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GRANDE GUERRE – Espagne neutre, Catalans volontaires

Par Lepetitjournal Barcelone | Publié le 12/11/2014 à 23:00 | Mis à jour le 13/11/2014 à 04:32

Cela fait un siècle que la Première Guerre mondiale a commencé. A l'heure de la commémoration traditionnelle du 11 novembre, focus sur le rôle de l'Espagne dans le conflit. Une position globalement neutre même si la Catalogne a fourni nombre de volontaires aux Alliés.

(Collier and Son - 1918 / Photo tirée du domaine public)

Le 11 novembre est férié en France pour les raisons que l'on sait, mais ce n'est pas le cas en Espagne, le Royaume affirmant sa neutralité durant la Première Guerre mondiale. Le pays n'est pas resté inactif pour autant, et sa position a été plus ambigüe que l'on pense. En fait, l'opinion publique est partagée sur le camp à soutenir : la gauche soutient les Alliés tandis que la droite penche en faveur des Empires centraux. La presse n'est du coup pas censurée. Quant au roi de l'époque, Alphonse XIII, il est tiraillé entre les deux parties, ayant des liens forts avec les chefs d'Etat des deux camps.

Actions humanitaires du roi Alphonse XIII
C'est ainsi qu'il crée le "bureau des prisonniers de guerre" qui recense les prisonniers des deux parties. Ce bureau fournit des réponses aux familles qui ignorent le sort de militaires ou de civils qui se trouvent dans les zones de combat. Il intervient également en faveur des prisonniers des deux bords (136 000 militaires concernés). Grâce à ses relations avec les différentes ambassades, il sauve environ 70 000 civils et 21 000 soldats. Pacifique, il garantit aussi la protection des navires-hôpitaux, pour qu'ils ne soient pas attaqués par un sous-marin ennemi, et ?uvre pour une inspection de tous les navires par des soldats espagnols. Alphonse XIII est également concerné dans les quelques démarches de paix entreprises entre les leaders.

Sans aucune préférence pour les Alliés ou la Triple Entente, l'Espagne ne participe évidemment pas à la Grande Guerre sur le front et évite des pertes considérables d'un point de vue humain, matériel et économique. En outre, sa neutralité a permis au pays de vendre ses produits. Cela aurait dû l'amener en position de force à la fin de 1918 mais elle n'a pas su en profiter. D'abord en plaçant ses capitaux dans des banques allemandes qui ont ensuite disparu pendant l'hyperinflation de la République de Weimar ; ensuite par le manque de réalisme des partis dynastiques, déconnectés de la société civile.

La guerre des cocus
Si le pays en lui-même est considéré comme neutre dans la Première Guerre mondiale, ce n'est toutefois pas le cas pour une population en particulier : les Catalans. En 1914, un lieutenant français venant du Roussillon est contacté par les services spéciaux pour une mission secrète : recruter des jeunes Catalans pour qu'ils s'engagent dans la Légion étrangère. A la clé, la promesse de la part des Alliés qu'une fois la guerre finie, et au nom du sacrifice consenti, ils reconnaitraient le droit de la Catalogne à l'autodétermination. C'est aussi l'occasion pour ces volontaires de se positionner de manière active face à la neutralité de la monarchie espagnole dans le conflit. L'impérialisme allemand, qui, selon les Catalans, écrasait les petites nationalités, n'est pas non plus étranger à cette motivation.

Environ 32 000 étrangers sont enrôlés dans les régiments de marche de la Légion étrangère entre août 1914 et avril 1915. En février 1916, l'Union Catalaniste constitue le "Comité de fraternité avec les volontaires catalans". Cette association a pour but de venir en aide aux volontaires convalescents. Elle apporte un soutien moral et matériel aux combattants du front mais également aux familles.
Mais pour les nationalistes catalans, la fin de la guerre sera ressentie comme un coup de poignard dans le dos de la part de la France. Les autorités françaises refuseront aux Voluntaris Catalans rescapés de participer, avec leur propre drapeau, au défilé de la victoire. L'écrivain français Joan Daniel Bezsonoff raconte dans son livre "La guerre des cocus" cette histoire des Catalans qui ont finalement gagné la guerre mais perdu leur combat.

Pierre LEPINE (www.lepetitjournal.com - Espagne) Jeudi 13 novembre 2014
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