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Davantage de lutte réelle contre la corruption

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 28/07/2019 à 17:07 | Mis à jour le 28/07/2019 à 17:24
Lutte contre la corruption en Birmanie

Le président U Win Myint a-t-il décidé de s’attaquer sérieusement à la corruption ? Il vient de prendre plusieurs décisions fortes contre certains de ses ministres, envisage une adhésion de la Birmanie à une organisation internationale luttant contre la corruption et dans le même temps son parti, la Ligue Nationale pour la Démocratie, est secoué en interne par une démission et une suspension de personnalités historiques et importantes de l’organisation, pour des suspicions de malversation.

Selon le quotidien local The Myanmar Times, U Win Myint serait sur le point de révoquer son ministre de l’Industrie U Khin Maung Cho « à cause de son implication dans une affaire de corruption ». Dans le même temps, la commission anti-corruption a lancé une enquête contre le ministre de l’Electricité et de l’Energie, son épouse et son adjoint. La commission a notamment réclamé à la Banque centrale de Birmanie qu’elle enjoigne à toutes les banques du pays – y compris les banques étrangères - de fournir la liste de toutes les transactions effectuées sur des comptes appartenant à ces trois personnes, plus l’épouse du ministre-adjoint. Plusieurs médias locaux rapportent aussi une perquisition du bureau du ministre par la commission. En mai 2018, U Win Myint avait déjà exigeait et obtenu la démission de son ministre des Finances pour ses liens avec une affaire de corruption.

Pour sa part, le secrétaire de la Commission Anti-corruption, San Win, a présenté le 24 juillet devant le parlement une proposition d’adhésion de la Birmanie à l’Académie internationale Anti-corruption. Cette organisation a été créée le 2 septembre 2010 à Vienne et compte pour l’instant 74 pays membres, dont dans la région le Bangladesh, le Cambodge, la Chine, l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie, la Thaïlande, les Philippines. Adhérer à cette organisation permettrait de former mieux et plus d’agents anti-corruption et renforcerait considérablement les capacités de la commission à conduire ses actions, a-t-il expliqué avec insistance.

Une commission qui aurait bien besoin de plus d’agents et de moyens pour mener a bien sa mission. Durant le premier semestre 2019, elle a en effet officiellement enregistré 15 646 plaintes, dont 3 320 provenant de la région de Yangon et 2 563 de celle de Mandalay. Sur cette masse, la commission dit avoir traite 14 311 cas, aboutissant à 63 poursuites contre 106 personnes dans 37 affaires différentes ; et après les enquêtes, 109 autres individus sont poursuivis pour des infractions a d’autres lois que celles couvrant la corruption. A côté de ces mesures légales, la commission a aussi émis quelque 650 avertissements officiels ou mesures disciplinaires contre des agents publics, procédant même à 29 radiations de la fonction publique.

Autre conséquence probable de la lutte contre les abus de certains dirigeants, U Aung Soe, membre du comité exécutif de la LND, a démissionné de ses fonctions et de sa formation politique. Il était un vétéran et militant historique du parti de la conseillère d’état Aung San Su Kyi. Si aucune raison n’a été donnée pour cette démission, tout porte à croire qu’il s’agit des suites de l’affaire de corruption pour laquelle Daw Lei Lei Maw, l’ancienne Première ministre de la région de Tanintharyi, a dû démissionner et est actuellement poursuivie. En effet, U Aung Soe est le beau-frère de Daw Lei Lei Maw et celle-ci est accusée d’avoir favorisé sa nièce et son neveu – la fille et le beau-fils de U Aung Soe – pour un emploi et pour un marché public. Aung Soe était aussi député national et président régional de la LND pour la région de Tanintharyi. Par ailleurs, U Myo Yan Naung Thein, secrétaire du Comité central du parti pour la recherche et la stratégie – une entité importante au sein de la LND car elle travaille entre autres sur la révision possible de la constitution du pays – a été suspendu de la LND et de ses fonctions suite à une plainte à son encontre. Le parti a ouvert sa propre enquête. De manière plus générale, le porte-parole de la LND, U Myo Nyunt, reconnaît qu’entre 2015 et 2018, son parti a reçu plus de 900 plaintes contre des membres, plus de la moitié liées à des accusations d’abus de pouvoir afin de s’approprier des terres. Une cinquantaine de plaintes ont mené à des actions internes et 4 députés ont dû démissionner du parti.

Avec les prochaines élections générales prévues en 2020, la LND, qui jusqu’ici comme le montre les chiffres ci-dessus ne s’est pas vraiment sérieusement attaquée à une corruption pourtant très présente, semble avoir compris que sa forte baisse de popularité est aussi liée à cette inaction et qu’il devenait nécessaire qu’elle montre un autre visage sur ce sujet sensible au sein de la population la plus démunie qui en est la première victime.

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