne à Melbourne depuis 2017 dans l’espoir de participer aux Jeux Olympiques de Tokyo et pourquoi pas d’y obtenir un résultat appréciable. Il pensait avoir fait le plus dur en 2019 lors des Jeux d’Asie du Sud-Est, lorsqu’il a réalisé le temps minimal pour pouvoir se rendre à Tokyo et concourir sur la distance du 50 m libre. Mais la Covid-19 a eu raison de la deuxième plus grande manifestation sportive de la planète et Win Htet Oo a dû reporter d’un an ses rêves de grandeur. Du moins le croyait-il… Car le report est devenu renoncement après le coup de force des généraux le 1er février 2021.

« Maintenant, ce n’est plus possible d’aller aux Jeux. Accepter le Comité Olympique Birman dans sa composition actuelle serait reconnaître la légitimité du régime meurtrier actuel », explique-t-il sur sa page Facebook. Et d’ajouter qu’il se refuse à devenir « un instrument de propagande du pouvoir actuel ». Pour la cérémonie d’ouverture, « je ne me vois pas marcher derrière le drapeau birman lors de la parade des Nations, tout sourire et faisant comme si de rien n’était et que tout va bien au pays alors que ce même drapeau est tâché de sang. J’ai donc décidé de mettre fin à mon rêve d’enfance et de renoncer aux JO pour montrer à mes concitoyens que les sportifs aussi peuvent prendre part au mouvement de désobéissance civile (CDM) » explique-t-il.

 

Le CIO refuse qu'il concoure comme indépendant

Win Htet Oo affirme avoir écrit au Comité international olympique (CIO) afin d’obtenir l’autorisation de concourir en tant qu’athlète indépendant mais il a été débouté, notamment parce que pour l’instant, selon le CIO, le nageur n’a pas été officiellement inscrit aux Jeux.

Win Htet Oo travaille comme maître-nageur sauveteur dans un centre sportif ou d’autres nageurs se préparent aux jeux. Et il affirme être triste mais n’avoir aucun regret de sa décision : « C’est certes le rêve d’enfance d’un individu qui s’évapore, mais en Birmanie se sont les rêves et les espoirs de millions de jeunes qui partent actuellement en fumée ».

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