Samedi 5 décembre 2020

« L’amour fauve », le dernier livre de Frida Anbar

Par Rédaction LPJ Beyrouth | Publié le 31/10/2017 à 09:23 | Mis à jour le 01/11/2017 à 21:46
Frida Anbar

L’écrivain libano-canadienne sera présent au 24eme Salon du Livre francophone de Beyrouth pour présenter son cinquième roman.

 

Vous venez régulièrement au Salon du livre francophone de Beyrouth. Qu’est-ce que ce rendez-vous représente pour vous ?

Le chemin de l’écriture est intimement lié au Liban. C’est la douleur d’y avoir été arrachée qui a donné naissance au déluge des mots. Comme je l’ai quitté, pour des raisons familiales, à un jeune âge, le Liban est resté empreint de magie et d’ensorcellement. Le passage des années ne l’a jamais souillé, car j’étais loin de sa réalité. En famille, nous revenions souvent pour les vacances d’été. La nostalgie du pays a longtemps parfumé mes pages.

Participer au Salon du livre francophone de Beyrouth, cette année pour la quatrième fois, représente pour moi un rêve devenu réalité.  En effet, partager ce que j’ai de plus précieux, mes mots, sur ma terre natale est euphorisant.  D’année en année, le lectorat est de plus en plus  nombreux et fidèle. J’en suis extrêmement touchée. C’est également rentrer chez moi avec un trésor à partager. Certes, c’est très différent de la participation au Salon du livre dans d’autres villes. À Beyrouth, il y a le rendez-vous avec l’enfance délavée, la tiédeur de la famille et la présence des amis. Chez moi, tout ce qui touche au Liban est sublimé, vécu dans un état proche de l’enchantement.

 

Quelles sont les parts libanaise et canadienne de vos romans ?

J’estime que si le peintre est esclave de la lumière, l’écrivain l’est de ses émotions. La part libanaise, dans l’écriture,  surpasse de loin, la canadienne. Mon écriture est subjective et vivement nourrie de mes bouleversements. J’ai déjà écrit dans Aléas : « Le Liban est le pays de nos émotions, le Canada celui de la raison. C’est comme si j’étais mariée à un homme bien, et amoureuse d’un voyou. »

Cela résume un peu la place du Liban et celle du Canada dans mes écrits. Le Liban est présent dans tous  mes ouvrages publiés. Ils se déroulent tous, en partie, dans ce pays joyau doré au soleil, bercé par la Méditerranée à l’ombre d’une montagne majestueuse et millénaire. En suivant les méandres de l’écriture, je ne pouvais passer, outre mon pays natal, siège de mes plus belles et vives émotions.

 

Vous parlez souvent d’amour passion dans vos romans, pourquoi avoir choisi ici le sujet de l’inceste dans votre dernier livre?

Dans chaque roman, la passion amoureuse est explorée sous un angle différent. Il y a l’envoûtement dans Aléas, l’adultère au féminin dans Le cordon invisible, les pièges du désir dans L’orée et finalement l’exploration des limites du plaisir dans #NoRules. Quant à L’amour fauve, il s’articule autour du thème de la réincarnation. L’inceste fait partie de l’histoire de mes personnages, mais n’est pas le thème principal du récit. Il y a deux histoires qui se chevauchent à travers l’étoffe du temps. Celui qui a commis l’irréparable tâchera d’honorer un rendez-vous ancien dans le tréfonds le plus secret de sa mémoire comme une bête blessée, une sorte de supplice de Tantale. Par ailleurs, l’appétence du désir moral ou immoral est bien illustrée entre les pages.

 

Vous avez écrit 5 romans et 4 récits pour la jeunesse, comment arrivez-vous à jongler entre ces deux  registres complètement différents ?

C’est jubilatoire pour moi de plonger dans le monde magique, puéril, innocent et imagé des enfants et ensuite tailler des pages truffées de passion, ruisselantes de plaisir. C’est un double défi de valser entre les styles, les expressions et les images de chaque univers. Je trouve que tous les deux me ressemblent alors je n’ai eu aucune difficulté à injecter beaucoup de moi dans les deux registres.

 

Au salon :

Rencontre avec Frida Anbar le lundi 5 novembre à partir de 18h à l’Agora. Amour et réincarnation. Oser écarteler l’étoffe du temps pour décrypter le lien viscéral entre eux présentée par Gisèle Kayata Eid.

Signature lundi 5 novembre à partir de 19h sur le stand Le Point.

 

Liste des ouvrages de Frida Anbar :

L’amour fauve, Aléas, Le cordon invisible, L’orée, #NoRules

Public jeunesse : Man’ouché et Poutine, Les racines du cœur, Un été au Liban avec Téta, Raconte-moi ton Liban Jeddo !, Au delà de l’océan

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Rédaction LPJ Beyrouth

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