

(Photo LPJ)
Lepetitjournal.com : Comment définissez-vous la "Nouvelle Manga"?
Frederic Boilet : La "Nouvelle Manga"est née dans le sillage des mes ?uvres réalisées au Japon. Au début, "Nouvelle Manga"s'appelait "Manga Nouvelle Vague". Ce terme avait été donné par les journalistes japonais pour qualifier mes propres bandes dessinées. Elles étaient perçues graphiquement comme proches de la BD, mais se lisaient comme de la manga, et rappelaient aux yeux des Japonais, le ton du cinéma français. Lancée officiellement en 2001 avec la sortie de mon ouvrage l'Epinard de Yukiko en France et au Japon, la "Nouvelle Manga"est aujourd'hui une initiative d'auteurs qui cherche, en créant des ponts entre les auteurs, les éditeurs et les lecteurs de toutes origines, à promouvoir une bande dessinée universelle, à présenter ce que la bande dessinée a de meilleur à mes yeux et non pas seulement de vendeur.
Mais "Nouvelle Manga"s'adresse aussi à mes amis auteurs pour leur expliquer qu'ils peuvent prendre en charge le devenir international de leurs ouvrages. Pour ne pas seulement les laisser entre les mains des éditeurs. Car je pense que les auteurs ont aussi leur mot à dire dans le devenir de leurs livres dans d'autres pays.
LPJ : Combien d'auteurs participent à "Nouvelle Manga"?
F.B : Pour le moment, "Nouvelle Manga"a à son actif plusieurs auteurs japonais et français dont les artistes David B, Aurélia Aurita, Kazuichi Hanawa, ceux dans le monde, qui créent des ?uvres à vocation universelle, sans viser un public en particulier.
LPJ : Pourquoi le terme de "Nouvelle Manga"?
F.B : Nous avons opté pour ce choix, car en japonais, BD signifie Manga. Et puis nous l'avons associé à "Nouvelle", car cette initiative est née au Japon. Il nous a semblé que ces deux termes étaient compréhensibles dans le monde entier.
LPJ : Aurélia Aurita, vous êtes l'auteur de l'ouvrage Fraise et Chocolat, une BD qui traite de votre sexualité. Les tomes 1 et 2 ont été publiés en espagnol. Comment cette ?uvre a-t-elle été reçue par le public espagnol ?
Avant de venir à Barcelone pour le salon du Manga, je n'avais eu que peu d'échos des journalistes et je n'avais recueilli aucune impression des lecteurs. Mais là, j'ai pu rencontrer plusieurs personnes, un public qui était très enchanté, ravie et très content de mon travail. C'était une très belle expérience.
LPJ : Fraise et chocolat a-t-il aussi créé l'événement comme en France ?
A.A : Ici je ne sais pas, je n'ai pas lu les articles dans la presse espagnole. Mais en France, les critiques et articles étaient positifs, enthousiastes et passionnels.
LPJ : On peut dire qu'actuellement il y a un effet de mode d'interpréter des mangas au cinéma. Envisagez-vous de le faire avec vos ?uvres ?
Frédéric Boilet : Pour ma part, mes ?uvres sont inadaptables au cinéma. Mon but, c'est de faire des livres qui soient des BD. Par exemple, pour l'Epinard de Yukiko, tout devrait être revu. Il faudrait tout changer et l'histoire ne serait plus la même.
Aurélia Aurita : Je pense que si je devais interpréter Fraise et Chocolat au cinéma, ce serait mieux en film d'animation. J'y expose des choses très explicites alors le dessin passerait mieux qu'avec des photos, ou de vrais acteurs.
Propos recueillis par Rebecca FOURE. (lepetitjournal.com- Barcelone) jeudi 8 novembre 2007







