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Conférence sur le pétrole et le gaz pour établir une feuille de route

Par Rédaction LPJ Beyrouth | Publié le 13/12/2017 à 11:46 | Mis à jour le 14/12/2017 à 12:49
Photo : Dr. Rami Harkouss, S.E.M. Yassine Jaber, M. Jean Riachi, Dr. Nasser Hoteit
Oil & Gas University Talk 2017 (3)

Front Page Communication poursuit ses efforts pour mettre en évidence les derniers développements dans le secteur pétrolier et gazier au Liban, avec l’organisation jeudi dernier d'une conférence intitulée « l'Appel d’offres pour l'exploration et la production pétrolière et gazière au Liban et la vision pour la période à venir », à l'Université Arabe de Beyrouth, campus de Debbiyeh, cordialement accueillie sur les lieux par le président de BAU, Prof. Dr. Amr Galal El Adawi et la Society of Petroleum Engineers (SPE) International BAU Student Chapter.

Parmi les participants à la conférence, figuraient le Prof. Dr. Adel Ahmed El Kordi, Doyen de la Faculté de Génie à la BAU, S.E.M. Yassine Jaber, ancien Ministre et Membre du Parlement libanais, M. Jean Riachi, PDG de la FFA Private Bank, Dr. Nasser Hoteit, Membre du Conseil d'Administration de la Lebanese Petroleum Administration (LPA), Dr. Rami Harkouss, Direceur du Département d’Ingénieurie Chimie et Pétrole, & Coordinateur de la Cellule Etudiante de la BAU à la Society of Petroleum Engineers (SPE), M. Youssef Arbid, Président de la Cellule Etudiante de SPE-BAU, ainsi qu’un grand nombre d'étudiants, de professeurs et de personnes intéressées par le secteur.

La séance de discussion, animée par Dr. Harkouss, s'est articulée autour des questions suivantes: « La richesse pétrolière au Liban est-elle vraiment considérable? La nécessité de garder à l'esprit que la situation pétrolière actuelle n'est pas comme celle en 2010-2012, et que l’intérêt international porté à la richesse du Liban n'est plus le même qu’auparavant, ainsi que la nécessité de ne pas ignorer ce qui se passe autour de nous en termes de découvertes dans ce domaine. »

 

M. Youssef Arbid

M. Arbid a ouvert la discussion par un discours dans lequel il a souligné le souci de la SPE-BAU d'organiser des événements de sensibilisation sur le pétrole et le gaz, tout en remarquant que cette institution éducative est la seule à inclure une cellule étudiante de la Société des ingénieurs du pétrole (SPE International) au Liban et que cette dernière incite ses membres à participer à des compétitions internationales liées au secteur. Il a également encouragé les étudiants en génie pétrolier dans d'autres universités à établir des cellules similaires de la Société au sein même de leurs établissements, en espérant qu'ils s’impliqueront prochainement dans ce secteur en développement d'un Liban meilleur.

 

Prof. Dr. Adel Ahmed El Kordi

Pour sa part, Dr. Al Kordi a estimé que la conférence « revêtait une grande importance scientifique et informative ». Il a indiqué que des étudiants de la section de Génie pétrolier à la BAU ont gagné le  Premier Prix du Programme universitaire de la conférence et exposition internationales sur le pétrole d'Abou Dabi (ADIPEC), une plate-forme mondiale d'échange d'expériences réunissant des étudiants de 16 universités internationales originaires de 8 pays. Il a ensuite passé en revue le parcours historique du secteur depuis 1926, date à laquelle une loi avait été adoptée autorisant l'exploration, l'exploitation et l'extraction du pétrole et de minéraux, avant même que des études aient été faites pour déterminer l'existence de richesses pétrolières au Liban.

En 2002, le gouvernement avait contracté la compagnie "Spectrum" qui a mené une recherche tridimensionnelle couvrant l'ensemble du littoral libanais et indiqué dans son rapport la possibilité d'une présence importante de pétrole et de gaz. La société norvégienne PGS a par la suite complété la recherche, et les travaux se sont poursuivis jusqu'en 2006-2007. Adel Ahmed El Kordi a alors indiqué que « les estimations ont montré que la consommation de produits pétroliers au Liban avaient atteint 6,2 millions de tonnes en 2013, soit environ 5 milliards de dollars, sachant que ce chiffre augmente chaque année entre 4% et 5%.

Tout en expliquant que le Liban manque de technologies de raffinage, notamment après la fermeture des raffineries de Tripoli et de Zahrani, il a considéré que le pays entrait dans l'ère des hydrocarbures après la clôture du round d'attribution de licences avec le choix de l’offre d’un consortium de trois sociétés internationales à savoir l'italien ENI, le français Total et le russe Novatek.

 

S.E.M. Yassine Jaber

De son côté, Yassine Jaber a estimé que le Liban "était très proche de rejoindre le Groupe des pays producteurs de pétrole" après la clôture du round d’attribution de licences le 12 octobre 2017 et le choix des sociétés susmentionnées pour l'exploration pétrolière et gazière sur deux zones proposées: le Bloc 4, situé en face de Batroun, et le Bloc 9, à l'extrême Sud.

