Édition internationale

INTERVIEW - Gérard Jugnot ou le plaisir de la panoplie

Écrit par Lepetitjournal Barcelone
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Accasion de la sortie en Espagne de Nunca digas nunca (Il ne faut jurer de rien), l'adaptation de l'?uvre d'Alfred de Musset réalisée par Eric Civanyan, Gérard Jugnot a donné quelques interviews téléphoniques. Lepetitjournal.com a pu échanger quelques mots avec notre Gégé national.
Gérard Jugnot incarne Van Buck, une sorte d'Oncle Piscou, vif et mesquin, mais aussi "un homme blessé"

Lepetitjournal.com : Ce n'est pas un peu curieux pour vous de faire la promotion des films si longtemps après un tournage ?
Gérard Jugnot :
Si, c'est toujours très étonnant. Ce tournage date d'il y a trois ans. Je suis chez moi, à Paris, la tête dans d'autres projets. Et soudain je dois me rappeler de Il ne faut jurer de rien. C'est une gymnastique assez curieuse mais c'est normal de le faire. Les films français s'exportent mal à l'étranger donc il faut les aider.

LPJ : On vous retrouve souvent en costume d'époque. C'est un choix ou c'est ce qu'on vous propose en priorité?
G.J :
J'aime bien les films en costume, c'est vrai. Si j'ai deux scénarios sur la table, je choisirai évidemment le film d'époque. C'est le plaisir de la panoplie, un peu comme un jeu d'enfant. Il y a une part de rêve dans ce cinéma. Tourner aux Galeries Lafayette en habits d'aujourd'hui, franchement ça ne me fait pas rêver ! C'est bien plus agréable de se balader en fiacre et de porter des costumes. Et je trouve aussi que, lorsque vous situez les films dans le passé, vous quittez l'actualité pour retrouver finalement quelque chose de plus pur, de plus universel. Vous touchez à l'humain. Vous n'êtes plus dans l'anecdotique.

LPJ : Si vous deviez nous donner envie d'aller voir le film en deux ou trois phrases?
G.J :
Quand on voit le succès des comédies romantiques?c'est que ça plaît je crois. C'est une comédie romantique, avec des gens blessés, notamment les deux personnages masculins. Ils sont blessés et partent dans une sorte de suicide, Van Buck à travers l'argent et Valentin dans la débauche. Et puis la peur de l'engagement est un thème très actuel.

LPJ : C'était comment de jouer avec Mélanie Doutey et Jean Dujardin ?
G.J :
Avec Mélanie, c'était curieux car je connais ses parents, elle a joué avec mon fils?C'était un rapport de génération. Avec Jean aussi. C'était un rapport oncle-neveu. A tel point qu'on a gardé cette relation affectueuse. Il m'envoie des texto en m'appelant "Tonton"[rires]. C'est un acteur épatant, avec un côté Belmondo. Il y avait Bebel, maintenant il y a Duduj. Vous savez il y a des familles parmi les acteurs. Avec Mélanie et Jean, il y a eu tout de suite connivence.

LPJ : Si c'est un film d'époque, le jeu des acteurs reste très contemporain?C'est la force du film ?
G.J :
Oui car la modernité n'est pas dans les costumes. Elle est dans les sentiments, le thème. Si vous tournez un film en 2003 et que vous le voyez en 2006, ça devient presque un film historique. Alors que là on touche quelque chose d'universel. Les Choristes, par exemple, a énormément plu aux jeunes des cités. Et pourtant c'est pas du rap ! Ils ont été touchés par autre chose.

LPJ : Vous jouer parfois dans des productions étrangères ?
G.J :
Malheureusement pas en Espagne, même si j'adore ce pays. Je vais peut-être tourner un film en Italie et il y a Ali Baba, qui va sortir bientôt et qui est une production hispano-franco-italienne?C'est un peu nébuleux tout cela. Les productions sont un mélange. Et de plus en plus avec l'Europe.

LPJ : L'Espagne, le cinéma espagnol, qu'est ce que cela vous évoque ?
G.J :
Je connais peu en fait. Je me souviens avoir vu des films de Buñuel ou Juan Antonio Bardem petit. Il y a bien sûr Almodovar mais tout le monde connaît. En Espagne, ils ont la chance d'avoir beaucoup d'échanges avec l'Amérique latine. Ces passerelles entre les deux continents permettent de faire connaître plus de films. En France, on a la Belgique, mais c'est plus petit.
Propos recueillis par Laurence Danthony (
www.lepetitjournal.com) 22 décembre 2006

Nunca digas nunca
Titre original : Il ne faut jurer de rien
France - Comédie - 2h05
Réalisé par :
Eric Civanyan
Avec : Gérard Jugnot, Jean Dujardin, Mélanie Doutey
Paris, juillet 1830. Valentin se perd dans l'alcool, le jeu, les femmes. Il ne croit pas en la vie et surtout pas en l'amour. Son oncle Van Buck ne croit qu'aux vertus de l'argent et du commerce. Irrité par les extravagances de son neveu, Van Buck veut lui faire épouser Cécile, la jeune fille de la baronne de Mantes...

Pour les horaires et les salles : www.esmadrid.com et www.guiadelocio.com/madrid/ 

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Publié le 22 décembre 2006, mis à jour le 13 novembre 2012
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