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PORTRAIT - Sébastien Etiemblé, footballeur professionnel en Birmanie

Par Lepetitjournal Birmanie | Publié le 03/09/2017 à 22:00 | Mis à jour le 04/09/2017 à 14:59

Le football, sport universel par excellence, permet à ses membres les plus doués de parcourir le monde pour vivre de leur passion.  C'est le cas de Sébastien Etiemblé, premier joueur français à fouler les pelouses de la Myanmar National League sous les couleurs de Ayeryawady United FC.

Après plusieurs années en France à jouer en CFA ou en National (divisions professionnelles françaises 3 et 4), Sébastien a voulu vivre une nouvelle aventure grâce à son sport. L'un de ses entraîneurs, passé par Singapour, lui avait aussi beaucoup parlé de son expérience asiatique. Et le voici qui débarque dans la cité-État avec sa femme en 2013, avec un contrat de 2 ans pour découvrir ce championnat. Suite à cet épisode, il décide de ne pas en rester là : rattrapé par le syndrome du voyageur, l'envie de découvrir de nouveaux horizons grâce au talent de ses pieds se fait sentir de nouveau. 

Cette nouvelle aventure se concrétise fin novembre 2016 quand son essai avec l'équipe de Pathein se prolonge en un contrat d'un an. Depuis, Sébastien règne dans l'entrejeu de son équipe, juste derrière les attaquants dans un poste de numéro 10, même si son maillot est floqué du 26. Son rôle en milieu de terrain, à un poste stratégique : distribuer à ses partenaires de bons ballons (ou dans le jargon du sport, du caviar), pour réunir les conditions d'un but. Comme ses partenaires, il est actuellement en période d'entraînement avant de reprendre la deuxième partie de la saison 2017. Le Championnat birman se joue sur l'année calendaire mais s'interrompt pendant les mois de la mousson. Le 9 septembre, les 12 équipes reprendront leur course au titre de champion.

Sa journée se compose d'un ou de 2 entraînements, selon la période de l'année. Le week-end, le match est programmé à 15h30 afin de trouver le meilleur équilibre entre éclairage naturel et chaleur déclinante. À Rangoun, où les terrains sont les meilleurs, pratiquement toutes les équipes professionnelles du pays s'entraînent en semaine. Si les partenaires de Sébastien logent tous dans le même immeuble, lui a fait le choix de vivre indépendamment avec sa femme pour pouvoir se couper de temps en temps de la bulle footballistique. Il n'est pas rare de le trouver en train de flâner du côté du Bogoyoke market, en centre-ville.

Jour de match 
Quand le club joue à domicile, dès l'avant veille de la rencontre, le bus de l'équipe emmène tous les joueurs à Patein. Un bus où la musique birmane prend le dessus sur la musique occidentale, vu que les trois joueurs étrangers sont largement minoritaires. Sur place, ils sont logés dans un hôtel, non loin de l'école de foot de Pathein où ils s'entraînent et mangent. Le jour du match, après le briefing du coach, les joueurs ont quartier libre. Une occasion pour les Birmans d'aller prier à la pagode avant le match. Sébastien les accompagne parfois tout en respectant leur espace de prière. Par contre, avant les rencontres, dans les vestiaires, c'est bien Sébastien et ses deux collègues du Cameroun et du Libéria qui font l'ambiance dans les vestiaires? à coup de rap américain. Un rituel pas très orthodoxe, mais qui semble fonctionner : l'équipe de Sébastien est bien placée dans le championnat.

Les matchs se déroulent devant près d'un millier de spectateurs. Une ambiance plus dynamique que le troisième ou quatrième niveau français. Dans les tribunes, les spectateurs sont respectueux et courtois, mais aussi exigeants : ils en veulent pour leur argent et aiment voir leurs joueurs se donner à fond pour leur équipe. Jusqu'ici, donc, pour Sébastien cette aventure de footballeur professionnel au Myanmar est plutôt une réussite. Titulaire incontesté au sein de son équipe, il a su trouver sa place et s'adapter au pays et à l'environnement? Tout en gardant une approche professionnelle avec une hygiène de vie parfaite. D'ailleurs, son expérience suscite la curiosité. Sur les médias sociaux, certains de ses collègues français l'interrogent régulièrement sur son expérience d'expatriation. Lui aimerait que cette expérience professionnelle réussie se prolonge. Mais qui sait où il rebondira l'année prochaine ? En Birmanie ou ailleurs ? Le football n'a pas de frontière pour ses disciples globe-trotteurs.

Charles Dupoizat (www.lepetitjournal.com/Birmanie) Lundi 4 Septembre 2017

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