Édition internationale

RENCONTRE - Jean-Claude Kaufmann et les petites guerres du couple

Écrit par Lepetitjournal Barcelone
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012
De passage à l'Institut Français de Barcelone pour la promotion de son ouvrage Agacements. Les petites guerres du couple, le sociologue français Jean-Claude Kaufmann nous révèle les mécanismes de ces irritations que chaque couple expérimente dans sa vie en commun. Tubes de dentifrice pas fermés, chaussettes qui trainent... Ça vous dit quelque chose ?

"La vie conjugale est très difficile. Le couple, c'est l'art diplomatique par excellence" affirme Kaufmann. Les agacements et les frictions au sein d'un couple sont inévitables, normaux, et "ne sont pas un signe de mauvaise santé" selon le sociologue. Tube de dentifrice écrasé, chaussettes qui trainent ou encore papiers administratifs en retard, sont autant de causes (rationnelles ou non) qui les provoquent et qui nous font prendre l'autre en grippe. "L'agacement dépend d'une mécanique souvent simpliste qu'on peut combattre. L'irritation éclate lorsque nous sommes face à une contradiction de modèles et se retrouve partout où les familiarités se rapprochent, dans le rapport aux objets, dans la promiscuité". Dans la vie de couple comme ailleurs (au travail par exemple), nos individualités et nos différences culturelles se manifestent dans des gestes quotidiens anodins. Ainsi, un simple tube de dentifrice écrasé peut devenir l'objet d'une lutte ritualisée entre deux compagnons. "L'agacement cristallise, c'est un déclencheur", explique Jean-Claude Kaufmann. Si la vie conjugale permet la construction d'une culture commune et d'un régime de vie en commun, elle ne peut effacer l'individualité de chacun. "Il est très difficile de changer l'autre. Certains gestes représentent des efforts énormes de la part du partenaire pour essayer de coller avec l'univers de l'autre. Il ne faut pas perdre cela de vue".

Un coup de foudre à l'envers
Au début, pris dans l'euphorie amoureuse, les partenaires n'ont pas forcément conscience de leurs différences et se trouvent eux-mêmes transformés en partie par le contact de l'autre. "L'amour est une aventure, un changement d'identité personnelle qui affecte les deux partenaires au début. Nous sommes des êtres plastiques". Dans un deuxième temps, la vie commune se met en place. S'installe alors une confortable routine au sein de laquelle se développe la confiance et la complicité mutuelle. Les personnalités individuelles se réaffirment à nouveau et c'est là qu'apparait le choc. "L'agacement c'est comme un coup de foudre à l'envers. Il faut reconstruire le désir de revenir vers l'autre", analyse Jean-Claude Kaufmann. Une solution miracle? Accepter que le couple n'est pas une personne mais bien deux individus qui devront accepter leurs différences et construire une sphère d'entente commune tout au long de leur histoire. Rassurons-nous, aucun couple n'y échappe...
Elisabeth Chanard (www.lepetitjournal.com Barcelone) Mercredi 13 mai 2009
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Publié le 13 mai 2009, mis à jour le 13 novembre 2012
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