

Les jours qui ont précédé le match retour tant attendu entre les Bleus et la Roja ont été marqués par une polémique autour de l'hymne national français. L'attaquant vedette du Real Madrid Karim Benzema l'a déclenchée en début de semaine dernière, sur une radio nationale, et le soufflet n'est toujours pas retombé. Sportivement, l'équipe de France pourrait faire un grand pas vers la qualification pour le Mondial 2014 au Brésil en cas de victoire face aux champions du monde en titre
(Photo Creative Commons t_bartherote)
Ce soir, quelques minutes avant le coup d'envoi, Karim Benzema ne chantera pas la Marseillaise. "On ne va pas me forcer à (la) chanter. Je ne vois pas où est le problème (...). Je ne l'ai jamais chantée. Et ce n'est pas parce que je vais la chanter que je vais mettre un triplé derrière. (...) Si je ne chante pas la Marseillaise, que le match commence, que je mets trois buts, je pense qu'on ne va pas dire à la fin du match que je n'ai pas chanté la Marseillaise. C'est ça, le souci, c'est parce que ça fait un moment que je n'ai pas marqué en équipe de France. Ça n'a rien à voir avec ce que j'ai entendu, comme quoi je n'aime pas l'équipe de France. Il faut se calmer. J'aime bien l'équipe de France." L'avant-centre international du Real Madrid ne pensait sans doute pas déclencher pareille polémique en prononçant ces mots, mardi dernier, au micro de la radio RMC, dans l'émission Luis Attaque. Pire qu'une polémique, le joueur des Bleus a été pris dans une véritable tempête médiatico-politique à la suite de sa déclaration. L'affaire Benzema est devenue très vite une affaire d'État. Mais une affaire stérile, hélas.
Le FN réclame "l'exclusion" de l'équipe de France de Karim Benzema
Le lendemain de son intervention sur RMC, un député frontiste français a demandé que "Karim Benzema ne soit plus appelé en équipe de France". La chef du parti FN, Marine Le Pen, lui a emboîté le pas avec encore plus de véhémence, en réclamant purement et simplement son "exclusion" du camp tricolore. Un éditorial d'un journaliste du Point a enfoncé le clou, dans des propos exagérés et indigents qui ont provoqué le dégoût chez bon nombre d'observateurs : le site d'information en ligne Rue 89 ne s'est pas privé pour répondre avec autorité à la diatribe proférée par Jérôme Béglé, rappelant quelques vérités au passage.
Un joueur de la Roja : "Si l'hymne espagnol avait des paroles, je le chanterais !"
La polémique Benzema s'est très vite faite connaître de l'autre côté des Pyrénées : plusieurs joueurs de la sélection espagnole, qui affronte les Bleus ce soir au Stade de France faut-il le rappeler, ont été amenés à répondre à diverses questions de journalistes, au sujet du cas Benzema, coéquipier de plusieurs joueurs de la Roja au Real Madrid, mais aussi au sujet de l'hymne espagnol, plus largement. Javi García, milieu défensif de l'équipe d'Espagne et joueur de Manchester City : "Si l'hymne espagnol avait des paroles, je le chanterais !", a-t-il dit caustiquement.
Le journaliste Fred Hermel prend les devants
Notre confrère Fred Hermel, journaliste pour L'Équipe à Madrid et intervenant pour de nombreux médias français, s'est senti obliger de défendre sa patrie attaquée en entonnant quelques vers du texte de Rouget de Lisle lors de l'émission populaire Punto Pelota, le Canal Football Club version espagnole. Son interprétation est savoureuse et n'a pas manqué de susciter de l'admiration ou de l'agacement chez les Espagnols.
Un match aller très polémique déjà
Si la question de la Marseillaise est aussi brûlante autour de ce match de football entre la France et l'Espagne, il faut rappeler que l'hymne français avait été copieusement sifflé au match aller par les 50.000 aficionados espagnols du stade Vicente-Calderón de Madrid. Joueurs et supporters tricolores n'étaient pas spécialement les bienvenus dans les travées et sur le terrain de l'enceinte madrilène. Cela dit, le climat était hostile, mais il n'était pas dangereux non plus. La partie avait accouché d'un très beau match nul (1-1), un score de parité qui avait contenté les deux parties.
Mondial-2014 : un match à enjeu sur le terrain aussi
Ce soir, au stade de France de Paris, le match retour se jouera à guichets fermés, devant 80.000 spectateurs. Aucune annonce n'a été faite par des clubs de supporters du camp tricolore quant à un éventuel boycott de l'hymne espagnol, en signe de représailles. Ce n'est pas dans l'habitude des supporters français. Si l'enjeu sera un peu dans les tribunes, au moment du coup d'envoi, il le sera surtout sur le terrain : ce choc entre deux des plus fortes nations du football mondial peut permettre à son vainqueur de faire un grand pas vers la qualification directe pour le Mondial-2014 au Brésil. Sauf grande surprise ou forfait de dernière minute, l'attaquant du Real Madrid Karim Benzema devrait être aligné en pointe de l'attaque française. Et selon toute vraisemblance, la nouvelle pépite du club Merengue, le défenseur Raphaël Varane, 19 ans, devrait occuper le poste de défenseur central. Tous les deux auront à charge de faire taire les critiques par leurs performances. La balle est dans leur camp.
Damien LEMAÎTRE (www.lepetitjournal.com - Espagne) Mardi 26 mars 2013
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