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La culture du muscle en Birmanie

Par Marie-Sophie Villin | Publié le 10/07/2019 à 14:18 | Mis à jour le 10/07/2019 à 14:34
Photo : Aung Swe Naing, culturiste vedette en Birmanie
Aung Swe Naing, culturiste vedette en Birmanie

Il faut remonter en 1936, lors des Jeux Olympiques d’été de Berlin, pour trouver les débuts du culturisme birman. Le sportif Zaw Weik y concourrait en effet, premier Birman à participer à une compétition sportive de rang international. Mais la Birmanie n’avait pas sa propre équipe : le pays n’existait pas encore et sa délégation même était vue comme peu importante, aussi Zaw Weik concourrait dans l’équipe indienne, annexée à la délégation de l’empire britannique. Il n’est arrivé que 15ème mais sa seule présence à Berlin a suffi à rendre le culturisme immensément populaire à travers son pays. Les décennies de junte militaire ont ensuite affecté le culturisme comme tous les autres sports. Il n’est plus mis en avant, perçu comme trop spectaculaire et subversif.

En 2013, l’organisation des SEA Games (Jeux d’Asie du Sud-Est) en Birmanie pour la première fois depuis 1969 marque le retour du pays sur le devant de la scène régionale, sportive mais pas seulement. La Birmanie s’y montre à nouveau capable de s’intégrer dans une compétition, de s’ouvrir à l’échange et donne des preuves des réformes économiques et politiques qui l’amènent à se développer et de son ambition de regagner le respect de ses voisins. Le culturisme est notamment le sport dans lequel les Birmans veulent s’illustrer, dans lequel ils ont une chance de gagner : ils y reçoivent une médaille d’or et deux médailles d’argent. Depuis, le culturisme continue de gagner en notoriété. Il voit ses champions adulés à travers le pays et ses adeptes sont de plus en plus nombreux. Ces derniers recherchent un mode de vie bon pour leur santé tant physique que morale. Le régime alimentaire du culturiste est en effet des plus stricts afin d’être le plus bénéfique possible au corps et demande une hygiène de vie irréprochable. Ils veulent aussi se créer un corps plus puissant, loin de celui habituellement frêle des asiatiques et qui pourtant est aussi très populaire ici. Certaines femmes commencent aussi à se lancer dans le culturisme. Elles font cependant souvent face aux réticences de leur famille, souvent conservatrice et qui ne voit pas d’un bon œil la transformation de leur corps. Il y a quelques décennies, elles devaient d’ailleurs encore porter un longyi lors des compétitions. Elles commencent seulement à avoir accès à des compétitions internationales et des entraînements dignes de ce nom.

Aung Swe Naing, lauréat du titre de Mr. Myanmar à trois reprises, est l’un des champions des SEA Games et sans doute le culturiste le plus connu et idolâtré de Birmanie. Il avait participé à la création de la Fédération Birmane de Culturisme et de Sports Physiques en 1990. L’actuel président en est Hla Myint Swe. Est-ce qu’il aime le culturisme ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, non. Il lui préfère largement l’art. Mais à cause de son rang dans l’armée, il a été positionné à ce poste. Il est aujourd’hui président d’une fédération pauvre, sans réels moyens ni infrastructures ou entraîneurs suffisamment experts pour tirer le meilleur des culturistes birmans.

Le nombre de salles de sport explose aujourd’hui. Elles sont de plus en plus équipées, proposent des entraînements sur mesure. Les magasins vendant des protéines ou autres aliments pour sportifs tirent également avantage de cette tendance, fleurissant dans tous les centres commerciaux. Et ce développement des infrastructures et des moyens paie : les Birmans remportent de plus en plus de titres dans ce sport auquel rien ne semble les prédestiner à exceller. Lors du 9ème Championnat Mondial de Culturisme et de Sports Physiques à Oulan Bator en Mongolie le 6 octobre 2017, deux Birmans, Htun Htun Aung et Htun Minn ont été récompensés parmi plus de 400 sportifs de 134 pays dans 42 catégories et ont remporté respectivement la médaille d’or dans la catégorie des plus de 60 kilos et la médaille d’argent dans la catégorie des plus de 65 kilos. Ils sont donc attendus au tournant pour les prochains SEA Games, en 2019 dans la ville de Capas aux Philippines.

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