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Le corps d’une fillette exhumé à Hpa-An

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 24/11/2019 à 19:42 | Mis à jour le 24/11/2019 à 19:42
Suicide fillette Hpa An Birmanie

Nang El Lar Shu était née en Thaïlande, de parents birmans travailleurs émigrés, et des l’âge de 2 mois, elle avait été confiée à sa grand-mère, dans le village de Ta Mo Sein, près de Hpa-An, la ville principale de l’état de Kayin. Elle est morte 10 ans plus tard, le 3 novembre 2019, et sa grand-mère l’a alors enterrée selon un rite karen. L’ennui est que la mort de cet enfant n’a pas été naturelle… Elle a été retrouvée pendue.

La police locale n’a été mise au courant de l’histoire que le 15 novembre dernier, bien trop tard pour examiner le cadavre. Une enquête a été conduite auprès du voisinage et de la famille présente à Ta Mo Sein, et les témoignages dressent la figure d’une petite fille triste qui réclamait régulièrement ses parents et pleurait beaucoup en déclarant qu’ils lui manquaient terriblement. Pour les voisins, l’enfant se serait suicidée et la grand-mère l’a enterrée rapidement en accord avec les pratiques karen locales.

La police s’interroge cependant sur un cas possible de maltraitance et a donc décidé d’exhumer le corps afin que soit procédé à une autopsie complète qui donnera des indications sur ce qui a pu se passer. Une telle exhumation est extrêmement rare en Birmanie. D’abord parce que les bouddhistes pratiquent presque toujours la crémation, même si cela relève de la pratique et pas de l’impératif religieux, et ensuite parce que même dans les cas d’enterrement, les Birmans étant dans l’ensemble extrêmement superstitieux, toucher à un mort leur est particulièrement pénible.

Quelle que soit au final la conclusion de l’enquête, il convient de se souvenir que plus de deux millions de Birmans travaillent aujourd’hui à l’étranger, et qu’une bonne partie de la population se retrouve aussi en situation de migration interne. Le cas de Nang El Lar Shu, élevée par des proches qui ne sont pas ses parents, est malheureusement commun. Et si souvent la famille fait preuve de dévouement, d’attention et d’affection, il existe aussi bien des cas d’abus, de maltraitance ou simplement de dépression de l’enfant. Une situation malheureusement commune dans tous les pays dont une part des citoyens fuit la misère à travers l’émigration économique.

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