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J’AI TESTÉ POUR VOUS - La boxe Birmane, le Lethwei

Par Lepetitjournal Birmanie | Publié le 21/09/2016 à 22:00 | Mis à jour le 21/09/2016 à 15:57

J'ai passé dix années au Cambodge. C'est là-bas que je suis devenu un fervent pratiquant de la boxe Khmère, assez similaire à la boxe Thaïlandaise, l'usage des techniques de coudes surtout, de corps à corps, de genoux (sautés et montés) y sont beaucoup plus présentes. Et tout naturellement, lorsque je suis arrivé à Mandalay, j'ai voulu continuer mon apprentissage. Ici, on appelle çà le Lethwei mais cela reste assez similaire techniquement à la boxe Thaïlandaise. Contrairement à cette dernière, les coups à la tête sont autorisés et les coups de poing sont portés à mains nues.

Le Lethwei est une source de fierté pour les Birmans qui affirment avec orgueil que ce style de boxe pieds-poings est plus violent que la boxe Thaïlandaise (Muay thaï). Un sport sans états d'âme: le vainqueur doit mettre son adversaire KO ou le contraindre à l'abandon. Après cinq rounds de trois minutes, si aucun combattant n'est parvenu à ses fins, le match est déclaré nul.

Grâce aux indications d'un ami Birman, les clubs à Mandalay n'étant pas référencé sur la toile, j'ai pu me mettre en quête d'un club ayant gagné sa réputation au travers des victoires de ses élèves : le Swan K Kay Lethwei Club récemment renommé Burma Blood. C'est un club de boxe traditionnel aux équipements rudimentaires, où la plupart des boxeurs y vivent. Leur vie est ce qu'il y a de plus spartiate et les combattants s'entraînent tous les jours sauf le dimanche. 

Il y a deux entraînements quotidiens au Burma Blood. L'entraînement du matin est réservé aux boxeurs professionnels; celui de l'après-midi dure deux heures et est ouvert à tous. Au Myanmar, même les enfants peuvent pratiquer, ce qui n'est pas le cas au Cambodge, le plus jeune des élèves a huit ans et compte déjà cinq combats à son actif.

L'heure du premier entraînement?
Min Min est le seul élève parlant l'anglais, il devint donc mon traducteur attitré, facilitant grandement les échanges entre le professeur U Moe Mo et moi-même. Pour me mettre plus à l'aise, il me dit qu'il avait eu un élève Américain, qui lui, contrairement à moi, parlait Birman. Une fois la barrière de la langue franchie et mon expérience vérifiée, U Moe Mo me montre les combinaisons de base, non sans, bien sûr, me mettre en garde : ça va être dur et pas seulement à cause de la chaleur. J'acquiesce et me lance dans l'arène.

Après l'habituel échauffement (saut à la corde et sautillement sur des pneux usagés de camion) commence l'entraînement. Chaque activité dure deux minutes avec trente secondes de pause, et interdiction de boire entre chaque pause.

On commence par la pratique pieds-poings au sac de frappe, puis c'est au tour des poings et coudes, sur une sorte de planche en bois uniquement protégée par un bout de pneu usé à la corde. Vient ensuite une séance de "shadow", qui consiste en une répétition de mouvements comme si vous affrontiez un adversaire imaginaire. Une fois ceci fait, le travail consiste à se muscler des parties du corps plus ciblées tels que la nuque, les abdominaux, les jambes et les bras. Et pour finir le circuit, pratique des techniques aux paos. Les paos sont une sorte de boucliers de frappe en mousse et qui se travaillent par pair. Ils permettent le travail d'enchainement des pieds, genoux, coudes et poings. 

Après trois quart d'heure d'entraînement, nous sommes enfin autorisés à boire quelques gorgées d'eau. C'est la saison chaude et la température extérieure est au moins de 40C°, et bien sûr, aucune brise de vent pour rafraîchir cette chaleur étouffante! Toutes les activités sont pratiquées à l'extérieur, seul les sacs de frappe sont protégés par des taules trouées faisant office de toit.

Malgré ma bonne condition physique je peine à tenir le rythme. Les autres boxeurs sourient, m'observent puis parlent entre eux. Après deux heures épuisantes,  c'est enfin "la libération", j'ai tenu bon et complété mon premier entraînement. Certains boxeurs essaient de rentrer en contact avec moi, avec des mots simples ou des gestes, et bon an mal an nous arrivons à nous comprendre. Le rendez-vous et pris pour le lendemain, même heure, même place!

Une seconde famille
Cela a duré un an à raison de 5 jours par semaine.  Le Burma Blood est devenu une seconde famille et lorsque des combats étaient organisés à Mandalay ou dans la région, j'étais du voyage en tant que supporter bien sûr.
Puis il a fallu déménager à Yangon et se dire au revoir a été un crève-c?ur. Mais avant de partir  U Moe Mo m'a donné un polo du Club ainsi qu'une adresse sur Yangon où poursuivre mon entraînement. 

Je m'y suis rendu sans hésitation, mais à Yangon ce n'est pas du tout la même ambiance. C'est  moins familial et plus centré sur le business. Les cours s'enchaînent du matin au soir et la clientèle birmane y est faible.  Après plusieurs entraînements effectués là-bas, je me suis mis à la recherche d'autres clubs, moins populaires mais avec plus d'âmes. Mais pour l'instant, la quête continue?
Charles Julliard (www.lepetitjournal.com/Birmanie) Jeudi 22 Septembre 2016

 

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1 Commentaire (s)Réagir
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Olivier ven 12/01/2018 - 13:21

Joli témoignage sur le lethwei. Il y a t'il un club à Yangon qui soit pas un piège à touristes ?

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