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CHARLES BONHOMME - "Il y a aujourd’hui plus de 900 étudiants à l'IFB et nous doublons notre public chaque année depuis 2013"

Par Lepetitjournal Birmanie | Publié le 25/09/2016 à 22:00 | Mis à jour le 25/09/2016 à 12:07

Charles Bonhomme est arrivé au Myanmar en octobre 2013, comme directeur-adjoint de l'IFB. Il a pris ses fonctions de Conseiller de Coopération et d'Action culturelle en septembre 2014.

lepetitjournal.com/birmanie - Conseiller de Coopération et d'Action culturelle : un titre bien ésotérique pour qui n'est pas familier du ministère des Affaires étrangères et du Développement international. En quoi consiste votre travail ?
Charles Bonhomme - Le titre résume bien les deux dimensions importantes de la fonction : une partie coopération technique, soit la coordination et la gestion de projets liées à la société civile, à la gouvernance, à l'action humanitaire. La France intervient fortement dans les secteurs de la santé ou dans celui de l'eau et de l'assainissement. Mais nous offrons aussi de l'aide d'urgence ou alimentaire pour les populations les plus vulnérables, à travers le Centre de Crise Français qui nous alloue chaque année des subventions. Et ce ne sont que des exemples ! Ce premier volet d'activités se fait pour le compte de l'ambassade. 

Le deuxième volet, la partie culturelle, renvoie plus à l'institut français de Birmanie. Là, il s'agit de faire la promotion de la francophonie et des échanges culturels franco?birmans. Sachant que ces relations ont commencé en 1961 et que l'IFB a été l'un des premiers centres culturels accessibles au public birman, ce qui lui confère une indéniable aura en Birmanie.

Quels sont les grands chantiers que vous avez menés depuis votre arrivée ?
Je me suis beaucoup attaché à valoriser notre coopération. Elle a longtemps été considérée comme très modeste au regard d'autres partenaires perçus comme mieux implantés, tels les Britanniques, les Japonais ou les Américains? Ce manque de visibilité s'explique notamment par notre tradition de dispersion des dotations, avec différents guichets de financement : l'Agence française de développement, le Ministère des Affaires étrangères, celui des Finances, etc. J'ai donc commencé par mieux structurer et mieux faire connaitre notre coopération dont nous avons pas à rougir, avec une présence très ancienne sur la santé donc, et également avec un soutien très important à la société civile durant toute la dictature. 

Plus récemment, nos efforts portent sur le renforcement de la coopération avec les villes Birmanes. Nous avons désormais un programme de renforcement des capacités des services urbains birmans centré sur l'eau dans les principales villes du pays et nous étendons notre coopération avec Mandalay et Rangoun, à la demande expresse pour la plus grande ville du pays de Mme Aung San Su Kyi.

Et sur le plan culturel ?
Une grosse part de mon travail a été de redynamiser l'IFB, qui traversait une période de transition. Avec une équipe de quelque 40 personnes, nous l'avons réinscrit dans un projet ambitieux afin de développer les activités et les liens avec les Birmans. Nous proposons des cours de français tous niveaux, mais également des cours de français sur objectifs spécifiques selon les publics, notamment à destination des entreprises (français du tourisme, français des affaires, etc.). Depuis 2013, l'institut s'est aussi doté d'une cellule de traduction et d'interprétariat accréditée. Et nous avons aussi ajouté à notre offre des cours de birman, devenant rapidement le premier centre de langues pour l'apprentissage de la langue birmane. Enfin, l'IFB étudie la possibilité de transformer l'actuel Centre français de Mandalay en antenne. 

Preuve de notre succès, il y a aujourd'hui plus de 900 étudiants et nous doublons notre public chaque année depuis 2013. En 2015, nous recevions 45 000 personnes, et nous comptons sur 150 000 visiteurs en 2016 avec le grand festival "Mingalaba !". Je suis naturellement, aux côté de toute l'équipe de l'IFB, très fier de ces résultats qui témoignent de la vivacité des liens qui nous unissent à la Birmanie et au reste du monde?

"Mingalaba !" est un événement que les médias birmans commencent déjà à citer. De quoi s'agit-il exactement ?
Nous célébrons cette année les 55 ans de l'Institut et je souhaite mettre cet anniversaire en avant. En collaboration avec le nouveau gouvernement régional, qui veut montrer que le changement est en cours, nous organisons du 28 novembre au 4 Décembre 2016 un festival pluridisciplinaire sur le thème "appropriez-vous Rangoun", avec pour ambition de mobiliser la population citadine afin de remettre l'humain au c?ur de la ville, lui qui est aujourd'hui le perdant dans cette croissance urbaine anarchique, ce manque d'aménagements pour piétons, cette absence d'infrastructures de sports, de loisirs, de jeux, de repos... 

L'événement phare du festival sera la déambulation de deux marionnettes géantes (10 mètres de haut) - de la Compagnie "L'Homme Debout" - dans les rues de Rangoun et sur son fleuve entre le 2 et le 4 décembre. Il y aura aussi des spectacles hors les murs (concerts, street art, cirque, danse?) dans tout Rangoun, y compris les quartiers déshérités, et des surprises. Ce festival est de par son envergure une première dans le genre à Rangoun, et Mme Aung San Su Kyi a déjà demandé à toutes les ambassades du Myanmar d'en faire la promotion ! 
E.G. (www.lepetitjournal.com/Birmanie) Lundi 26 Septembre 2016

 

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