52% des chefs d'entreprise ont gelé l'embauche de salariés, selon un rapport de KPMG

Par Armelle Pape Van Dyck | Publié le 26/10/2022 à 12:25 | Mis à jour le 26/10/2022 à 12:25
Photo : Adolfo Felix-unsplash
un bureau presque vide au travail

Le dernier "CEO Outlook" publié par KPMG laisse peu de place à l'optimisme. 96% des responsables des grandes entreprises espagnoles s'attendent à une récession au cours des 12 prochains mois.

 

 

La huitième édition du rapport CEO Outlook de KPMG donne un aperçu détaillé des prévisions et stratégies à court et moyen terme de 1.325 PDG, dont 50 en Espagne.

 

Face à la possibilité d'une nouvelle récession, 86% des personnes interrogées (chefs d'entreprise ou CEO) en Espagne affirment que cette situation entraverait la reprise après la pandémie. Ils estiment toutefois que la recession sera de courte durée, entre trois et six mois.

L'emploi, le 1er touché

Le CEO Outlook 2022 montre également que ces prévisions se reflètent dans l'emploi: 52% ont gelé les embauches, 48% ont envisagé de réduire leurs effectifs et 38% prévoient de le faire dans les six prochains mois.

 

Toutefois, à moyen terme, les prévisions sont optimistes: 98% des chefs d'entreprise espagnols sont convaincus que l'économie nationale et leur organisation vont croître au cours des trois prochaines années et trois sur quatre (72%) s'attendent à ce que le nombre de salariés de leur organisation augmente au cours de cette période.

 

Par rapport à 2019 et 2020, les PDG se disent mieux préparés à faire face aux défis à court terme, avec des mesures de résilience en place pour gérer les effets négatifs et soutenir la croissance à long terme.

Les problèmes possibles d'approvisionnement inquiètent

En Espagne, 70% ont redéfini leur politique de prix pour refléter la hausse des coûts, 58% ont pris des mesures pour accroître la productivité et 54% ont délocalisé leurs activités, diversifié leur chaîne d'approvisionnement ou réduit leur marge bénéficiaire.

 

C'est précisément la chaîne d'approvisionnement qui suscite le plus d'inquiétude en Espagne (20% des personnes interrogées), suivie par les changements de réglementation (14%).

La transformation digitale, toujours une priorité en Espagne

Une récession pourrait obliger les entreprises à repenser leurs stratégies de numérisation. Alors qu'à l'échelle mondiale, 77% des chefs d'entreprise ont paralysé leur stratégie de transformation numérique ou le feront dans les six prochains mois, en Espagne, ce pourcentage est de 58%.

 

En fait, pour un PDG sur quatre interrogés en Espagne (24%), faire progresser la transformation numérique et la connectivité interentreprises est leur principale priorité opérationnelle pour atteindre leurs objectifs de croissance au cours des trois prochaines années.

La cybersécurité, une préoccupation pour les chefs d'entreprise

En outre, trois PDG espagnols sur quatre (76%, contre 70% au niveau mondial) estiment qu'ils doivent être plus rapides pour identifier les opportunités de numérisation afin d'investir et de se séparer de ceux qui sont devenus obsolètes dans ce domaine.

 

Précisément, l'incertitude géopolitique a accru la pertinence de la cybersécurité dans les agendas des entreprises. Deux chefs d'entreprise espagnols sur trois (68%) déclarent que leur organisation est plus préoccupée par une éventuelle cyberattaque.

Attirer et retenir les talents

Les défis de l'économie mondiale et les nouveaux objectifs de croissance modifient les stratégies visant à attirer et à retenir les talents dans les organisations. La création de valeur pour les employés est, avec la numérisation, la principale priorité opérationnelle pour atteindre les objectifs de croissance au cours des trois prochaines années. Les entreprises s'inquiètent d'ailleurs de la difficulté d'attirer les talents. Selon l'enquête de KPMG, trois PDG espagnols sur quatre (76%) sont préoccupés par l'impact de l'environnement inflationniste et de l'augmentation du coût de la vie sur la rétention des talents.

Armelle pvd

Armelle Pape Van Dyck

Après 15 ans à la direction de la communication de la 1ère banque espagnole, elle a décidé de concilier vie pro & perso, comme journaliste freelance en français ou espagnol. Elle est vice-présidente de l’Association des Correspondants de Presse Étrangère.
0 Commentaire (s) Réagir
À lire sur votre édition locale
À lire sur votre édition internationale