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CEDRE : Duquesne pointe l’urgence des réformes

Par Hélène Boyé | Publié le 05/09/2019 à 20:20 | Mis à jour le 05/09/2019 à 20:30
Photo : capture d'écran LBC
Pierre Duquesne, CEDRE, Liban, économie, diplomatie, France

L’émissaire français pour le suivi de la Conférence économique pour le développement, par les réformes et avec les entreprises  en faveur du Liban estime qu’il n’y a pas de « solution miracle » face aux difficultés économiques du pays.

 

« Les financements seront débloqués dès que les signes de mise en place des réformes » a affirmé le diplomate français Pierre Duquesne lors d’une conférence qui s’est tenue jeudi matin à l’ambassade de France, soulignant l’importance pour le Liban d’effectuer au plus vite les réformes nécessaires « pour que le plan d’investissement fonctionne ».
 

« L’urgence de la situation économique et financière est admise de tous (…) Je sens l‘inquiétude (…) Tous les indicateurs économiques et financiers ont mauvais », a ajouté M. Duquesne. Il a souligné qu’il fallait que le gouvernement libanais prenne des décisions « tranchées ». « Le temps presse. On ne peut pas se permettre de continuer les débats à l’infini », a mis en garde l’émissaire français, déplorant « 9 mois de perdus » en raison de la non-formation du gouvernement à l’issue des législatives de mai 2018.
 

« Il y a encore des gens ici et là qui croient qu’il pourrait y avoir une solution miracle. Il n’y en a pas », a déclaré M Duquesne, en référence aux espoirs engendrés par la découverte d’éventuelles ressources d’hydrocarbures.
 

Cependant, M. Duquesne a tenu à réaffirmer que même si le scepticisme des donateurs s'est accru ces dernières semaines, « le processus CEDRE est toujours valable ». Selon lui, le gouvernement libanais doit commencer par hiérarchiser les projets à mettre en œuvre. « Il y a un plan d’investissement en infrastructures présenté l’an dernier par les autorités libanaises qui mérite que soient hiérarchisés les quelques 280 projets qui y figurent » a-t-il expliqué.
 

Le diplomate français a pris pour exemple la réforme de l’électricité du Liban, dont les tarifs n’ont pas augmenté depuis un quart de siècle. La dette dans ce secteur représente à lui seul 90% de la dette publique qui équivaut à 160% du PIB du pays.
 

En avril 2018, les donateurs participants à CEDRE ont promis plus de 10 milliards de dollars sous forme de prêts conditionnés à un certain nombre de réformes structurelles du pays. « Les conclusions de CEDRE sont assez précises sur ce qu’il conviendrait de faire, non pas pour faire plaisir à la communauté internationale, mais pour mettre le pays sur un fonctionnement normal et mettre en œuvre les projets », a souligné M. Duquesne.
 

Par ailleurs, suite aux incidents avec Israël le week-end dernier à la frontière sud, Pierre Duquesne a assuré qu’il était venu au Liban mardi « dans le cadre d’une mission normale » prévue de longue date.

 

 

Hélène Boyé, directrice de la publication de LPJ Beyrouth

Hélène Boyé

Co-fondatrice et directrice de publication LPJ Beyrouth. Expatriée depuis plus de 17 ans au Liban, atteinte de « libanolose », mon seul désir, faire connaitre le Liban sous un autre regard.
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