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AMAL AMELIA LAKRAFI (La République en marche) – "Un challenge que j’ai envie de relever"

Par Lepetitjournal Beyrouth | Publié le 01/06/2017 à 10:31 | Mis à jour le 16/02/2018 à 12:25
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Investie par La République en marche, Amal Amélia Lakrafi, entrepreneuse, suppléée de Joseph Moukarzel, est l'une des 11 candidats aux législatives dans la 10ème circonscription des Français établis hors de France.

Photo : Amal Amélia Lakrafi (Photo fournie par la candidate)


Pouvez-vous nous résumer votre parcours et nous préciser quelles ont été vos motivations pour entrer en politique ?
Née au Maroc, je suis arrivée en France à 2 ans. J'ai vécu à Lyon, Albertville, Saint-Quentin puis à Nanterre. Mon père est décédé lorsque j'étais jeune. Ma mère ne sait ni lire, ni écrire.  J'ai pu profiter de l'école de la République, fondée sur l'égalité des chances et la méritocratie et poursuivir des études supérieures.

J'ai suivi deux cursus. Après un diplôme d'expertise comptable, j'ai débuté comme contrôleur gestion avant de devenir directrice financière à 26 ans dans la société dans laquelle je travaillais. J'ai eu des responsabilités très tôt.

Lorsque j'étais directrice financière, j'ai créé ma première association d'aide scolaire aux enfants. On s'est très rapidement intéressé à l'Afrique et à l'humanitaire et j'ai créé une deuxième association que je ne dirige plus aujourd'hui, mais j'en ai créé deux autres par la suite dans ce secteur. En Afrique, j'ai organisé des caravanes médicales dans les villages reculés, financé des puits, notamment au Tchad.

J'ai créé ma première entreprise, Bizinnov, en 2009, qui accompagne les entreprises innovantes et finance la recherche. C'était passionnant, je rencontrais des entrepreneurs tous les jours. Je me suis ensuite lancée dans l'évaluation du capital immatériel. J'ai créé une plateforme web dans ce domaine. La Banque mondiale dit que le capital immatériel constitue 80% de la valeur d'une société. J'ai l'ambition que de devenir la première agence de notation dans ce secteur. Ensuite, j'ai bifurqué vers la cybersécurité.

Par ailleurs, je fais partie de la réserve citoyenne cyberdéfense depuis les attentats de Charlie Hebdo pour rendre à la France ce qu'elle m'a donnée, conformément à mon engagement patriote.

J'ai besoin de stimuler mon cerveau et d'apprendre tout le temps. Je suis une passionnée et j'ai besoin de faire ce que j'aime. Je suis une boulimique de l'apprentissage. Je suis capable d'abattre une grosse charge de travail. Je passe la moitié de mon temps en bénévolat, l'autre moitié en entreprise.

Etre député de la 10e circonscription, qu'est-ce que ça représente pour vous? Quels sont vos liens avec cette circonscription ?
On a dit de moi que j'étais parachutée. En réalité, je n'ai harcelé personne à La République en Marche pour être candidate. En fait, on est venu me chercher en me disant que mon profil les intéressait. Je me suis décidée le 8 mars lorsqu'Emmanuel Macron a lancé son appel aux femmes sur les réseaux sociaux. Je dis aux femmes qu'il faut entreprendre. Il n'y a que 27% d'entrepreneurs femmes en France. Dans l'innovation, le chiffre baisse à 3%.

J'ai expliqué à En Marche ! que la 10ème circonscription m'intéressait parce que je vis plusieurs jours par mois en Afrique, et que ce continent est déterminant pour l'avenir de la France et de l'Europe. Il se trouve que j'ai des intérêts économiques dans les pays composant la 9ème circonscription. Je me suis alors dit qu'il y avait un challenge à relever dans la 10ème circonscription.

Je suis fière et je mesure la responsabilité qui pèse sur mes épaules. Je me sens profondément républicaine, française, engagée, citoyenne et ravie de représenter la société civile et ces Français qu'on n'a pas l'habitude d'écouter.

Quelles sont vos 3 priorités/propositions parmi les problématiques concernant les Français vivant à l'étranger ?
En Marche a envoyé des questionnaires à destination des Français de l'étranger. C'est à partir des 16.000 réponses concrètes, données par les gens sur le terrain, que le programme est construit.