Il a souligné que la LPA avait terminé son rapport sur les offres des dites entreprises, alors que le ministre de l'Energie et de l'Eau, S.E.M. César Abi Khalil, et les membres de l'Administration avaient mené les discussions techniques avec ces entreprises au cours des derniers jours, et que M. Abi Khalil était aujourd’hui sur le point de préparer un rapport final sur cette offre qui sera envoyée au Premier ministre ; ce dernier devrait décider afin de faire avancer le dossier pétrolier pratiquement vers le processus de mise en œuvre, après un ralentissement important imposé par les circonstances politiques au cours des dernières années.

D'autre part, M. Jaber a déclaré que "le moment était venu de suivre de très près la période post-découverte, exploration et production, afin que les recettes ne soient pas soumises à la manipulation et à la cupidité, et que les richesses ne se retrouvent pas de ce fait dans les poches de personnes corrompues au lieu d'être investies afin d’améliorer le niveau économique du Liban." Il a indiqué que le Bloc de la Libération et du Développement avait soumis trois propositions de loi au Parlement, tandis que le président de la Commission Parlementaire des Travaux Publics et de l'Energie, le député Mohammad Qabbani, en avait soumis une autre dans le but de créer le système législatif pour la période à venir.

M. Jaber a résumé ces propositions, actuellement à l'ordre du jour des commissions parlementaires conjointes, par une proposition de loi pour la création du Fonds Souverain Libanais, une proposition de loi visant à créer une Direction Générale des Ressources et des Actifs Pétroliers au Ministère des Finances, une proposition de loi pour la création de la Compagnie Pétrolière Nationale Libanaise, et enfin, une proposition de loi concernant les ressources pétrolières terrestres.

Tout en soulignant que ces propositions pourraient être modifiées « parce que nous avons recours à des opinions, experts et spécialistes divers », il a indiqué qu'il y a d'autres points requis pour la prochaine phase, telles que la création de divers départements offrant des formations en énergie hydrocarbure dans les instituts techniques, le renforcement du travail et de la transparence du pouvoir judiciaire et l'amélioration des infrastructures.

 

M. Jean Riachi

Pour sa part, M. Riachi a espéré que la création du fonds souverain assurerait le salut du Liban; il a expliqué que ce fonds reçoit l'argent de ressources spécifiques, qu’il le gère et le distribue conformément aux lois applicables, en notant que ces ressources peuvent provenir de revenus pétroliers ou de toute autre ressource non liée.

Par ailleurs, il a souligné l'existence de deux types de fonds souverains, le premier étant le Fonds de Stabilisation, qui couvre par exemple les déficits et les périodes de stagnation, le second portant le nom de « long term investments of accumulated public savings » et qui gère les fonds pour les générations futures. Le rôle de ces fonds est, selon lui, d'assurer la stabilité du budget, tout en notant que le plus grand fonds existe en Norvège, suivi par Abou Dabi.

Jean Riachi a ensuite abordé la gestion de ces fonds, qui nécessite ce que l’on appelle « la gouvernance et la réalisation de l'importance de la connaissance de la nature juridique du Fonds et de sa relation avec l'État »; il a souligné que leur gestion pouvait être réalisée de deux manières, la première étant le modèle de gestion dans lequel une personne physique liée à l'État détient le fonds mais confie sa gestion à un autre organisme, et la seconde étant le modèle de la société d'investissement dans lequel une société ou un corps est créé pour posséder et gérer les actifs.

Enfin, M. Riachi a donné l'exemple du Fonds norvégien, qui est considéré au niveau mondial comme un « total succès », alors qu’un article dans un journal affirmait récemment qu’il était mal géré; il a également mentionné l'exemple du Fonds malaisien, qui a perdu des milliards de dollars pour des raisons de fraudes et de services d’intérêts de personnes puissantes.

 

Dr. Nasser Hoteit

Le mot de la fin était confié au Dr. Hoteit, qui a considéré « qu’il était temps de signer l'accord avec les compagnies qui avaient remporté l'appel d’offres »; près de deux mois plus tard, le plan d'exploration devrait être envoyé. Le forage devrait alors commencer entre mars et septembre 2019 et les résultats devraient être visibles à partir de 2021.

Tout en considérant le marché local comme le marché le plus important, il a souligné que les profits offerts par les compagnies au Liban sont non seulement « sérieux et encourageants », mais aussi meilleurs que ceux de Chypre, d'Egypte et d'Israël car « le marché est prêt ».

Il a ajouté que « si nous parvenions à réformer le travail de l'Administration, nous pourrions économiser 3 milliards de dollars par an » et a souligné  l'importance de mettre l'accent sur la construction d'une économie durable grâce au secteur de l'énergie, parce que les taux de chômage à Tariq el Jdide, Hay el-Sellom, Hay al-Ghadeer, Akkar et Tripoli, par exemple, avaient atteint près de 50% parmi les groupes de jeunes; il a également souligné l'importance de se concentrer sur la « maximisation de la production » plutôt que de simplement chercher à vendre, car cela permet d'accroître les rendements pour le fonds souverain, et sur la création de spécialisations qui encouragent les entreprises engagées dans l'exploration, à recruter des jeunes.

 

ADIPEC

Le projet présenté par l'équipe de la BAU lors de la conférence ADIPEC, présentant les meilleures techniques de digitalisation dans l'industrie du pétrole et du gas, a remporté le 1er prix parmi 16 équipes candidates.

Les étudiants lauréats de ce prix ont été honorés par le Doyen Dr. El Kordi: Mohamad Khoder, Hussein Chouekani, Ahmad Meanna, Slayman Al-Abdallah ainsi que le Dr. Rami Harkouss.

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Rédaction LPJ Beyrouth

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