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L’écotourisme pour donner un nouveau visage au lac Indawgyi

Par Marie-Sophie Villin | Publié le 07/06/2018 à 20:00 | Mis à jour le 07/06/2018 à 20:00
Photo : Crédit Face of Indawgyi
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Un lac, un village et une organisation de tourisme éco-responsable : c’est le lac Indawgyi, le village de Lon Ton et l’organisation Face of Indawgyi. Un site encore méconnu de l’industrie du tourisme, que les membres de cette initiative s’activent à développer tout en respectant la nature du lieu et les intérêts de ses habitants.

Le lac Indawgyi, plus grand lac de Birmanie et troisième plus grand lac d’Asie du Sud-Est, est situé dans une région éloignée des circuits touristiques, dans la municipalité de Mohnyin de l’état de Kachin. La pagode Shwe Myintzu construite sur le lac il y a plus de 150 ans est un lieu religieux majeur vénéré par les bouddhistes du pays. La région a été classée réserve de biosphère par l’UNESCO en juin 2017, en reconnaissance de la présence de nombreuses espèces rares de faune et de flore, notamment des oiseaux comme la talève sultane ou l’anhinga roux. En 1999, le ministère birman de l’Ecotourisme y avait déjà créé la Réserve Sauvage d’Indawgyi, sanctuaire protégé de 800 km². Passé de 17 touristes annuels il y a six ans à 600 cette année, le potentiel touristique de ce site est indéniable. 

Face of Indawgyi veut aujourd’hui y promouvoir un tourisme durable qui profiterait aux communautés locales et protégerait l’écosystème de la réserve. Leur idée de départ est qu’en se basant sur les besoins de la communauté, l’impact sur l’environnement ne peut qu’être minime. L’organisation se concentre pour cela sur quatre piliers : les opportunités professionnelles, la conservation de la culture, la préservation de l’environnement et le développement d’une entreprise durable. Les activités liées à la pêche ou à l’agriculture ne suffisent pas aux communautés vivant autour du lac d’Indawgyi pour survenir à leurs besoins. Elles se voient donc dans l’obligation de rejoindre les mines d’or, de jade, les activités d’extraction de teck ou d’autres bois dans la forêt. Des activités détruisant tant la santé des travailleurs que leur riche environnement. Face of Indawgyi veut leur proposer des alternatives dans le secteur du tourisme. "En apprenant du lac Inle et des autres endroits qui ont été surexploités, j’espère que nous pourrons éviter la destruction de cet environnement. Cette région est déjà reconnue par le monde et nous devons la préserver avec notre amour et notre conscience. Pour moi, ce n’est pas juste une destination touristique mais aussi ma maison et ma famille. Le tourisme peut être une bonne chose tant que nous travaillons ensemble pour le faire correctement" commente Ko Tun Tun Oo, coordinateur du projet et expert environnemental natif d’Indawgyi.

Crédit: Face of Indawgyi

De multiples projets ont ainsi été mis en place dans les villages autour du lac Indawgyi. L’organisation s’est engagée dans la préservation d’un des principaux aspects culturels de toute région, la langue, ici menacée de disparition après que la junte ait tenté de l’effacer. Elle permet à un linguiste de conduire pour la première fois des recherches sur le Shan-ni et de créer des archives en digitalisant les textes bouddhistes retrouvés sur les rouleaux de bambous trouvés dans le monastère de Ton Lon. Le Shan-ni serait parlé par quelques millions de personnes, principalement dans l’état de Shan mais aussi dans l’état de Karen et dans le nord de la Thaïlande. Si les générations les plus âgées le parlent encore, les plus jeunes ne sont que très peu à l’utiliser. L’éducation est mise en valeur par des partenariats avec par exemple le laboratoire d’innovation et incubateur d’entreprises Phandeeyar pour développer les compétences en informatique des élèves. L’organisation a aussi parrainé une étudiante pour lui permettre d’étudier l’anglais, l’informatique et les affaires à l’université de Yangon avant de rejoindre l’équipe de Face of Indawgyi en juin 2018. Un autre étudiant suit actuellement le même parcours qu’elle.

Crédit: Face of Indawgyi

Des campagnes de sensibilisation à un grand sujet d’actualité, la pollution, ont en outre été menées, avec notamment la mise en place de poubelles en bambous dans les villages autour du lac. Leur dernier projet est une maison d’hôte à impact social, la Lon Ton Social Impact Guesthouse. En plus d’accueillir des touristes, ce lieu abritera une école de formation hôtelière et aux différents métiers liés à l’activité touristique. Pour les bénéficiaires, cela signifie l’accès à une formation puis à un contrat de travail. "Cette maison d’hôte à impact social est ce qui va rendre toutes ces initiatives durables sur le long terme. Chaque aspect de Face of Indawgyi a pour but de servir la communauté. Si nous pouvons récolter plus de 70 000 dollars américains, nous n’aurons pas besoin d’investisseurs ce qui signifie que nos projets pourront avancer plus rapidement et commencer à apporter des changements positifs" explique Stephen Traina-Dorge, directeur général de Face of Indawgyi. L’organisation a lancé en début de semaine une campagne de financement afin de mener à bien son dernier projet, source d’espoirs pour les communautés vivant autour du lac Indawgyi.
Lien vers le site Indiegogo pour soutenir le dernier projet de Face of Indawgyi : ici

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