L'une des premières priorités qui se dégagent, c'est la scolarisation et l'enseignement du français à l'étranger, auxquels j'adjoins l'importance de la francophonie. Je défends l'augmentation des budgets car je veux enrayer la hausse constante des frais de scolarité pour les Français de l'étranger. C'est au sein du système éducatif que l'on répare les inégalités. C'est un sujet que je veux porter avec les autres députés des Français établis hors de France.
Il faut également revoir les critères d'attribution des bourses, qu'il faudrait augmenter, afin de faire en sorte que les Français de l'étranger y aient plus largement accès.
Nous souhaitons également donner plus d'autonomie aux directeurs d'établissement.
Je propose également que les élèves et leurs parents puissent évaluer leurs professeurs et les directeurs d'école.

Les questions liées à la sécurité viennent ensuite. Je souhaite pousser la collaboration, dans le domaine du renseignement, avec les pays d'accueil des expatriés français, par le biais de conventions. Je propose également de remettre au goût du jour les chefs d'îlot, les référents citoyens de sécurité.

La réussite économique pour les entrepreneurs qui se lancent à l'étranger est également l'une de nos préoccupations. Je veux utiliser mes compétences et mon réseau pour mettre en relation les pépinières d'entreprises et les pôles d'excellence avec les pays de la circonscription. Je veux également faire de la pédagogie sur les dispositifs d'aide aux entreprises qui existent.

La problématique de la proximité des élus est importante car les Français de l'étranger se sentent un peu abandonnés. Je compte lancer une application pour créer un canal direct de communication pour que les citoyens puissent s'exprimer et, à l'inverse, pour organiser des consultations citoyennes. Transparence et simplicité sont nos mots d'ordre.
Je vais également mettre en place des comités citoyens qui fassent remonter les informations et servir de relais avec les conseillers consulaires.

La couverture sociale est un autre sujet de préoccupation. Nous voulons simplifier et réexaminer le système de retraite qui compte aujourd'hui 35 caisses différentes. Je veux faire en sorte que les Français de l'étranger ne soient pas oubliés dans ce domaine.  

Je veux faire une cartographie ce qui existe et combler les manques parce que les associations et organismes sont très nombreux, notamment en supprimant les doublons et diffuser l'information.

Quel bilan portez-vous sur l'action du député sortant? Sur quel (s) plan (s) auriez-vous agi différemment ?
Je ne peux pas m'exprimer sur lui car je ne le connais pas et n'ai pas fait de recherches sur lui. Je préfère garder mon énergie pour moi, plutôt que de regarder ce que font les autres.

Qu'est-ce qui vous a convaincu de rejoindre En Marche ?
Je n'ai jamais été encartée, ni milité dans un parti. Je suis Emmanuel Macron depuis qu'il a pris le poste de  ministre de l'Economie. Avant cela, je ne m'étais jamais intéressée à la politique parce que je considérais que ce monde était un panier de crabes, rempli de requins et de gens malhonnêtes. Je ne me sentais pas représentée par ces hommes politiques-là, quelques fois élus depuis 30 ans. Dans le privé, on ne reste pas plus de 10 ans au même poste.

J'ai vu en M. Macron un homme jeune, dynamique, qui investit et a mis en avant la French Tech dans le monde entier, rappelant que la France est le pays de l'innovation et de la technologie. J'ai vu un homme qui écoutait aussi bien les propositions de droite que celles de la gauche pour le bien de l'intérêt général.

Quand j'ai annoncé à ma famille que je soutenais Macron, on m'a dit que c'était un banquier téléguidé par les grands groupes. Je leur répondais qu'au moins, c'était quelqu'un qui avait travaillé. Quand on a été fonctionnaire et élu toute sa vie, on est déconnecté de la réalité.  
Propos recueillis par Hélène BOYÉ (www.lepetitjournal.com/Beyrouth) jeudi 1er juin 2017

Facebook : Amal Amélia LakrafiAmal Amélia Lakrafi
Site : En marche !

Retrouvez la liste complète de tous les candidats de la 10eme circonscription des Français de l'étranger ICI : 10ème circonscription - Afrique de l'ouest, Moyen-Orient

Lire aussi les interview des autres candidats :
NOÉMIE POTIER (UPR) - "Je veillerai à l'équité du traitement des Français de l'étranger"
GUSTAVE FAYARD - "Nous avons une candidature indépendante des grands partis" 
STÉPHANE SAKOSCHEK (FN) - "Défendre les Français de l'étranger"
GUILLAUME DE BRICOURT (577 pour la France) ? « La dimension des binationaux est très peu considérée par mes concurrents »
WILLIAM GUERAICHE (La France insoumise) ? « Parler au nom de ceux à qui on ne donne jamais la parole » 
FRANCK MERIAU (MDP) ? Les Français de l'Etranger sont « un peu oubliés » 
ALAIN MARSAUD (LR-UDI) - « Pour une alternance raisonnée et raisonnable et non une opposition systématique et malsaine ».

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