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"For Her", décoince le dialogue de l’éducation féminine en Birmanie

Par Inès de Belsunce | Publié le 13/12/2017 à 20:00 | Mis à jour le 13/12/2017 à 20:00
For Her Myanmar

La question du statut des femmes est infinie, comme le prouvent les récents remous de l’affaire Weinstein, et les questions de parité politique et professionnelle qui secouent le monde occidental. Pourtant, à l’Ouest, nous avons fait du chemin, pourtant nous sommes déjà le plus important : éduquées.  

Eduquées par l’éducation nationale, éduquées par des parents moralement libres, éduquées par des médecins compétents sur les réalités du corps, et éduquées par les magazines pour adolescentes qui nous abreuvent de conseils. Je me souviens avec émotion des publications Girl, Jalouse, Jeune et Jolie car j’y apprenais tout : comment se maquiller, comment gérer ses relations amoureuses, comment savoir lorsque l’on a 15 ans si son corps et son cœur sont-normaux? Les birmanes entre 18 et 35 ans, elles, même en environnement urbain, n’ont pas la chance d’un dialogue ouvert sur des sujets féminins. Du moins elles ne l’avaient pas avant For Her Myanmar : un magnifique exemple de ce qui se passe, quand la France entrepreneuriale s’allie à la jeunesse birmane, une communauté digitale ou les jeunes birmanes peuvent parler, de tout.

Au départ il y’a Khin Hnit Oo, 22 ans, et Nilar Myint, 24 ans. Les filles ont beaucoup de questions sur les femmes, et ne trouvent pas les réponses. En 2016, à une soirée de networking organisée par Rocket Internet, les deux jeunes femmes rencontrent Jonathan Kieusseian. Il fabrique des starts-ups pour Rocket avant de monter les siennes dans ce Myanmar en pleine émergence.  Autour d’un déjeuner, et devant le nombre de questions des filles, Jonathan décide d’ouvrir une page Facebook For Her Myanmar. Il les encourage alors à écrire du contenu basé sur leurs vies, les convaincant que "leurs questions et leurs expériences aideront d’autres filles qui se posent les mêmes questions". En novembre 2016, la page Facebook devient un blog et une deuxième tête française rejoint le projet : Héloïse de Montéty. Journaliste, diplômée depuis 5 ans, elle est là en quête d’aventures, pour vivre le développement du pays. L’entente est immédiate et le projet nait sur une ambition commune : "apporter du contenu de qualité dans l’objectif de bousculer les codes birmans tout en respectant la culture locale". Profondément touchée par les deux jeunes filles et motivée par le projet, Héloïse fait grandir le projet en se basant sur son expérience de journaliste et les blogs féminins qu’elle connait de France tels Mylittleparis et Madmoizelle.

Aujourd’hui sous le leadership des deux français, For Her Myanmar est bien plus qu’un blog. L’équipe est composée de 8 journalistes permanents et de 17 Freelancer, qui souhaitent faire de For Her Myanmar "une source d’informations fiable et une référence pour les jeunes birmanes". Ils publient 6 articles par jour, ont lancés un membership club, organisent des évènements pour que les jeunes femmes se retrouvent, vendent une boxe mensuelle remplies de produits de beauté sur le modèle de Mademoizelle et ont été approchés pour gérer l’éditorial de projets externes, parmi lesquels du media télévisé. Curieux, indépendants, et téméraires, leur passion commune pour le projet les réunit, chacun apportant sa liberté, sa rigueur et sa vérité au développement du projet. Les Freelancers sont médecins, journalistes, et elles reçoivent une vingtaine de message par jour : des questions, des problèmes personnels.  L’équipe dit que "For Her Myanmar existe pour aider les jeunes birmanes à se développer en les amusant et les connectant. Le but est qu’elles deviennent des influences positives sur leurs communautés en étant des forces éducatives, et informatives". Certaines travaillent en cachette car leur environnement social ne leur permet pas de le faire officiellement. L’équipe admet sans fard que "les débats autour de ce qui est bien, ou pas, sont souvent coupes court car les sujets ne s’abordent que difficilement". For Her Myanmar a beau offrir un espace de dialogue sain  et sauf tant en terme de ton et de contenu, les tabous sont solides, pour les bloggeurs et les lecteurs : "les sujets reliés à la chair sont très lus mais peu commentés et partagés par peur du jugement social" nous avoue Héloïse. Les tabous familiaux notamment sont un obstacle à l’engagement des journalistes, car "les parents jouent un rôle important quand à l’engagement des employés". Pour se protéger, l’équipe "a délibérément décidé de ne pas écrire d’articles frontalement politiques ou religieux, et de ne pas faire courir de risques aux bloggeurs." Ainsi, par exemple, un article sur l’homosexualité sera abordé par un biais personnel par une Freelancer qui raconte son coming out. Les articles les plus modernes, comme celui sur l’usage de la "cup", sont écrit par une birmane vivant aux États-Unis.

La touche française fait elle la différence lorsque le contenu est entièrement en birman ?
Pour Héloïse et Jonathan "un certain idéalisme de société" guide leur projet. For her est un produit fabuleux, progressiste, innovant, un produit pour les femmes, pour l’éducation et pour le développement du pays. Un produit rose vif, plein d’enthousiasme. Il n y a pas d’associé birman aujourd’hui. Mais l’équipe est ouverte à rencontrer des gens de profession afin de prendre une autre dimension dans le processus médiatique – et qui sait éducatif – birman…

For Her Myanmar et Bioderma ont organisé le lundi 11 décembre un évènement pour les membres du Club For Her Myanmar dédié au thème des soins de la peau.
Intitulé "Skin Care Talk : Know your skin type and choose the right products", l’évènement a rassemblé près d’une soixantaine de femmes. Trois panélistes ont participé à la discussion : le Vice-Président du groupe Naos (Bioderma), M. Jean-Yves Desmottes, a présenté la technologie utilisée dans l’eau micellaire du produit iconique de Bioderma (Sensibio H20) ; la fondatrice de la clinique de dermatologie Victorious Skin Clinic, Dr. Haymar Moe Myint Win, a expliqué à l’audience les conditions dermatologiques liées aux différents types de peau ; Phyo Day by Day, l'une des Beauty Bloggeuses les plus connues du pays, a partagé ses expériences sur le bon choix qualitatif des produits de beauté disponibles sur le marché. La discussion a été animée par Nandar Linn, experte en beauté pour le site For Her Myanmar. Le but de cet exercice a été de faire connaitre le segment émergent des dermo-cosmétiques jusque-là peu connu en Birmanie et de faire connaitre les maladies dermatologiques. Cet évènement était le tout premier organisé pour les membres du Club For Her Myanmar; extension "offline" du blog féminin Birman forhermyanmar.com. Lancé il y a deux mois, ce Club pour femmes propose trois bénéfices : Une box mensuelle remplie de produits, du contenu "Premium" et des Évènements et Talks réguliers à visée éducatives- dont Bioderma était le premier sponsor. 

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