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VOUS - Régis Sonnes : un Bleu en Ovalie ibérique

Écrit par Lepetitjournal Barcelone
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

Sélectionneur de l'équipe de rugby à XV d'Espagne, ce natif de Mont-de-Marsan, entend mettre de l'ordre dans la mêlée, avant la prochaine Coupe du Monde, en Nouvelle-Zélande. Un véritable challenge pour une discipline plaquée à terre par les galaxies foot et basket

Pour Régis Sonnes, "construire une équipe, c'est trouver les bonnes pièces du puzzle" / (Photo Lepetitjournal.com)

La carrure est celle d'un athlète. L'accent ne trompe pas : le Sud-ouest s'est bel et bien invité au royaume des tapas et de la tortilla. "D'habitude, je porte un béret", indique, démasqué, Régis Sonnes. Ce matin, avec ses Crocs noires et son polo bleu marine, il semble que ce grand gaillard d'1 m 93 ait quelque peu dérogé à la règle. "La première fois que j'ai joué au rugby, c'était avec des potes", se souvient cette ancien joueur de troisième ligne, arrivé en Espagne en 2008. "J'ai ressenti un plaisir innocent et une dépense d'énergie intense, qui me correspondaient totalement". A 15 ans, fini donc les longueurs dans les bassins et les dribbles sur les parquets, il intègre le club de Mont-de-Marsan (Landes). La première marche vers le haut niveau.

Un "puzzle" à assembler
"C'est un sport de combat, traditionnel et collectif, mais aussi porteur de valeurs riches pour une vie", assure Régis Sonnes. "Il faut accepter les autres, être en communion avec eux. Tous les profils physiques, un petit gros comme un grand rapide, peuvent apporter quelque chose au groupe. Construire une équipe, c'est trouver les bonnes pièces du puzzle". Et pour que les morceaux s'emboitent parfaitement les uns dans les autres, le sélectionneur des Lions espagnols, depuis l'an dernier, mise sur une équipe jeune (moyenne d'âge d'environ 24-25 ans) et soudée. Il n'hésite d'ailleurs pas à aller chercher de nouvelles recrues de l'autre côté des Pyrénées, dont "un parent ou un grand-parent doit être né en Espagne pour pouvoir jouer ici". Son objectif : faire progresser rapidement ses troupes.
"L'Espagne lutte depuis longtemps pour ne pas être reléguée", concède-t-il. "En février et en mars derniers, nous avons terminé 5èmes au tournoi des Six Nations B [Russie, Géorgie, Roumanie, Portugal, Ukraine et Espagne, ndlr], et ce, avec moins de points de différences sur les premiers du tableau". Une petite victoire pour ce "perfectionniste" avec qui, en tant qu'entraîneur, le CRC Madrid (Canoe rugby club Madrid) a tout raflé en 2009 : championnat d'Espagne, Coupe du Roi et Supercoupe.

Où le ballon le portera
Peu pratiqué à l'école et pénalisé par un manque d'infrastructures adaptées à un jeu professionnel, le rugby espagnol regorge, aussi paradoxal que cela puisse paraître, d'aficionados qui droppent surtout en amateurs. Mais pour le moment, "le serpent se mord la queue", regrette Régis Sonnes. "Sans résultats, pas de moyens et de nouveaux partenaires, et donc pas de meilleure visibilité dans la presse".  
Un scénario qui pourrait changer avec l'entrée du rugby à VI aux Jeux Olympiques. "Le ministère espagnol des Sports aide financièrement les disciplines classées", indique le fondateur du Real Soldevilla Campétois (Landes), un club de deuxième série qu'il a "créé de A à Z" et avec lequel il a décroché son "plus beau trophée", celui de champion de France.
Aujourd'hui, à 38 ans, il a définitivement rangé les crampons : "J'avais perdu toute sensation, ne me régalais plus et ne voulais pas parodier". Et si son rêve espagnol s'arrête, c'est Outre-Atlantique, au Maroc ou dans le Pacifique qu'il s'exilera. L'esprit tranquille, puisque "le rugby existe dans tous les pays".

Mathilde BAZIN (www.lepetitjournal.com ? Espagne) Jeudi 28 avril 2011

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Publié le 28 avril 2011, mis à jour le 14 novembre 2012
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