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Au tribunal pour avoir critiqué Aung San Suu Kyi sur Facebook

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 18/05/2020 à 23:00 | Mis à jour le 18/05/2020 à 23:00
Photo : Le message incriminé...
Le message incriminé...

Le 14 avril dernier, un internaute, a priori situé dans la région de l’Ayeyarwady, inscrit comme « Nyan Linn Htet Referee », écrit sur sa page Facebook que « Aung San Suu Kyi et son gouvernement donnent pleins de bons conseils sur comment lutter contre la Covid-19 mais dans la réalité, ils ne respectent pas leurs propres consignes ». Et il donne l’exemple du rassemblement de groupe, qui ne doit pas être de plus de 5 personnes et ne serait pas, selon lui, appliqué par les dirigeants. L’internaute d’en remettre une couche en affirmant que de l’autre côté, le Parti pour le développement et la solidarité de l’union (PDSU) – l’ancien parti au pouvoir qui représente avant tout les militaires – fait de même. Selon cette personne, tous ces politiciens « ne font que ce qu’ils veulent ». Tout cela sans vraiment argumenter de manière solide. Et Nyan Linn Htet Referee de conclure son petit discours poujadiste par un « si vous voulez m’arrêter parce que je dis la vérité, n’hésitez pas ! »

Une provocation qui n’a pas été du goût du gouvernement régional, qui a porté plainte contre l’internaute directement au niveau du tribunal régional, sans passer par la police et selon l’article 124(a) du code pénal qui sanctionne la « sédition », définie comme « un crime encourageant à la haine ou au mépris du gouvernement du pays ou pouvant susciter ou essayer de susciter du mécontentement ». La peine maximale encourue pour ce « crime » est de 20 ans de prison avec travaux forcés.

Un député local de la Ligue nationale pour la démocratie justifie cette réaction en estimant « qu’il y a un risque de conflit entre le détenteur de ce compte et le public qui ne serait pas content de ce message posté sur Facebook ». En septembre 2018, Ngar Min Swe, un ancien éditorialiste du journal d’état Global New Light of Myanmar, a été condamné à sept ans de prison ferme selon le même article 124(a) et pour le même crime : avoir critiqué Aung San Suu Kyi sur Facebook.

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