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PORTRAIT - Olivier Maubon : dans l’ombre des rois du pétrole

Par Lepetitjournal Birmanie | Publié le 23/04/2017 à 22:00 | Mis à jour le 24/04/2017 à 08:01

Il s'agit bien d'huile qui tache mais c'est une huile stratégique et çà les chercheurs l'ont bien compris. Pour les aider à soulever des montagnes lorsque leur flair a senti cette odeur âcre difficilement oubliable, Olivier Maubon, ? leur fournit du personnel. Rencontre avec cet homme de l'ombre.

Olivier Maubon donne plus l'impression de sortir d'une réunion de travail que du fin fond des forages d'or noir. Même si le contact avec la matière n'est pas de son ressort, le trentenaire sait de quoi il parle. Originaire de la région Rhône Alpes, Olivier connaît sur le bout des doigts le prix des barils et leurs potentielles fluctuations que ce soit en Europe ou en Asie. Et pour cause,  l'homme est installé en Birmanie depuis 2014. Dans ce pays dont il a touché le sol en 2006 lors d'un voyage, Olivier travaille pour une société du nom de OGAS Solutions. Cette société a été créée par un français en Thaïlande en 1999 et s'est installé en 2013 au Myanmar. 

Quand l'Asie dicte les pas
L'aventure c'est le mot qui nous vient quand on découvre le parcours du gaillard. Après un BTS en maintenance industrielle, Olivier enfile son sac à dos et part en Asie, ce continent qui le fascine tant. Il y restera quatre mois. À son retour il s'oriente vers une licence B2B en école de commerce, mais un an en France c'est long pour celui qui ne tient pas en place. Le diplôme en poche, il repart faire le tour du monde. Neuf mois en Asie, trois mois en Australie, six mois en Amérique du Sud, le nombre de pays visité est grand au moins autant que l'enthousiasme de son compteur quand il se plonge dans ses souvenirs. "Lorsqu'il fut temps de rentrer en France, j'ai eu du mal à me réadapter au système et j'ai enchaîné les petits boulots, repartant dès que j'avais assez d'argent de côté. Cela a duré deux ans", indique Olivier. 

À 27 ans, réalisant que son niveau d'étude ne lui permettrait pas de décrocher les boulots à l'étranger auxquels il prétendait, le courageux reprit ses études. "J'ai intégré un master en Marketing et Vente BtoB à l'IAE Lyon III en partenariat avec la Chambre de Commerce de Bourges, j'étais motivé pour atteindre mon objectif : m'expatrier", révèle l'homme. Cela tombe bien, la première année il effectue son stage de cinq mois en Thaïlande dans une société fabriquant des équipements de construction. La deuxième année, il effectue son alternance à Schneider Electric à Mâcon, dans une usine spécialisée dans l'appareillage moyenne tension. "La société, présente dans plusieurs pays du monde, j'espérais pouvoir être embauché et partir mais malheureusement seuls les profils expérimentés pouvaient prétendre à ces postes. Impatient j'ai alors fait un VIE en Inde pour la société IMI, un groupe de Besançon spécialisé dans la micromécanique horlogère. L'Inde j'ai adoré mais c'était fatiguant, tout est multiplié par dix et j'avais la volonté de revenir vers l'Asie du Sud-Est". C'est alors que la Chambre de Commerce de Thaïlande lui propose un poste dans un nouveau secteur : le secteur pétrolier. 

La Birmanie, l'autre pays du pétrole
Spécialisée dans l'assistance technique, l'entreprise fournit du personnel aux grands noms du secteur pétrolier installés en Birmanie. Les principaux étant: Total, Petrolas, Daewoo, Eni et un l'opérateur thaïlandais, PTTEP. L'entreprise, dont le siège se situe en Thaïlande, a connu un gros ralentissement en 2016 en raison de la crise pétrolière. "Le prix du baril est descendu à moins de 30 dollars alors qu'il atteignait les 100 dollars à la belle époque", informe Olivier, avant d'ajouter, "Beaucoup de projets ont été retardés mais aujourd'hui les affaires reprennent, on emménage dans un bureau plus grand, on recrute et le prix du baril est remonté à 50 dollars". Olivier a raison d'avoir confiance puisqu'en 2014 le gouvernement a attribué 20 blocs Offshore à une quinzaine de société et ces dernières se sont engagées à faire des opérations d'exploration et des investissements pour stimuler le secteur. Aussi, d'ici 2018, 2019, "les choses vont bouger". 

Amateur de ski et donc d'altitudes, c'est dans la ville de Hpa An qu'Olivier aime se rendre pour avoir sa dose de falaise. Mais ce dernier reste très attaché à la France malgré son parcours de baroudeur : "après la famille et les amis, ce sont les Alpes qui me manquent le plus", s'amuse-t-il. Mais Olivier le dit lui même, "il est heureux au Myanmar". Pour l'avenir, Olivier tient à ce que sa structure devienne indépendante. Revenir en France ? Il y pense, mais pas tout de suite. "J'ai conscience que l'expatriation m'a permis d'accéder à des postes auxquels j'aurais difficilement pu prétendre en France", confie-t-il. Ainsi, l'aventure continue.
Lundi 24 Avril 2017 (www.lepetitjournal.com/Birmanie) Pauline Autin

 

 

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