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Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie

Par Marie-Sophie Villin | Publié le 16/05/2018 à 20:00 | Mis à jour le 16/05/2018 à 20:00
17 mai - Journée internationale contre la transphobie et l’homophobie_Birmanie

Depuis 2005, chaque 17 mai a lieu la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie. Le thème de cette année est le droit des personnes LGBTI dans le monde. 

La date du 17 mai a été choisie pour commémorer la suppression de l’homosexualité de la liste des maladies mentales par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en 1990. La Fondation Emergence, qui lutte pour défendre les droits des LGBTI (Lesbiennes, Gays, Bi, Transexuels, Intersexuels) au Québec, avait mis en place dès le 4 juin 2003 une journée nationale de lutte contre l’homophobie. Aujourd’hui, cette journée est célébrée dans plus de 130 pays à travers le monde, dont 37 dans lesquels les relations entre personnes de même sexe sont illégales. C’est le cas de la Birmanie.

En Birmanie, l’article 377 du code pénal indique que les relations entre personnes de même sexe sont punis de 10 ans d’emprisonnement jusqu’à la prison à vie. Si le régime militaire ne permettait aucun écart, les choses commencent à changer depuis que le gouvernement civil a pris le pouvoir en 2016. Les organismes se battant pour les droits des LGBTI font de plus en plus entendre leur voix. Le 17 mai 2012 a eu lieu la première gay pride. Depuis 2013, des soirées FAB sont régulièrement organisées à Yangon, ouvertement destinées à la communauté LGBTI. Le premier mariage gay non-officiel a été célébré à Yangon en 2014, certes non sans l’indignation de la société conservative. En 2016, le film The Gemini de Nyo Min Lwin est le tout premier film de l’histoire du cinéma birman à traiter du sujet de l’homosexualité et à être projeté à Hollywood. Il raconte l’histoire de deux hommes séparés après que l’un d’eux ait été marié de force. Ces quelques points montrent que les mentalités évoluent doucement mais la loi n’a pas changé. Les organisations de défense des droits LGBTI redemandent, à l’occasion de cette journée internationale, l’abolition de l’article 377 et une protection contre les attaques et les discriminations homophobes. En 2013, Aung San Suu Kyi, qui était alors dans l’opposition, avait déjà appelé le gouvernement à dépénaliser l’homosexualité. Rien n’a encore été fait en ce sens.
La stigmatisation envers les homosexuels reste en effet très forte. Il est mal vu dans la conservative société birmane pour des couples de même sexe de s’afficher lors de soirées : nombreux sont ceux ayant expérimenté l’intervention du gérant du lieu pour leur demander de partir. Un autre problème majeur est celui de l’absence d’éducation à la sexualité et de la non-utilisation de préservatifs, que beaucoup ne se procurent pas par honte, et qui génère un haut risque de propagation du SIDA.

Le 17 mai est l’occasion de rappeler tout cela et d’appeler à nouveau à la défense des droits des LGBTI. Hier, mercredi 16 mai, l’Institut Français de Birmanie a ainsi organisé, en partenariat avec l’Union Européenne, la projection du film de Robin Campillo 120 battements par minute qui plonge le spectateur dans les années 1990 au cœur du combat d’AIDS contre les discriminations des personnes LGBTI en France. Aujourd’hui jeudi 17 mai, un évènement en collaboration avec l’ambassade de France, l’Union Européenne, Gender Equality Network, Kings N Queens, Diakonia et &PROUD aura lieu au Myanmar Plaza. Au programme : projections de films, exposition de photographies, conférence puis spectacle de danse.

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