

À l'occasion de la Semaine Sainte, qui marque les célébrations de la fête de Pâques en Espagne, les Espagnols se régalent d'une petite douceur appelée "torrija". Très simple à fabriquer, les torrijas sont les cousines ibériques de notre bon vieux pain perdu français.
(photo CC T.Innael) C'est à l'occasion de la Semaine Sainte, la fameuse Semana Santa espagnole (qui se tient chaque année entre le dimanche des Rameaux et le dimanche de Pâques), que les torrijas s'imposent dans les étals des pâtisseries et dans les assiettes à desserts des repas de famille en Espagne. Cette spécialité espagnole de Pâques, très semblable au pain perdu servi toute l'année en France, se déguste au petit-déjeuner, en dessert ou bien à l'heure du goûter cette semaine dans toute la péninsule.
Les points communs
Bien que les noms diffèrent d'un pays à l'autre, torrijas et pain perdu sont des recettes élaborées pratiquement de la même manière : il s'agit de tranches de pain dur (du jour précédent de préférence) trempées dans du lait que l'on fait revenir à la poêle après les avoir passées dans de l'oeuf, et que l'on recouvre de sucre.
En France comme en Espagne, ce dessert ou goûter est associé à des époques économiquement difficiles, où les familles devaient se serrer la ceinture. Les torrijas ou le pain perdu font partie de ces recettes qui permettent de profiter des restes d'aliments pour les transformer et préparer un plat de fête, sans gaspillage. Anciennement, ces douceurs étaient fabriquées avec les morceaux de pain rassis restants des repas précédents. Le pain étant un ingrédient accessible à tous, cela permettait de s'offrir une petite douceur de temps à autre à moindre coût.
En Espagne, c'est la spécialité de Pâques
Appelées torrijas, mais également torrejas ou encore tostadas selon les régions, cette petite douceur est consommée principalement lors de la période de Pâques, comme le veut la tradition. En effet, les torrijas sont un dessert sucré, riche en calorie et en énergie, qui représente bien fin de la période de carême durant laquelle certains plats trop riches ne sont pas consommés dans la religion chrétienne. Le dessert marque la fin de la période d'abstinence et le début d'une période plus festive. Les torrijas seraient apparues en Espagne dès la fin du Moyen-Âge ; ce serait les religieuses qui auraient eu l'idée de ce plat pour faire tenir les estomacs fragilisés par le manque d'apport calorique dû à l'absence de consommation de viande durant le carême.
Les recettes se transforment d'un pays à l'autre. En Espagne, les torrijas sont traditionnellement servies avec un bon verre de vin, ou imbibées dans du vin rouge. Elle sont aromatisées à la cannelle et cuites dans de l'huile (d'olive bien sûr, nous sommes en Espagne) ; alors qu'en France, on fait revenir notre bon vieux pain perdu dans du beurre, et on l'aromatise avec de la vanille ou même de la fleur d'oranger.
Les versions modernes
Au fil des années, les recettes de torrijas se sont modernisées pour proposer un dessert savoureux pouvant être intégré dans la carte des desserts des restaurants : vous pourrez trouver des torrijas particulièrement sucrées et gourmandes au miel, au chocolat, fourrées au fromage frais, au nutella ou à la confiture, recouvertes de caramel ou encore de fruits frais. Il existe également des recettes de torrijas alcoolisées : le pain est mariné dans du vin rouge pour les recettes les plus traditionnelles, servies dans de nombreux villages espagnols. Les version modernes proposent des torrijas imbibées de Baileys par exemple (liqueur de Whisky).
Et vous, que préférez-vous, les torrijas espagnoles ou le pain perdu français?
Perrine LAFFON (www.lepetitjournal.com - Espagne) Jeudi 13 avril 2017
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