

Affiche du docu fiction
Lepetitjournal.com : Comment est néce projet de docu-fiction ?
Michel Royer : Je travaille dans les archives de la télévision, et j'avais déjàréaliséun sujet sur Jacques Chirac et le chômage pour le Vrai Journal de Karl Zéro sur Canal+ . C'était sur la manie que le Président a de toujours répéter que "ça ira mieux demain", en dépit des chiffres et de la mauvaise conjoncture. Avec Karl Zéro, nous nous sommes rendus compte que la personne de Jacques Chirac pouvait donner quelque chose d'intéressant d'un point de vue "spectaculaire". Et nous avions beaucoup de matière sur lui. Lorsque le film de Michael Moore sur Georges Bush est sorti, Karl s'est réveillé, il s'est dit qu'il fallait faire ce film. Puis nous avons rencontréle producteur de La marche de l'empereur, Bonnepioche, qui a cru en notre projet.
M.R : Beaucoup de choses, oui. D'abord parce qu'il a fallu faire des choix, parmi des milliers d'heures d'archives. Il y des moments forts que nous avons absolument tenus àmettre dans le film, comme la scène oùil marche avec les béquilles. Cette image nous a sembléextraordinaire. D'autre part, il fallait que chaque image fasse partie du puzzle du portrait que nous voulions faire de Chirac.
M.R : Nous nous sommes fixés quelques règles. D'abord, ne pas être trop loin de la réalité. Pour cela, nous avons travailléavec Eric Zemmour, qui a écrit plusieurs livres sur Jacques Chirac. Nous avions aussi des limites par rapport au risque de diffamation. Des avocats ont regardéle film en nous faisant de la correction de copie pour éviter des ennuis judiciaires.
M.R : Des réactions d'affolement au début. Spontanément, des responsables, des producteurs nous ont mis en garde, et craignaient la réaction de l'Elysée. Les chaînes de télévision étaient aussi très réticentes. C'était comme si, en France, jusqu'àce film, on ne pouvait pas s'attaquer àla personne du président en exercice.
M.R : Bien entendu. Il nous paraît encore plus sympathique qu'avant. On a fini par s'attacher àce personnage roublard, très français, qui s'en sort toujours. Nous étions aussi motivés par l'envie de "se faire le président", de parler franchement de son cynisme, de sa façon de se contredire qui est très frappante chez lui. Maintenant, je me dis qu'il est trop fort, plus fort que je le pensais.
M.R : Avec Karl, nous travaillons actuellement sur des archives de Sarkozy et de Ségolène Royal. Nous réfléchissons àun nouveau film.
Un docu-fiction de Michel Royer et Karl Zero, sortie en France mai 2006 - 1h30
Sortie nationale en Espagne : vendredi 20 octobre 2006
www.danslapeaudejacqueschirac.com







