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CLAIRE D’HAUTEFEUILLE – « Un des cœurs de métier de l’IECD, c’est la formation et l’insertion professionnelle ».

Par Lepetitjournal.com International | Publié le 02/06/2017 à 13:36 | Mis à jour le 07/01/2018 à 06:22

 

Entretien avec Claire d'Hautefeuille, chef du projet des centres éducatifs de l'Institut Européen de Coopération et de Développement au Liban (IECD) depuis novembre 2015.

LPJ Beyrouth : Qu'est-ce que l'IECD ?
Claire d'Hautefeuille : L'IECD est une ONG française qui a été fondée en 1988. C'est une ONG très orientée sur le développement. L'IECD est présent dans une quinzaine de pays dans le monde. Son mode de fonctionnement repose sur la mise en place de projets en partenariat avec des entreprises et institutions locales pour pouvoir continuer sur le long terme. 

Quelles sont les différents projets de l'IECD ?
Un des c?urs de métier de l'IECD, c'est la formation et l'insertion professionnelle pour les jeunes adultes et les adultes. On forme aux métiers agricoles, industriels, etc. Pour ce, on a des partenariats avec des ONG et entreprises. L'idée est de construire des formations en fonction des besoins des entreprises locales, pour être sûr qu'ensuite les personnes qui sont formées répondent à un réel besoin et qu'elles soient positionnables dans le monde du travail local. Il y a aussi tout un pan de l'action de l'IECD qui est lié à l'appui des petites entreprises. Enfin, le dernier volet concerne l'éducation à travers le renforcement éducatif et scolaire et des actions en faveur des enfants réfugiés ou des personnes en situation vulnérable.

Qu'en est-il de l'IECD au Liban ?
L'IECD est implanté au Liban depuis 25 ans. Au début, c'était un fonctionnement à distance puis des équipes sont venues sur place.

Nous avons plusieurs projets en cours répartis sur trois pôles distincts :
- La formation et l'insertion professionnelle : avec des formations longues pour les jeunes libanais aux métiers de l'électrotechnique et des formations techniques courtes.
- L'entrepreneuriat : avec des formations en gestion et en création d'entreprise.
- Et enfin, l'éducation : avec un programme sur l'inclusion des enfants qui ont des difficultés d'apprentissage, un sous-programme spécialisé dans les écoles palestiniennes. Et enfin, le projet des centres éducatifs pour les enfants réfugiés/vulnérables.

Pouvez-vous nous parler des centres éducatifs au Liban ?
Nous avons quatre centres éducatifs au Liban : deux gérés en mains propres par l'IECD et deux autres en partenariat avec un acteur local.Le premier centre de l'IECD a ouvert fin 2006 à Sed el Bouchrieh, dans la banlieue nord de Beyrouth, afin de venir en aide aux enfants réfugiés irakiens. Avec la crise syrienne un deuxième centre à Tripoli a été ouvert. Nous avons un troisième centre à Al Qaa dans la Bekaa cogéré avec l'ANLDS (Association nationale libanaise pour le développement) et un autre centre a ouvert depuis septembre 2016 à Rmeileh dans le Sud Liban, en partenariat avec l'association locale Fratelli Libano. L'objectif majeur de ces centres est d'être un pont vers le système éducatif formel qui, malgré ses lacunes, permet aux enfants d'avoir une scolarisation dans le système officiel. On essaye d'être toujours en corrélation avec ce que propose le Ministère de l'Éducation pour l'accueil des réfugiés.

Quelles sont les différentes activités des centres éducatifs ?
Aujourd'hui, nous avons plusieurs volets sur nos centres : le volet pédagogique, psycho-sociale, et les activités extra-scolaires. Dans le volet pédagogique, on est plutôt sur du soutien scolaire pour des enfants scolarisés mais qui ont accumulé énormément de retard en raison de leurs difficultés en français ou anglais, langues d'enseignement des matières scientifiques dans les écoles publiques à proximité des centres.

On fait de la remédiation, on redonne toutes les bases aux enfants pour permettre leur maintien dans l'école publique. Dans le volet pédagogique, on a aussi une petite section pour le préscolaire avec des enfants de 3 à 5 ans qui n'ont pas forcement de places à l'école publique. On a quelques enfants aussi non scolarisés, surtout dans les centres gérés avec nos partenaires locaux. L'idée c'est de faire en sorte qu'ils arrivent à être repositionnable l'année prochaine au sein de l'école publique.

En plus de la pédagogie, on a aussi les activités extra-scolaires. On propose deux heures/semaine d'activités récréatives où l'on essaye de développer les compétences, la créativité, le vivre-ensemble, le respect des règles et plein d'autres thématiques. Enfin, le volet psycho-social. Sur chaque centre, on a un travailleur social et un psychologue qui vont intervenir de manière individuelle, familiale et collective. Toutes les semaines, les enfants ont une heure de session collective où l'on va aborder des sujets liés à la vie sociale comme la communication la violence, la sécurité? Selon les besoins, on peut avoir un suivi individuel. On fait aussi un suivi familial. On a une vision globale : ce n'est pas seulement l'enfant, c'est l'enfant dans sa famille. Il faut aussi impliquer les parents pour assurer la pérennité. Les familles ne payent rien, tout est pris à 100% cela va du matériel, des activités extra-scolaires au ramassage scolaire.

Pouvez-vous nous parler des volontaires ?
Les volontaires, c'est une initiative qui a à peine un an. L'année dernière un peu par hasard, un certain nombre d'étudiants de Sciences Po sont venus au centre Jannah à Beyrouth. Ils ont commencé par faire des activités récréatives et des tutorats pour les enfants les plus en difficulté. Ces volontaires ont vraiment apprécié leur expérience, ils ont porté eux-mêmes leur projet et ont lancé un recrutement de volontaires à l'année.

C'est quelque chose de tout nouveau ! Ces volontaires sont d'un grand soutien pour les enseignants qui sont parfois un peu démunis devant tous les niveaux au sein d'une même classe. C'est aussi une chance énorme pour les enfants d'un point de vue éducatif et pédagogique, d'avoir des jeunes étrangers qui s'intéressent à eux, c'est tout une relation qui se crée !


Claire d'Hautefeuille 

Chef du projet des centres éducatifs de l'Institut Européen de Coopération et de Développement au Liban (IECD) depuis novembre 2015. Elle a auparavant travaillé pendant 6 ans à l'international (Afrique et Asie) dans des ONG françaises (La Croix Rouge et Handicap International) et 4 ans dans la gestion de projet dans une association à Lyon. Formation à l'école 3A (École Internationale de Commerce et Développement) et formation Bioforce.


Sarah DELBOS (
www.lepetitjournal.com/Beyrouth) vendredi 2 juin 2017

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